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Test Mac mini M1 : le retour du petit prince

Nous avons pu tester le Mac mini avec puce M1. Alors, que vaut vraiment le petit ordinateur premier prix de chez Apple ?

Publié le

 
Apple Mac mini M1
© Presse-citron.net

Apple a réellement marqué l’industrie en dévoilant ses nouvelles puces M1, intégrées dans trois produits : le Mac mini de ce test, un MacBook Pro et un MacBook Air (notre test). Apple a tenté d’impressionner son audience lors de la présentation avec des graphiques évasifs sans le moindre chiffre. Et pourtant, très rapidement, utilisateurs et testeurs ont salué l’endurance de ces Mac et leurs performances exceptionnelles.

Cette puce M1 n’était pourtant qu’une première itération, Apple a depuis présenté deux nouveaux MacBook Pro 14″ et 16″ équipés de puces encore plus redoutables baptisées M1 Pro et M1 Max. Avec les mêmes graphiques, Apple promet des performances de calcul jusqu’à trois fois supérieures – et des performances graphiques jusqu’à six fois meilleures par rapport à la génération précédente.

Pour ma part, je travaille exclusivement sur Mac depuis pas mal d’années, je possède un iMac 27″ 5K de 2017 et un MacBook Pro 13″ de 2019. Les performances des processeurs Intel sur Mac étaient toujours bonnes, mais il faut avouer que l’écart entre les générations n’était pas toujours transcendant. Ici, Apple ose un changement d’architecture, un pari risqué.

Et fait réellement monter ses Mac dans les tours. En général, ce type de stratégie débouche sur une situation que n’aiment pas trop les clients : toutes les applications ne sont plus disponibles, avec des performances en berne lorsque ces dernières sont mal optimisées. C’est ce que l’on a pu constater avec Windows on ARM sur les premiers PC Always-On équipés de puces Snpadragon comme la 8cx. Apple a-t-il su faire mieux ? Voyons ce que cela donne au quotidien.

Prix et date de sortie du Mac mini M1

Le Mac mini de 2020, équipé de sa nouvelle puce M1, est désormais disponible à partir de 799 € pour son modèle de base avec 8 Go de mémoire unifiée et 256 Go de stockage SSD. Cette mémoire unifiée est intégrée directement sur la puce, ce qui a l’avantage de lui permettre d’être partagée par le CPU et le GPU. Néanmoins, il ne vous sera pas possible d’augmenter cette mémoire unifiée vous même après achat. Vous êtes plus ou moins marié avec ce que vous avez choisi au départ. Il est possible d’augmenter la mémoire unifiée jusqu’à 16 Go, et le stockage SSD jusqu’à 2 To.

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Le modèle avec 8 Go de mémoire et 512 Go de stockage est vendu 1029 €. Mais il faut compter 230 € de plus pour passer de 8 à 16 Go de mémoire unifiée.

Design et connectique

Avec les MacBook Air M1 et comme avec les MacBook Pro M1, Apple n’a pas vraiment touché au design et s’est surtout concentré sur le changement d’architecture et tout ce que cela implique. En même temps, on ne change pas une équipe qui gagne. Même si comme on l’a vu avec les MacBook Pro M1 Pro/Max Apple s’apprête également à rafraichir le design de tous ses Mac, en plus de faire revenir des ports disparus comme l’emplacement microSD ou le port HDMI.

Or, d’après notre test du Mac mini M1, ce qui change surtout par rapport à l’ère Intel c’est l’arrivée du coloris Space Gray… et le nombre de ports Thunderbolt 3 qui passe à 2 – contre 4 lorsque les Mac avaient des processeurs Intel. Cela dit, on gagne le Wi-Fi 6 sur ces Mac avec la puce M1. Il était temps !

La connectique du Mac mini M1

La connectique du Mac mini M1 © Presse-citron.net

À l’arrière du Mac mini M1, on retrouve donc le bouton d’allumage, la prise d’alimentation, le port Ethernet Gigabit, les deux ports Thunderbolt 3 / USB 4, le port HDMI 2.0, les deux ports USB-A ainsi qu’une prise casque.

Apple propose désormais une version avec Ethernet 10 Gigabit en option comme c’était le cas sur le modèle Intel. Par contre la RAM est limitée à 16 Go maximum. Est-ce une limitation technique ou un choix commercial ? On peut imaginer que la puce M1, aussi prometteuse soit-elle, est limitée au niveau de la connectique. Après tout, elle équipe des ordinateurs d’entrée de gamme, nul doute que l’on aura d’autres puces Apple Silicon plus puissantes et complètes dans les mois et années à venir.

