Test Gran Turismo Sport PS4

Il est enfin là ! Le tant attendu Gran Turismo Sport est disponible sur PlayStation 4. Notre avis complet après plusieurs (longues) heures de jeu.

Le nouveau Gran Turismo est enfin là !

Reporté à diverses reprises dans l’optique de proposer aux joueurs le jeu le plus abouti possible, Gran Turismo Sport est enfin disponible en boutiques, depuis quelques jours maintenant, en exclusivité sur PlayStation 4. Un épisode qui arrive après un Project CARS 2 très (trop ?) exigeant en terme de conduite, et d’une authenticité générale extraordinaire malgré de sérieux bugs, et après un Forza Motorsport 7 bourré de contenus et d’une beauté renversante, mais qui souffrait de quelques lacunes néanmoins à nos yeux.

Rappelons que Presse-Citron met en jeu pas moins de 3 exemplaires de Gran Turismo Sport, via notre #JeuConcours disponible à cette adresse

On le sait, ce Gran Turismo Sport se veut un épisode « à part« . Comprenez par là que cet opus ne propose pas plusieurs centaines de bolides, mais se contente d’afficher environ 150 véhicules au compteur, tous (ou presque) orientés vers la compétition automobile. Un garage un peu chiche diront certains, mais cela permet malgré tout d’éviter tout un tas de véhicules absolument inutiles, qui polluaient les épisodes précédents… Toutefois, on aurait apprécié un garage un peu plus vaste, avec un peu plus de diversité, un même bolide revenant parfois 2 ou 3 fois chez un constructeur. A ce sujet, les différents constructeurs disposent tous d’un espace dédié, avec un showroom, parfois un bolide Vision, et même parfois un Musée dédié, particulièrement passionnant à découvrir.

En plus de son garage réduit, Gran Turismo Sport propose également une sélection de tracés moins riche que ses concurrents directs. Si Project CARS 2 est un modèle du genre à ce niveau, Forza Motorsport 7 propose lui aussi son lot de circuits indispensables. Chez Polyphony Digital, on a bien pris le soin d’intégrer quelques classiques, comme Nürburgring, Brands Hatch, Suzuka ou encore Bathurst, mais aucune trace de Spa-Francorchamps, de Monza, du circuit de la Sarthe, de Hockenheim, Silverstone ou du Hungaroring. Parmi la petite vingtaine de lieux proposés, on retrouve donc les circuits pré-cités, ainsi que quelques créations originales, comme Dragon Trail ou encore Lago Maggiore. Deux tracés très réussis cela dit en passant, mais qui ne font pas pour autant oublier les absents, dont Deep Forest ou Trial Moutain pour rester dans les tracés fictifs. Ajoutez à cela la présence de plusieurs tracés de type rallye, ainsi qu’un ou deux circuits de type ovale.

Côté contenu, ce GT Sport ne semble donc pas forcément très bien équipé pour affronter la concurrence, mais ce qui risque de surprendre le fan de la première heure, c’est le mode Solo du jeu. En effet, pas de mode Histoire ou Carrière ici, mais la possibilité de lancer des courses de type Arcade ou Personnalisées, sans oublier le mode Drift et le Contre-la-Montre. A côté de cela, on pourra participer à l’école de conduite, qui inculque les bases du pilotage à travers plusieurs dizaines d’exercices. Heureusement, GT Sport propose également deux nouveaux modes plutôt intéressants, avec les Missions d’une part, qui place le joueur dans divers mini-scénarios, ainsi que le mode Expérience du Circuit, qui permet d’appréhender chaque section d’un tracé, avant de se lancer dans un tour complet. L’autre bonne idée signée Polyphony Digital, c’est de récompenser régulièrement le joueur avec de l’XP, des Crédits, des Miles, mais aussi des nouvelles voitures généreusement offertes au fil des victoires. Ainsi, malgré un solo assez chiche, on parvient à y trouver pas mal de plaisir, et même passer quelques longues heures à tenter de décrocher l’or un peu partout. Un challenge à la portée de (presque) tous, le jeu n’affichant pas une difficulté vraiment insurmontable, et il n’est pas rare de décrocher l’or dès son premier essai.

Heureusement, ce Gran Turismo Sport offre un gameplay toujours aussi agréable à prendre en mains, qui manque certes d’un peu de dynamisme (on est loin des mouvements de caméras ultra-nerveux de Forza Motorsport 7 en vue externe), mais qui permet d’adopter au fil des tours une conduite de plus en plus agressive, le tout, sans jamais frustrer le joueur. Pas de simulation ultime ici, on parlera plutôt d’un gameplay à la fois réaliste et accessible, et on prend en quelques secondes seulement un malin plaisir à malmener son Audi R8 LMS ou sa Ferrari 458 Italia, en chevauchant allègrement les vibreurs, en retardant toujours un peu plus le freinage, en accélérant un peu plus tôt en sortie de virage, jusqu’à sentir les limites de son bolide. Encore une fois, on est assez loin de l’exigence d’un Project CARS 2, mais quel plaisir de pouvoir aligner les tours de piste en améliorant de quelques dixièmes son tour précédent, tout en gardant une belle maîtrise de son bolide. A noter que cela s’applique pour la conduite au volant bien sûr, mais aussi à la manette, avec un jeu très intelligemment pensé pour parfaitement convenir à la conduite au stick analogique (voire même à la croix directionnelle pour certains irréductibles). Contrairement à un Forza Motorsport 7, on recommandera ici de jouer en vue capot ou en vue cockpit pour un maximum de sensations, la vue externe étant d’une mollesse assez terrifiante…

