D’un côté, il y a bien évidemment le porte-monnaie. Selon l’INSEE, les Français dépensent en moyenne 450 euros pour acquérir un smartphone neuf. Un budget en hausse, puisque ce prix était de 350 euros en 2021. Et cela, malgré un pouvoir d’achat en berne pour de nombreux foyers. De l’autre côté, se dresse une liste : celle des critères d’achats. Une hiérarchie d’attentes qui pèse grandement dans le choix final de chaque consommateur.
Et au milieu, une dernière donnée a également son importance : le taux de renouvellement moyen. En France, il est actuellement de 38 mois, soit un peu plus de trois ans. En 2021, les Français changeaient de smartphones plus souvent, environ tous les 2 ans.
Comme déjà évoquée lors de notre test du Nothing Phone (3a) Pro, la corrélation entre ces informations est primordiale à comprendre pour un constructeur. C’est ainsi qu’une marque peut faire la pluie et le beau temps sous la barre des 500 euros. Une marque comme Xiaomi l’a d’ailleurs assez vite compris avec sa gamme Redmi.
Ainsi, nous avons voulu juger le nouveau Nothing Phone (3a) à l’aune de cette fameuse liste de critères érigée par l’ARCEP dans son récent baromètre 2025. Le Nothing Phone (3a) est-il performant là où il faut ? Après un mois en sa compagnie, voici notre test complet.
Critère 1, le prix – Nothing en plein dedans, mais gare au stockage…
Sans surprise, le prix reste donc le critère numéro un des Français lors de l’achat d’un smartphone neuf. Et sur ce point, Nothing est largement dans les clous, et même légèrement en dessous du panier moyen de 450 euros.
En effet, disponible depuis le mois de mars, le Nothing Phone (3a) est proposé à 349 euros dans une version 8 Go de mémoire et 128 Go de stockage. Dans une autre, avec 12 Go de mémoire et 256 Go de stockage, il affiche un prix de 399 euros.

Première observation, le constructeur britannique n’augmente pas ses prix par rapport au Nothing (2a) de 2024. Alors que, comme nous allons voir, le Nothing Phone (3a) est mieux loti sur certains aspects. Deuxième observation, le constructeur n’a pas voulu s’aventurer sur le terrain du 512 Go de stockage. Un choix discutable, puisque le Nothing Phone (3a) ne dispose pas de slot microSD pour étendre sa mémoire de stockage. Dit ainsi, la version à 128 Go de stockage devient d’emblée peu intéressante. Si les Français changent de smartphone en moyenne tous les trois ans, ils risquent de se retrouver vite à l’étroit.
Et même avec la version de 256 Go, un ménage dans ses applications inutilisées, ses photos ou ses vidéos sera nécessaire de temps en temps. Surtout, si vous n’êtes pas très familier avec les espaces de stockage dans le cloud du type Google Photo. Pas de panique, pour autant. Il faudra simplement vous résoudre, une à deux fois par an, d’être de corvée de stockage. Autrement dit, transférer vos précieux et anciens souvenirs sur votre ordinateur ou sur un disque dur externe.

Dernier point d’observation qui a son importance, la visibilité de ce prix. Depuis le lancement de son premier smartphone en France, le Phone (1) à l’été 2022, Nothing a compris la nécessité de ne pas se cantonner à un seul canal de vente. Proposer un excellent smartphone seulement sur son site ne sert pas à grand-chose pour toucher le grand public. Ainsi, année après année, le constructeur s’est retroussé les manches afin d’être disponible chez de nombreux revendeurs ayant pignon sur rue. C’est le cas de Free, de Bouygues, mais également de Boulanger, Fnac-Darty ou encore de LDLC.
Et chez certains d’entre eux, il est même possible de payer en plusieurs fois. Que le budget moyen d’un smartphone soit à 450 euros est une chose, mais pour de nombreux Français devoir les sortir d’un coup le même mois en est une autre…
Critère 2, l’autonomie : le Nothing Phone 3a ne déçoit pas
Vouloir prendre une photo, être sur Google Maps pour rejoindre des amis ou encore scroller machinalement sur Instagram ou TikTok dans les transports en commun… Il n’y a rien de plus frustrant qu’un smartphone qui s’éteint en plein milieu d’une de ses activités… Alors bien sûr, nous sommes nombreux à avoir également un chargeur au bureau, histoire de faire un peu le plein durant la journée, mais bon… Parfois, on ne peut pas ou parfois on oublie tout simplement.
Avec sa batterie de 5 000 mAh, le Phone (3a) propose une taille de batterie qui tend à devenir la norme. Ce n’est ni trop gros, ce qui pénaliserait la préhension du produit, ni trop petit, ce qui l’handicaperait sur l’autonomie. Surtout, comme nous le répétons souvent dans nos tests, au-delà de la taille de batterie, c’est également la gestion énergétique globale d’un smartphone qu’il faut prendre en compte lors de son achat. Et sur ce terrain, le Phone (3a) fait partie des meilleurs de sa catégorie, juste derrière l’indétrônable Honor Magic 7 Lite.

