En 2026, le monde du smartphone pliant change de visage. Après sept années d’exploration, Samsung a scindé sa gamme Z Fold en deux familles distinctes. Le Z Fold 8 Ultra conserve le format large traditionnel lorsque que le tout nouveau Z Fold 8 inaugure un format passeport plus compact. Le 9 septembre dernier, Apple lui emboîtait le pas en officialisant l’iPhone Duo, son tout premier pliant. Bien que tardive, cette entrée devrait faire du format passeport celui qui démocratisera le smartphone pliant. Et ce mouvement devrait éclabousser l’industrie toute entière.
C’est en tout cas ce que doit espérer Google, qui navigue à contre courant cette année. Alors que ses concurrents inaugurent tous un nouveau format, Google lançait cet été un Pixel 11 Pro Fold qui reprend à l’identique la silhouette du Pixel 10 Pro Fold.
Sur le papier, on pourrait interpréter cette stratégie comme un manque d’ambition. Pourtant, ce Pixel 11 Pro Fold ne manque pas d’arguments pour se distinguer de ses concurrents. En peaufinant sa recette, l’américain livre sans doute l’un des smartphones pliants les plus matures du moment. C’est en tout cas l’impression qu’il m’a laissé après deux semaines de test.
Ce que j’ai aimé du Google Pixel 11 Pro Fold
Son format plus fin, plus léger et aussi certifié IP68
155,2 x 76 x 10,1 mm plié, 155,2 x 150,4 x 5 mm déplié, 239 grammes sur la balance. Oui, le Pixel 11 Pro Fold fait figure de poids lourd face à ses concurrents. Pourtant, sa cure de minceur (il perd 19 grammes par rapport à son prédécesseur) et son format en font un modèle très agréable à utiliser au quotidien. On ne peut pas vraiment dire que les écarts avec le 10 Pro Fold sont spectaculaires, pourtant j’ai eu l’impression d’utiliser un tout autre téléphone cette année.
Cet excellent ressenti en mains s’explique sans doute par la qualité de fabrication de l’appareil. Son châssis en aluminium renforcé et acier de qualité aérospatiale rassurent dans les manipulations quotidiennes. Les ingénieurs ont aussi intégré une façade en verre vitrocéramique ultra-résistant et le dos est fait d’un matériau composite à la finition satinée qui ne marque quasiment pas les traces de doigts.

La charnière retravaillée permet au téléphone de devenir presque parfaitement plat une fois ouvert, avec un pli central moins marqué visuellement (même s’il reste perceptible au toucher). La certification IP68 (résistant aux immersions dans l’eau et à la poussière) finit de convaincre (rares sont les modèles à en bénéficier). En résumé, ce Pixel 11 Pro Fold, c’est du solide.
Seul reproche en matière d’ergonomie : Google a inversé la position des boutons sur la tranche droite. Celui de réglage du volume tombe naturellement sous le pouce alors que l’on s’attend à y trouver le bouton d’alimentation (qui intègre en plus le lecteur d’empreintes digitales). J’ai donc dû réapprendre à manipuler ces boutons.

D’aucuns diront qu’il s’agit là d’un détail. C’est exact. Car je n’ai pas boudé mon plaisir à utiliser ce smartphone au quotidien. En conservant un format de smartphone classique lorsqu’il est fermé, Google fait un choix ergonomique intelligent. Car les formats passeport ou plus étroits des Z Fold entraînent quelques frictions et donc, un changement d’habitudes. Or, comme chacun le sait, l’être humain a horreur de voir ses habitudes bouleversées. Sinon, on ne compterait certainement pas autant d’utilisateurs d’iPhone en 2026 (oups…).
Ses magnifiques écrans
Google s’est toujours montré exigeant dans le choix des dalles de ses smartphones. Il n’est donc pas surprenant de trouver deux magnifiques écrans dans ce Pixel 11 Pro Fold. L’écran externe s’agrandit un poil (il passe de 6,4 à 6,5 pouces) grâce à des bordures noires resserrées (sans toucher aux dimensions du châssis). La dalle interne, elle, conserve sa diagonale de 8 pouces et sa définition de 2076 x 2152 pixels, quasi identique à l’an dernier.
Les dalles nouvelles générations choisies par Google améliorent la luminosité de l’écran : le smartphone peut monter jusqu’à 3600 nits en pic HDR sur les deux écrans, contre 3000 nits sur le Pixel 10 Pro Fold.
Les deux écrans exploitent une dalle OLED avec technologie LTPO qui permet de faire varier le taux de rafraîchissement de 1 à 120 Hz selon le contenu affiché (option « Affichage fluide » à activer manuellement). D’après les mesures de notre 01Lab, la fidélité colorimétrique est irréprochable.