A ce gameplay plutôt bien équilibré s’ajoute une technique joliment travaillée. Au-delà de l’interface, qui transpire l’amour des belles mécaniques et des belles images, ce GT Sport propose des temps de chargement très réduits et un menu d’une lisibilité absolument exemplaire. En quelques clics, on peut se lancer dans une course ou un défi. Malheureusement, pas de météo dynamique ici, et il faudra donc opter pour l’une des conditions pré-établies en début de course (Matinée, Midi, Soirée, Nuit…). A l’heure actuelle, pas de pluie non plus, même si quelques Missions nécessiteront de rouler sur une piste humide. Gageons que la pluie, ainsi que d’autres formes de contenus manquants, arriveront via une mise à jour future. On apprécie en revanche la présence d’arrêts aux stands très dynamiques et très bien gérés, pour refaire le plein d’essence lors d’une course d’endurance et changer de gommes. Côté dégâts en revanche, il ne faut pas s’attendre à grand chose, y compris lors que vous taperez dans un mur à plus de 250 km/h…

Graphiquement, malgré ce que l’on aurait pu craindre après la bêta du début d’année, Gran Turismo Sport est une incontestable réussite. Les différents bolides sont modélisés avec un soin impressionnant, tout comme les différents tracés, avec en prime des effets de lumière d’une beauté sidérante, et il suffit par exemple de rouler sur l’interminable ligne droite du Nordschleife en fin d’après-midi pour s’en convaincre. A cela s’ajoute une compatibilité 4K HDR via la PS4 Pro, pour un rendu général vraiment très réussi. Evidemment, Gran Turismo oblige, on profite toujours de rediffusions d’une qualité bluffante de réalisme, avec en prime ici un mode Photo qui permet de réaliser de sublimes clichés en course, mais aussi via des Environnements prédéfinis. Le résultat est parfois à la limite du photo-réalisme, et l’outil est suffisamment simple pour permettre aux néophytes de réaliser de superbes clichés, et assez poussé pour permettre aux plus doués d’exprimer tout leur talent. A noter la présence d’un mode PlayStation VR, permettant de profiter d’une immersion impeccable, au détriment d’une réalisation graphique un peu downgradé forcément, sans compter la possibilité d’affronter uniquement un seul opposant. Un mode sympathique, mais qui, selon nous, fait surtout office de gadget ici finalement.

Bien sûr, Gran Turismo Sport adopte également une certaine tournure online, avec un mode dédié, et baptisé Sport. Ainsi, en plus des Salons traditionnels pour jouer tranquillement avec ses amis ou des inconnus du monde entier, on peut profiter de courses online régulières organisées toutes les 20 minutes environ. Des courses qui imposent évidemment quelques critères, avec des types de bolides et des réglages prédéfinis, qui permettent de se frotter aux pilotes du monde entier. Pour cela, GT Sport propose de glaner des points de réputation ainsi que des points de fair-play, qui permettront de gérer le matchmaking, et au joueur de se retrouver (autant que possible) avec des pilotes de son niveau et qui évitent (ou non) les accrochages. Rapidement, le mode Sport permettra de participer à trois grandes compétitions en ligne, avec par exemple un championnat des constructeurs ou des nations.

Globalement, le joueur solo fera donc le tour assez rapidement des possibilités offertes par ce Gran Turismo Sport, même si ce dernier sera souvent tenter de lancer une course personnalisée, « juste pour le plaisir ». On prendra ainsi un malin plaisir à faire quelques tours de piste avec tel ou tel bolide de légende, ou à lancer une course personnalisée en dix tours par exemple, sur son circuit fétiche. On regrettera simplement une IA qui manque un peu de talent, même si de sérieux efforts ont été fournis ici, et malgré quelques couacs, on note un comportement plutôt réussi, avec une IA qui cherche à défendre sa position, qui n’hésite pas à nous doubler, qui commet des erreurs… Toutefois, il conviendra de se lancer un minimum dans la section multi pour apprécier pleinement ce nouvel épisode de la saga, et au passage participer à quelques courses vraiment prenantes, pour peu que l’on tombe dans une session avec des « gentlemen drivers » bien sûr.

En bref

Avec son garage réduit et l’absence de circuits pourtant indispensables, ce Gran Turismo Sport avait de quoi faire peur. A cela s’ajoutait une orientation « online » qui laissait présager du pire pour le joueur solo. Au final, le titre s’en sort plutôt honorablement, avec une section solo certes assez chiche mais plutôt prenante, et un contenu que l’on verra s’étoffer au fil du temps, mais c’est surtout grâce à son gameplay, son habillage et sa technique que ce Gran Turismo Sport parvient à hypnotiser le joueur. Les différents bolides sont (pour la plupart) très agréables à piloter, avec toujours ce gameplay à la fois réaliste et permissif, qui permet d’adopter une conduite vraiment agressive et franchement grisante parfois. A l’oeil, pour peu que l’on joue en vue capot ou cockpit, le jeu est très agréable à regarder, avec en prime des véhicules modélisés à la perfection, sans oublier quelques jolis détails sur la piste qui tendent à renforcer le réalisme visuel. A cela s’ajoutent des rediffusions et un mode photo à tomber à la renverse. Bref, Gran Turismo Sport n’est pas la simulation ultime, l’ensemble sonne même un peu creux parfois c’est incontestable, mais il procure néanmoins d’excellentes sensations de pilotage, à la manette comme au volant, et permet de s’adonner à de très bonnes (et assez longues) heures de jeu en solo, mais aussi (et surtout) via son mode online très épuré, tout en étant très complet.


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