Ce concept « 2-en-1 » pour le moins original tient-il la route ? Huawei a-t-il été obligé de faire des compromis gênants ou s’agit-il d’un produit vraiment abouti ? Pour le savoir, j’ai testé cette montre pas comme les autres, vendue tout de même 499,99 euros.
Je découvre la Huawei Watch Buds 2
Un titane soigné, une couronne muette
Au premier coup d’œil, la Huawei Watch Buds 2 ressemble à une montre de luxe un brin massive, pas à un étui d’écouteurs. Son boîtier de 47 mm est fait d’un titane de qualité aérospatiale à la finition impeccable. Il est recouvert d’un revêtement à nanoparticules dont Huawei affirme qu’il procure une résistance à l’usure en hausse de 200% par rapport à la première génération. L’écran OLED de 1,5 pouce produit une image lisible, y compris en plein soleil.
Le bracelet de mon exemplaire est fait d’un « cuir végan » (donc en plastique, mais cela fait moins classe dit comme cela) de couleur taupe. La partie en contact avec la peau est recouverte de fluoroélastomère qui a le double avantage d’être agréable au toucher et de bien résister à la transpiration.
La montre pèse 54,5 g sans son bracelet, soit 12 g de moins que le premier modèle, pour une épaisseur de 14,69 mm. Elle est donc moins lourde que l’Apple Watch Ultra 4 (63 g) mais plus épaisse (12 mm). À l’usage, cela ne m’a pas posé de problème. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’elle se fait totalement oublier lorsqu’elle est portée, mais sa présence n’est nullement gênante.
L’accès aux écouteurs s’effectue par une pression sur un discret poussoir logé à la base de la montre, au niveau de l’attache inférieure. L’écran se soulève doucement et laisse apparaître les deux satellites d’écoute. Ceux-ci tiennent en place grâce à un système aimanté dont j’apprécie l’efficacité tout au long de ce test. C’est élégant et vraiment pratique : jusqu’ici, tout va bien, donc.
La montre est équipée d’une couronne cliquable. En la pressant, on bascule entre l’affichage du cadran et de la liste des applications installées. Lorsque je la fais tourner, il ne se passe strictement rien : le reste des opérations passe par l’écran tactile. C’est d’ailleurs mon premier regret : pourquoi ne pas avoir affecté à la couronne une fonction de réglage du volume des écouteurs, par exemple ?
De bons écouteurs d’appoint
Les écouteurs ressemblent à deux petits cylindres aussi légers que discrets (chacun pèse quatre grammes). En y regardant de plus près, ils sont en fait octogonaux afin de mieux tenir en place dans leur logement. Huawei fournit trois paires d’embouts en silicone afin de les ajuster au mieux à l’oreille. Détail agréable, ils n’ont pas d’affectation gauche ou droite, la montre se débrouillant toute seule pour reconnaître leurs placements et ajuster les canaux stéréo.
Le pilotage s’effectue sur la face des écouteurs émergeant de l’oreille ou – plus original – en tapotant l’oreille elle-même, un détecteur de mouvement remplaçant ici la surface tactile. Les commandes disponibles sont réduites à leur plus simple expression : passage entre l’annulation de bruit active, le mode transparence ou l’écoute normale. Lors d’un appel téléphonique, les micros à conduction osseuse transmettent la voix à votre interlocuteur.
Leur faible poids et leur discrétion rendent ces écouteurs agréables à porter au quotidien, même pendant plusieurs heures d’affilée. Ils tiennent correctement en place tant que l’on reste dans des niveaux de mouvements normaux. Ils sont satisfaisants pour courir, à condition de choisir soigneusement les embouts convenant le mieux à la morphologie de l’oreille.
Peuvent-ils remplacer une paire d’écouteurs classique ? Oui et non, en fait. Oui, car le son produit est de bonne qualité, même si les basses manquent parfois un peu de pêche. J’ai amoindri ce défaut en passant par l’égaliseur de l’app compagnon et le résultat est satisfaisant. Non, si l’on cherche le top du top en matière de son comme d’annulation de bruit (celle-ci est correcte, sans plus, et je trouve les FreeBuds Pro 5 meilleurs sur ces deux aspects) ou si le pilotage complet par commandes tactiles est un critère important pour vous. J’ai surtout regretté l’impossibilité de régler le volume sonore sans avoir à passer par les menus de la montre ou le smartphone.