Je n’ai donc pas boudé mon plaisir en regardant films et séries, jouant à mes jeux préférés ou me délectant de mes lectures favorites. Le seul petit défaut du Pixel 11 Pro Fold est le même que tous les smartphones pliants au format carré : de larges bandes noires entourent les contenus vidéo au format cinémascope (principalement sur Netflix). Sur Youtube (format 16:9), les bandes sont plus fines.
Vous l’aurez compris, les écrans du Pixel 11 Pro Fold m’ont ébloui par leur qualité d’affichage. Quant à la pliure, même si elle reste plus visible que sur les modèles « passeport », elle n’a jamais entaché mon expérience.
Ses améliorations en photo

Le module principal du Pixel 11 Pro Fold accueille un plus grand capteur que son prédécesseur puisqu’il reprend le 48 Mpx (f/1,7, focale de 23 mm) du Pixel 11. Petite exception tout de même : il est impossible de shooter en pleine définition 48 Mpx sur le Fold. L’ultra grand-angle (f/2,2, 13 mm), lui, s’accompagne d’un capteur de 10,5 Mpx, nettement en retrait face aux 50 Mpx des Pixel 11 Pro et Pro XL classiques. Côté matériel photo, le Fold est donc le moins bien loti de la gamme 2026, alors qu’il coûte le plus cher.
Il se différencie toutefois de la concurrence grâce à son téléobjectif (f/3,1) avec capteur de 10,8 Mpx offrant un zoom optique 5x (113 mm). Le zoom numérique, lui, est exploitable jusqu’à 10x sans perte notable de piqué. On peut monter jusqu’à 30x pour du dépannage sur les réseaux sociaux, encore que.
Loin d’atteindre le niveau des 11 Pro et Pro XL, le 11 Pro Fold reste l’un des smartphones pliants les plus aboutis en matière de photographie. Google réussit à mettre à profit son savoir-faire logiciel pour compenser les faiblesses matérielles. En résultent des clichés très convaincants dans à peu près toutes les conditions. Mention spéciale aux portraits, d’une justesse impressionnante pour un smartphone pliant.
Google réussit surtout à rendre l’expérience photographique plus ludique grâce à l’intégration de nouvelles fonctionnalités. Instant View exploite le format pliant pour prévisualiser les derniers clichés sans quitter le cadrage sur le grand écran. Capture magique analyse une courte vidéo par IA pour en extraire automatiquement les meilleures images (utile pour figer un sujet en mouvement). Un Coach Photo peut aussi suggérer des ajustements de cadrage en temps réel.
Côté vidéo, le Fold filme en 4K à 60 im/s avec stabilisation « standard » seulement (la stabilisation Pro reste réservée aux Pixel 11 Pro et Pro XL) et le mode Vidéo Boost, qui optimise automatiquement couleurs, éclairage et stabilisation, se limite à la 4K à 30 im/s. Des retouches vocales via Gemini viennent compléter l’ensemble (Gomme magique pilotable à la voix).
Sans s’imposer comme un cador de la photographie, le Pixel 11 Pro Fold reste un excellent photophone qui exploite très bien le format pliant. Certes, j’en attends plus d’un smartphone vendu 2000 euros, mais Google fait face, comme ses concurrents, aux contraintes de la miniaturisation des composants. Difficile de faire mieux en 2026, à l’exception du Honor Magic V6.
Son logiciel avec une IA avancée

Google met à profit ses avancées en matière d’intelligence artificielle pour proposer un logiciel qui transpire l’IA. Gemini Intelligence est partout, et une bonne partie des nouvelles fonctionnalités tourne parfaitement. Le TPU (puce dédiée à l’IA) affiche des performances en hausse de 50 % par rapport au Pixel 10 Pro Fold. Cela permet au Pixel 11 Pro Fold de proposer traduction en direct des appels, des messages et des vidéos exécutée localement, le tout sans latence liée au cloud.
Gemini Notebook (ex-NotebookLM) peut analyser plusieurs documents (photo, audio, texte) pour en générer un résumé structuré, une présentation PowerPoint ou une infographie complète.