L’architecture de la puce M1

Avant de nous intéresser aux performances dans ce test du Mac mini M1, concentrons-nous sur cette nouvelle puce. Il s’agit en réalité de ce que l’on appelle un système sur puce, ou System on a Chip (SoC) qui comprend le processeur à 8 cœurs, la puce graphique à 8 cœurs, la mémoire et le moteur “Neural Engine” à 16 cœurs.

Le processeur ARM est, en fait, composé de 4 cœurs à haute performance ainsi que 4 cœurs basse consommation, soit 8 cœurs au total. On pourrait le comparer à un processeur Intel à 4 cœurs, avec hyper-threading, soit 8 cœurs logiques (comme sur mon MacBook Pro 13″).

À titre d’information : la puce A14, embarquée dans les derniers iPhone 12 et dans l’iPad Air 4, n’a qu’un processeur 6 cœurs (4 basse consommation, 2 à haute performance) et une puce graphique à 4 cœurs.

Performances de la puce du Mac mini M1

Quand les 4 coeurs à haute performance sont en action © Presse-citron.net

La mémoire, elle, est désormais unifiée. En clair : le processeur (CPU) et la puce graphique (GPU) se partagent celle-ci, limitée à 16 Go maximum. Cette puce M1 est gravée en 5 nm et embarque surtout tous les composants clés dans un format réduit. C’est particulièrement intéressant pour Apple sur les ordinateurs portables, mais pas seulement.

L’enveloppe thermique est très faible par rapport à ses performances (on parle de 10 à 15 watts seulement), la consommation électrique sera considérablement réduite et la puce plus facile à refroidir. À tel point que je n’ai jamais entendu le ventilateur pendant tout mon test du Mac mini M1.

Performances du Mac mini M1

Selon Apple, le CPU est jusqu’à 3 fois plus rapide et le GPU jusqu’à 6 fois plus rapide que la génération précédente sous Intel.

Voici donc quelques scores de benchmarks :

  • Geekbench 5 : 1746 points (mono-coeur) / 7672 points (multi-coeurs) / 19417 points (OpenCL)
  • Cinebench R23 : 1521 points (mono-coeur) / 7811 points (multi-coeurs)
Performances sous Cinebench R23

Performances sous Cinebench R23 © Presse-citron.net

Si je m’amuse à comparer par rapport à mon MacBook Pro 13″ de l’été 2019 (Intel i5 avec 4 cœurs), le Mac mini M1 testé est deux fois plus performant au niveau CPU, et presque trois fois plus puissant au niveau GPU. Bien sûr, ce ne sont que des benchmarks, rien ne vaut une utilisation réelle.

Vitesse du stockage sur le Mac mini M1

Le stockage du Mac mini M1 est (sans surprise) rapide © Presse-citron.net

Et clairement, c’est épatant ! Tout est vraiment plus fluide, plus rapide… et ce dans un silence absolu. Il y a pourtant un ventilateur dans note Mac mini M1 de test. L’expérience est très agréable et la puissance est vraiment au rendez-vous, quelle que soit l’utilisation que vous faites de votre Mac. Même en utilisant des applications lourdes (et pas encore adaptées à cette nouvelle architecture), en compilant des librairies et en utilisant plusieurs écrans.

Compatibilité des applications

Précisons d’abord que les applications compilées pour les puces Apple Silicon sont rares pour le moment. Bien sûr, toutes les applications Apple sont d’ores et déjà adaptées, Chrome l’est aussi et quelques dizaines ou centaines d’autres également.

Est-ce un souci ? Pas vraiment, grâce à Rosetta 2. Cet outil permet de convertir une application Intel vers ARM lors du premier lancement. Son seul défaut : le premier lancement d’une application Intel peut prendre entre 20 ou 30 secondes. Les lancements suivants sont très rapides.

Une application nativement optimisée pour les puces Apple Silicon sera bien évidemment plus performante qu’avec Rosetta 2 qui repose sur de l’émulation, mais la différence ne va pas toujours sauter aux yeux, loin de là. J’ai été très agréablement surpris à ce niveau-là !

La liste des applications sur macOS Big Sur

Dans la gestion du stockage, on peut connaître le type d’application : Universelles ou Intel © Presse-citron.net

Par contre, tout n’est pas rose non plus. Étant développeur web, j’ai voulu installer mes librairies et autres langages de programmation avec le gestionnaire de paquets Homebrew. Il faut déjà bidouiller pour l’installer, c’est assez facile, mais ce n’est pas aussi simple qu’un Mac sous Intel. Ensuite, quand on veut installer une librairie en particulier, cela ne fonctionne pas à tous les coups.

Certaines versions de Python ont refusé purement et simplement de s’installer. Il faut attendre des correctifs ou installer une autre version. De plus, Docker n’est pas disponible sur les Mac ARM. C’est prévu, mais plus tard.