L’autonomie annoncée est de 3h00 avec annulation de bruit activée, 4h00 sans. Dans les faits, j’ai tenu un peu plus de 2h30 avec annulation de bruit, et 3h15 sans. Il est vrai que je ne me suis pas contenté d’une écoute à 50% du volume maximal, mais plus proche de 70%, ce qui explique l’écart.
Ils se rechargent lorsqu’on les range dans leurs emplacements, ce qui empiète fatalement sur l’autonomie de la montre proprement dite. On est loin des autonomies record annoncées avec des écouteurs traditionnels : ces Buds sont de bons écouteurs d’appoint, que l’on a toujours sur soi. Ils donneront satisfaction pour passer quelques appels ou pour écouter de la musique occasionnellement dans les transports en commun.
Santé et sport : du Huawei classique, sans ECG
Si vous avez déjà eu une montre Huawei, vous ne serez pas dépaysés par l’interface. Elle est quasi identique à celles des autres modèles de la marque. Elle propose les classiques de la catégorie : fréquence cardiaque en continu, SpO2, variabilité cardiaque, suivi du sommeil, mesure du stress et détection d’arythmie par capteur optique.
Les mesures sont centralisées par l’app Huawei Santé, dont la version Android n’est bizarrement pas disponible dans le Play Store, mais uniquement dans l’AppGallery de Huawei. Il faudra donc l’installer, ou utiliser le QR code affiché lors de l’initialisation pour la télécharger. Elle propose plus de 90 modes d’entraînement et dispose d’un GPS. En revanche, il faudra faire une croix sur l’ECG et le capteur de température cutanée. Quoi qu’il en soit, les mesures semblent fiables lorsque je les compare à celles que j’obtiens normalement avec une Apple Watch ou un anneau connecté Oura.

En l’absence des services Google, Huawei s’appuie sur sa propre boutique applicative. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est peu garnie. C’est à mon avis l’un des points gênants de l’écosystème du constructeur, imposé, il est vrai, par les sanctions étatsuniennes. Il est par exemple impossible de payer à partir de sa montre, ou de piloter ses listes de lecture Spotify sans acheter une app supplémentaire…
De par sa conception, la montre n’a aucune certification d’étanchéité : impossible de la garder avec soi pour nager. Seuls les écouteurs sont certifiés IP54, soit résistants à la transpiration.
Autonomie : une batterie pour deux
Huawei annonce 3 jours dans un scénario type (30 minutes d’appels, deux heures de musique dans les écouteurs, fréquence cardiaque et sommeil activés, 180 minutes de sport par semaine, notifications). C’est plausible et je l’ai en partie vérifiée, si l’on considère que 240 minutes de déplacements en vélo par semaine équivalent aux 180 minutes de sports de Huawei. Comme je l’ai signalé, les écouteurs ponctionnent leur énergie dans la batterie de la montre, réduisant d’autant son autonomie maximale.
Mon avis sur la Huawei Watch Buds 2
La Huawei Watch Buds 2 n’est pas une grande montre de sport, ni une paire d’écouteurs haut de gamme. Elle s’adresse à un public bien précis, celui qui n’a jamais ses écouteurs avec lui quand il en a besoin. Le concept est original et j’apprécie la qualité de fabrication, l’élégance du produit et la lisibilité de l’écran, y compris en plein soleil.
La Watch Buds 2 cumule malheureusement les défauts liés à ses spécificités : autonomie moyenne des écouteurs, montre sans certification d’étanchéité et capteurs de santé manquants, pourtant fréquents sur un produit haut de gamme (pas d’ECG ni de mesure de température cutanée).
À 499,99 euros, elle coûte plus cher que de nombreuses montres généralistes, mais la présence d’écouteurs permet de relativiser ce prix assez élevé.
Si vous écoutez régulièrement podcasts ou vidéos en déplacement et que vous ne nagez pas, elle mérite votre attention. Mais si vous êtes un sportif chevronné, elle n’est pas pour vous.
Je découvre la Huawei Watch Buds 2
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