Surtout, le Pixel 11 Pro Fold inaugure HiLight, une fonctionnalité à la fois matérielle et logicielle. Une LED apposée sur le bloc photo (en lieu et place de l’habituel flash) s’allume désormais en bleu pour accompagner une interaction vocale avec Gemini (« Hey Google »), ou dans l’une des cinq couleurs personnalisables pour signaler l’appel d’un contact favori (lorsque le téléphone repose écran contre table).
Cette fonction promet de nous aider à décrocher du téléphone et de ne pas se retrouver dans un tunnel TikTok à la moindre notification. Je ne fais pas partie des grands scrollers, je n’ai donc pas vu de nette différence au quotidien, mais j’imagine que les plus addicts y trouveront un coup de main bienvenu pour lâcher un peu leur téléphone.

À cela s’ajoutent des outils plus confidentiels mais finalement très utiles. Je pense par exemple à Rambler, un système de dictée qui nettoie automatiquement les hésitations et reformule le propos selon le contexte (pro ou familier). Cette fonctionnalité est de loin la plus impressionnante puisqu’elle corrige tous les défauts des assistants vocaux.
Enfin, ASL-to-Text, basé sur le modèle SL2T de Google DeepMind, transcrit la langue des signes américaine en texte en tenant compte des expressions faciales pour en déduire l’intention émotionnelle. Là encore, c’est bluffant.

Ajoutez à cela sept années de mises à jour OS et sécurité garanties (soit un support assuré jusqu’en 2033) et un coprocesseur de sécurité Titan M3, et vous obtenez un appareil pensé pour durer des années. Sur le plan logiciel, Google n’a encore aucun égal sur le marché. Et cela ne semble pas près de changer.
Ce que j’ai moins aimé du Google Pixel 11 Pro Fold
Ses performances brutes

À l’instar de la nouvelle A20 Pro d’Apple, la Tensor G6 est une puce gravée en 2 nm. Mais contrairement à son concurrent, Google a choisi de mettre le paquet sur la puce IA. Forcément, le CPU et le GPU sont un peu à la traine. Rien qui ne m’ait posé problème au quotidien mais j’ai parfois ressenti des lenteurs dans l’exécution de tâches exigeantes sur de longues sessions.
Par exemple, jouer sur le Pixel 11 Pro Fold n’est pas la meilleure expérience puisqu’il faut choisir entre la qualité graphique ou la fluidité, la puce n’étant pas assez puissante pour assurer les deux.

En théorie, la Tensor G6 pourrait faire le boulot. Le problème vient essentiellement de la gestion de la chauffe. En l’absence de chambre à vapeur efficace, la température monte vite ce qui déclenche l’effet de throttling, procédé consistant à réduire les performances pour préserver les composants.
Pour la productivité, le multitâche et les tâches liées à l’IA, le 11 Pro Fold remplit donc sa mission, mais les joueurs pourraient se sentir frustrés. Difficile à digérer quand on débourse 2000 euros.
Son autonomie moyenne et sa charge lente

C’est assez rare pour le souligner : la batterie du Pixel 11 Pro Fold perd en capacité par rapport à la version précédente. Elle passe de 5015 à 4806 mAh, soit une baisse d’environ 4 %.
Les mesures effectuées par le 01Lab classent le Pixel 11 Pro Fold dans le ventre mou des smartphones pliants. À l’usage, tout dépend de la fréquence à laquelle on ouvre le téléphone. En privilégiant l’écran externe (mode smartphone), j’ai pu dépasser la journée d’utilisation (jusqu’au lendemain matin 11h). En revanche, en abusant de l’écran interne (et des bonnes choses), je n’ai jamais dépassé la journée. En utilisant beaucoup l’appareil photo, j’ai même dû passer par la case recharge aux alentours de 18h. C’est bien trop peu.