En activant la fonctionnalité de luminosité adaptative, le smartphone perd environ 10% de batterie après une heure et demie de streaming vidéo. C’est un résultat fort appréciable. En extrapolant, sachez que le Phone (3a) tiendra au minimum une journée complète, même lors d’un usage intensif. Et c’est finalement bien là, le plus important, puisqu’il sera alors possible de le charger au moment de dormir.
Et si vous avez besoin de lui faire reprendre des forces dans la journée, sachez que le Phone (3a) supporte une puissance maximale de 50 W. Avec le chargeur adapté, non inclus dans la boite, il mettra toujours moins d’une heure à passer de 0 à 100%. C’est honorable, sans plus. Le récent Note 14 Pro+ 5G de la famille Redmi de Xiaomi est par exemple beaucoup plus véloce. Par contre, le Phone (3a) ne dispose ni d’une charge sans fil, ni d’une charge inversée. Est-ce réellement grave dans ce critère d’achat de l’autonomie ? Pas du tout.
Critère 3, la photo : Nothing fait un choix… payant !
Que ce soit Xiaomi, Samsung, Honor ou encore Poco… Aucun constructeur n’a jusqu’à présent proposé un téléobjectif optique sur un smartphone sous la barre des 500 euros. Même les récents Google Pixel 9a et iPhone 16e d’Apple, pourtant plus chers, n’en possèdent pas.
Il faut dire qu’en entrée et milieu de gamme, les fabricants préfèrent miser sur un capteur grand-angle, un ultra grand-angle convenable et surtout, sur une foule d’algorithmes pour bonifier les résultats. Pour tenter de satisfaire les utilisateurs français sur ce critère d’achat, Nothing a effectué un choix fort. Ce dernier se traduit par la configuration suivante :
- Un capteur principal de 50 Mpx, avec une ouverture à F/1.88, une stabilisation optique (OIS) et une taille 1/1,57 pouce.
- Un capteur ultra grand-angle de 8 Mpx, un champ de vision 120° et une ouverture F/2.2.
- Un téléobjectif de 50 Mpx avec un zoom optique x2 et x30 en numérique avec une stabilisation électronique (EIS).
- Enfin, un capteur avant pour les selfies à de 32 Mpx avec une ouverture F/2.2.
La firme anglaise est partie d’un constat assez simple. Le capteur ultra grand-angle est certainement celui qui est le plus difficile à maîtriser, et ce, quelle que soit la gamme de prix. Mécaniquement pour un smartphone à moins de 500 euros, il est compliqué de s’en sortir honorablement avec cet objectif si particulier. Par conséquent, au lieu de faire comme toute la concurrence, qui tente, mais n’arrive pas à proposer un ultra grand-angle performant, Nothing prend leur contre-pied. Il délaisse totalement l’ultra grand-angle, sans pour autant l’abandonner. Pour preuves, sur le Phone (2a) de 2024, ce capteur n’était pas à 8 Mpx, mais bien à 50 Mpx.

Le constructeur déshabille donc Paul pour habiller Jacques. Un choix risqué, mais payant pour trois raisons. Déjà, cela rend le Phone (3a) unique et plus polyvalent en condition urbaine et pour les portraits. Ensuite, Nothing est simplement parti du principe que l’ultra grand-angle est certainement le capteur le moins utilisé par la majorité des utilisateurs. D’ailleurs, nous vous invitons à faire le test. Quelle est votre proportion de photos prises en ultra grand-angle sur l’ensemble de l’année 2024 ? Personnellement, moins de 10% de mes photos ont été prises ainsi.
Enfin, si ce choix est payant, c’est aussi, et avant tout, parce que ce capteur se débrouille extrêmement bien la journée. Les clichés fourmillent de détails, la netteté est au rendez-vous et la colorimétrie plutôt juste. En fin de journée, un léger manque de contrastes peut apparaître, mais rien de bien choquant au vu du prix du smartphone.