Rosetta 2 fait donc des miracles sur les applications, mais sur des tâches plus complexes comme la compilation de librairies ou la gestion de plugins sur certains logiciels, l’outil ne fera pas illusion. Dans une utilisation professionnelle, c’est vraiment à prendre en compte, car aujourd’hui c’est un peu expérimental dans les usages assez techniques ou avancés.

macOS Big Sur

La sortie de ses nouveaux Mac M1 rime aussi avec la nouvelle version de macOS : Big Sur. Si cette dernière version s’inspire largement de l’interface d’iOS, elle apporte aussi des nouveautés intéressantes.

À commencer par le support des puces Apple Silicon, pour la compatibilité, la gestion de l’autonomie… et bien sûr le fameux outil Rosetta 2. Ce dernier n’est, d’ailleurs, pas installé par défaut. macOS demande de télécharger lors de la première installation d’une application Intel (ça prend 30 secondes). Curieux.

Au-delà de l’aspect esthétique de cette nouvelle version de macOS, on peut noter l’apparition d’un centre de contrôle qui permet un accès rapide au Wi-Fi, Bluetooth, AirDrop, écran et son… comme sur iPhone et iPad. Le centre de notifications et les widgets ont par ailleurs subi une refonte. Sans oublier les applications Safari, Messages et Plans qui ont été améliorées.

Le centre de contrôle sur macOS Big Sur

Le centre de contrôle sur macOS Big Sur © Presse-citron.net

Si vous avez déjà un Mac sous Intel que vous souhaitez utiliser la fonction de restauration sur les nouveaux Mac M1, sachez que cette fonction est un peu buggée… Je conseille de faire une installation propre à partir de zéro (au lieu d’utiliser la restauration). Certes, c’est plus long, il faut réinstaller manuellement toutes ses applications et remettre ses fichiers, mais c’est sans doute une meilleure option pour que tout fonctionne.

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Mon avis après ce test du Mac mini M1

Après test du Mac mini M1 comme ordinateur principal ces deux dernières semaines, j’ai pu me faire un avis assez complet sur cet ordinateur. Il n’y a pas photo : ce Mac mini M1 est performant, et c’est très impressionnant !

Si vous avez une utilisation basique ou multimédia de votre Mac, il est clairement fait pour vous. Même des applications plus gourmandes comme Photoshop ou Xcode fonctionnent très bien. Et les 8 Go de mémoire unifiée devraient convenir à la majorité des utilisateurs.

Par contre, dans le cas d’une utilisation professionnelle, vérifiez bien la compatibilité de vos applications et/ou plugins. Docker n’est pas disponible pour le moment. Certaines librairies et langages de programmation n’ont pu être compilés dans mon cas. Cela peut être assez problématique pour travailler.

Concernant la connectique, je regrette qu’il n’y ait que deux ports Thunderbolt 3. Cela sera sans doute suffisant pour la plupart des gens, mais si on veut brancher un écran, un disque externe (Samsung X5, par exemple) et un adaptateur Thunderbolt 3 vers 10 GbE SFP+, on peut vite être limité.

Disponible à partir de 799 € pour son modèle de base (8 Go de mémoire, 256 Go de stockage), ce Mac mini M1 est aussi et surtout l’ordinateur le plus abordable chez Apple. Le rapport qualité / prix / performances est vraiment très bon et je ne peux que le conseiller.

Mac mini M1

799€
9.3

Design et finitions

9.0/10

Performances et logiciel

9.5/10

Rapport qualité-prix

9.5/10

On aime

  • Les performances impressionnantes de la puce M1
  • Le Wi-Fi 6 (enfin !)
  • macOS Big Sur
  • Le rapport qualité / prix / performance

On aime moins

  • Seulement 2 ports Thunderbolt 3
2 Commentaires

2 Commentaires

  1. Erioc Devaux

    12 janvier 2021 à 1 h 56 min

    Bonjour,
    Merci pour ton feedback précieux.
    Ces tests ont-ils été réalisés avec le mac 8Go ou 16Go ?
    J’hésite entre les deux.

  2. Olivier

    28 octobre 2021 à 13 h 46 min

    le fait que Rosetta 2 soit ultra performant ne devrait pas être une surprise : déjà avec Rosetta premier du nom, lors de la transition Power-PC -> Intel, les résultats étaient spectaculaires, donc Apple a un savoir faire indéniable en la matière.

    Autant lors de la transition Motorola -> Power-PC ça avait été vraiment laborieux, voire catastrophique au départ, autant lors des 2 transitions ultérieures les ingénieurs Apple avaient bien revus leur copie.

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