J’aurais pu me consoler avec la charge rapide mais Google limite la puissance de charge à 30 W. À titre de comparaison, les concurrents proposent au minimum 45 W. Résultat, il m’a fallu plus de 30 minutes pour charger le téléphone jusqu’à 50% et plus d’1h30 pour une charge complète.
Google m’a consolé avec sa recharge sans fil via Pixelsnap (équivalent du système aimanté MagSafe d’Apple), compatible Qi2.2, qui grimpe elle à 25 W (contre 15 W pour le 10 Pro Fold).
L’absence de certaines fonctions IA

J’ai beau avoir pris beaucoup de plaisir à utiliser l’IA de Google, j’ai ressenti une certaine frustration. En effet, toutes les promesses de Gemini Intelligence ne sont pas tenues en France. C’est notamment le cas des suggestions proactives basées sur l’historique Gmail, Photos, Search ou YouTube, qui s’appuient sur les données personnelles de l’utilisateur : ces fonctions sont d’abord déployées aux États-Unis, au Japon et sur une poignée de marchés, avant une extension progressive à l’Europe. Ce décalage est évidemment lié aux contraintes réglementaires du RGPD et du Digital Markets Act.
Apple traverse exactement le même écueil avec son nouveau Siri AI, qui ne sera pas disponible dans l’Union européenne au lancement de l’iPhone Duo en octobre prochain. Reste que Google tient globalement ses promesses. Il lui faut juste un peu plus de temps pour se conformer aux réglementations du Vieux Continent.
Le prix en hausse (mais toujours plus abordable que les concurrents)

Le Pixel 11 Pro Fold démarre à 1999 € en 256 Go, contre 1899 € pour le Pixel 10 Pro Fold à son lancement. Cette hausse d’une centaine d’euros s’explique par la flambée du prix de la mémoire qui touche l’ensemble du secteur cette année. Les versions supérieures suivent la même logique : 2129 € en 512 Go, 2389 € en 1 To (uniquement disponible en coloris noir volcanique). Petit geste commercial bienvenu : Google offre la coque officielle, habituellement facturée 85 €, jusqu’au 24 septembre.
Bien que cette hausse soit désagréable, elle reste raisonnable par rapport à la concurrence. Le Galaxy Z Fold 8 Ultra démarre à 2199 € en 256 Go et grimpe jusqu’à 2799 € en 1 To, avec seulement 12 Go de RAM contre 16 Go sur le Pixel. Et l’iPhone Duo, fraîchement annoncé, débute à 2339 € ! Sur l’ensemble de la gamme Pixel 11, Google conserve donc, de loin, le positionnement tarifaire le plus accessible du haut de gamme pliant en 2026.
Mon avis sur le Google Pixel 11 Pro Fold
À l’instar du reste de la gamme, le Pixel 11 Pro Fold ne révolutionne rien. On pourrait penser que Google fait du sur-place, pourtant mon expérience s’est révélée très concluante. Pendant que Samsung et Apple bâtissent leur avenir sur un format encore jeune, plus coûteux et pas nécessairement plus pratique au quotidien pour tout le monde, Google peaufine une formule déjà mature.
Le Pixel 11 Pro intègre de sublimes écrans, il est agréable à utiliser, très solide et se révèle très convaincant en photographie. Surtout, son logiciel boosté par Gemini Intelligence est de loin le plus abouti en 2026.
J’aurais aimé que Google fasse un effort sur l’autonomie et les performances graphiques, et il aurait réalisé un sans-faute. Certes, le Pixel 11 Pro Fold ne révolutionne rien mais il s’impose comme le smartphone pliant le plus mature de 2026, pour un tarif plus contenu que ses concurrents. Un modèle à absolument considérer pour tout amateur de smartphone pliant.
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Google Pixel 11 Pro Fold
1999€On aime
- Design abouti et agréable
- Magnifiques écrans
- Le meilleur logiciel du moment (optimisé pour le pliant)
- Très bon en photo
- Le moins cher des smartphones pliants
On aime moins
- Performances brutes en deçà
- Autonomie médiocre
- Recharge trop lente
- Toutes les fonctions IA ne sont pas disponibles en France





