Concernant le capteur principal, c’est également assez impressionnant. Il est équilibré à souhait. La gestion de la balance des blancs n’a pas à rougir par rapport à des smartphones souvent deux fois plus chers. De plus, les clichés pris en fin de journée sont d’une netteté implacable. C’est simple, sur ces deux capteurs, le Nothing Phone 3a est actuellement le meilleur smartphone sous la barre des 400 euros.


Pour l’ultra grand-angle, comme vous pouvez le deviner, les résultats sont plus décevants Vu sa faible proposition, le capteur aura beaucoup de mal à ne pas assombrir les photos lorsque la luminosité n’est pas de face.
De plus, il ne faudra pas trop zoomer sur les clichés, des défauts de textures pourraient devenir plus flagrants. Mais bon, avec un peu d’application, il sera tout de même possible de prendre vos 8 à 10% de clichés de paysages ou de monuments par an.


Idem de nuit, le petit dernier de Nothing est plus à la peine. Il a un peu de mal à restituer des couleurs fidèles. Certaines scènes sont un peu délavées, tandis que du bruit numérique s’invite sur les éléments en périphérie. Encore une fois, rien de bien méchant.
Critères 4 et 5, performances et écran : il remplit sa part du contrat
Qu’on se le dise, si ces aspects d’un smartphone restent importants, les utilisateurs ne sont pas une écrasante majorité à chercher la perfection. Pour les performances, cela signifie que les usages les plus courants puissent s’effectuer de manière fluide. Réseaux sociaux, jeux-vidéo 2D ou 3D occasionnels, mails, streaming vidéo et audio… La course à la surenchère de puissance n’intéresse finalement qu’une poignée d’entre nous sur les modèles les plus premiums.

Avec sa pimpante puce Snapdragon 7s Gen 3 et ses 12 Go de mémoire, le Nothing Phone (3a) est amplement capable de répondre à tout cela. Si nous avions relevé l’an dernier quelques ralentissements d’usages sur le Nothing Phone (2a), il n’en est rien pour 2025. Il faut dire que Nothing a décidé de monter en qualité en troquant un processeur Mediatek contre un processeur de Qualcomm.
Concernant l’affichage, ici aussi, l’excellence à tout prix n’est pas une fin en soi. Avoir une surface confortable de lecture, lisible dans la majorité des cas, est généralement suffisant. Un contrat rempli à la perfection par la dalle Amoled de 6,77 pouces Full HD+ (2392 x 1080 pixels) de ce Nothing Phone (3a).

Avec une luminosité dynamique à 1300 nits, le smartphone s’utilise sans mal en extérieur sous un soleil de plomb. Certes, quelques reflets sont visibles et la technologie LPTO, économie oblige, n’est pas présente. Or, le taux de rafraîchissement monte tout de même jusqu’à 120 Hz.
Critère 6 : le logiciel : Nothing apporte un vent de fraîcheur, mais…
La fin de cette hiérarchie est des plus paradoxales. À commencer par la partie logiciel, une verticale qui comprend autant la durabilité d’Android que les nouvelles fonctions d’IA et leurs intégrations dans la surcouche des constructeurs. Visiblement, c’est un domaine qui arrive en moyenne en queue de considération des Français qui se tourne vers le système d’exploitation de Google. Bien évidemment, en amont, une décision structurante a lieu entre iOS et Android.
Cependant, intéressons-nous ici à la majorité des cas. Pour rappel, en France, 70% des smartphones vendus chaque année sont sous Android et le reste sont des iPhones sous iOS. Pourtant, comme nous l’avions déjà évoqué dans notre test long format du Samsung Galaxy S25, les constructeurs misent de plus en plus sur leurs surchouches et leurs nouveautés d’IA. Ce sont d’ailleurs des points qu’ils considèrent comme extrêmement différenciants pour les années à venir.

Différenciant, certes, mais sur le secteur premium… Sous la barre des 500 euros, soit au moins plus de 50% des ventes en 2024, les Français n’accordent que peu d’attention à ces choses. Pour eux, une expérience Android sans trop de fioritures est largement suffisante. En ce qui concerne les fonctionnalités d’IA, beaucoup les trouvent encore gadgets. Pourtant, sur ces terrains, Nothing n’est pas avare en efforts.
Entre Nothing OS, l’interface Glyph et son nouveau portail Essential Space, il n’existe pas à l’heure actuelle une expérience aussi originale et décalée sur un smartphone. Un véritable vent de fraîcheur qui fonctionne globalement bien et qui rend unique les smartphones Nothing. A contrario, cela pourrait éventuellement démotiver certains utilisateurs qui préféraient rester en terrain connu avec leurs habitudes sur du Android 15 plus « classique ». Pourtant, l’essayer, c’est l’adopter… Pour cela, il faut au préalable sortir quelque peu de sa zone de confort. Pour avoir tous les détails de cette unicité logicielle, nous vous invitons à consulter notre test du Nothing (3a) Pro.

En tout cas, en proposant trois ans de mises à jour d’Android et six années de correctifs de sécurité, le Nothing Phone (3a) remplit dans tous les cas son critère de durabilité logiciel. Il fait même coup double. Il fait mieux que son devancier, le Phone (2a), et il se hisse, à peu près, au niveau du taux moyen de renouvellement d’un smartphone en France.
Critère 7, le design : Nothing le plus original pour du beurre ?
Là aussi, cela pourrait paraître étonnant. L’originalité du design n’est pas en moyenne un élément déterminant dans l’achat. Cela ne veut pas dire que certains choix individuels ne reposent pas dessus, mais simplement que la majorité des Français accorde davantage d’importance à l’usage quotidien et au côté pratique qu’à la cosmétique. Pour autant, ne tombons pas dans le travers inverse. Il n’est pas question ici de dépenser en moyenne 450 euros pour un gros bloc de plastique hideux et fragile.

Encore une fois, c’est pourtant sur ce terrain que Nothing fait véritablement bande à part. Fidèle à l’ADN de la marque, le Phone (3a) reprend une allure « geek » très assumée. Toujours transparent, le dos laisse entrevoir les supposées entrailles du smartphone, tandis que les trois bandes de LED blanches, le fameux « Glyph », sont toujours de la partie. Pour rappel, ce système d’éclairage personnalisable à souhait créer des motifs et des variations lumineuses selon vos envies. Appel, notification globale ou d’une application en particulier, musique, minuteur…
Que ce soit en coloris noir, blanc ou bleu, cette esthétique du Phone (3a) ne laisse pas indifférent. On adore, on aime, on aime bien, mais pas pour nous ou carrément, on déteste. Difficile de faire plus ambivalent comme smartphone, mais c’est bien le but initial de Nothing.

Côté construction, sachez pour finir que le Phone (3a) n’est pas qu’une belle coquille vide. Alors que son prédécesseur arborait un dos en plastique, le Phone (3a) s’habille de verre trempé et de tranches en polycarbonate. Cela lui évite de trop s’alourdir (201 grammes), malgré ses dimensions taille patron, 163,5 x 77,5 x 8,4 mm. Pour autant, grâce à une excellente répartition du poids, la préhension du smartphone s’avère plutôt bonne.
Notre avis sur le smartphone Nothing Phone (3a)
« Et toi ? Quels smartphones actuels me conseilles-tu d’acheter ? » En tant que journaliste tech, cette question m’est posée à longueur de temps par ma famille et mes amis. C’est le jeu. Et, j’y réponds toujours avec plaisir et souvent de la même manière.
L’achat d’un smartphone est un choix individuel qui est motivé selon différents facteurs. Le budget, la renommée de la marque, les promotions ponctuelles ou encore l’habitude d’un système d’exploitation (iOS ou Android). À chacun de voir où il se situe par rapport à cela et quelle est sa latitude de changement. Ensuite, il s’agit de dresser une liste de critères par ordre d’importance. À partir de là, certains produits seront mieux adaptés que d’autres selon les attentes de chacun.
En France, cette liste existe. C’est une moyenne. Une indication globale qui parlera à beaucoup de monde, mais qui ne sera pas une vérité pour tous. Pour cette liste, le Nothing Phone (3a) réussit trois exploits. Celui d’être bon sur les plus importants (prix, photo, autonomie). Celui d’être dans les clous pour les critères du second cercle (performances, écran et suivi logiciel). Et celui d’être très bon, là où l’on demande le moins à un smartphone de l’être sous la barre des 500 euros (design, surcouche Android). Sans pour autant être le smartphone grand public idéal, le Nothing Phone (3a) est un smartphone équilibré, original et abordable. Ce qui n’est pas donné à tout le monde.
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Nothing Phone (3a)
à partir de 349 eurosOn aime
- Design et interface uniques
- Écran suffisamment lumineux
- Performances correctes
- Un téléobjectif convaicant
- Un rapport qualité-prix démentiel
On aime moins
- Ultra grand angle et photo de nuits perfectibles
- Tendance légère à chauffer lors de grosses utilisations
- Pas de certification IP67/68, ni de eSIM
- Position du bouton "Essential Key" à revoir

















