Proposé à partir de 1 899 € (le même prix que le modèle 2024), le Pixel 10 Pro Fold se positionne comme une évolution mesurée plutôt qu’une rupture. J’ai passé un mois avec ce pliant pour voir si les changements suffisent à justifier l’achat… ou l’upgrade depuis un Pixel 9 Pro Fold. Voici ce que j’en pense.
Ce que j’ai aimé du Pixel 10 Pro Fold
Un design qui inspire confiance
Le Pixel 10 Pro Fold inspire la solidité. Avec son châssis en aluminium aérospatial et son dos en verre Gorilla Glass Victus 2 mat, il donne une impression de robustesse que je n’avais pas ressentie aussi fortement sur le Pixel 9 Pro Fold.
La vraie nouveauté, c’est la certification IP68 – une première mondiale pour un smartphone pliant ! Alors que son prédécesseur se contentait d’un IPX8 (résistant à l’eau mais pas à la poussière), le Pixel 10 Pro Fold peut désormais affronter la poussière sans broncher. J’ai même fait tomber quelques miettes de pain dessus et quelques gouttes de café pendant le petit-déj’, sans ressentir le moindre stress.
Google annonce une charnière dix fois plus résistante, capable d’encaisser 50 pliages par jour pendant 10 ans. Je n’ai évidemment pas pu vérifier cette promesse en un mois, mais le mécanisme est effectivement très ferme et inspire confiance. La pliure centrale reste visible, certes, mais elle n’est pas gênante au quotidien.
Le Pixel 10 Pro Fold n’a pas minci. Pire, il a même pris un cheveu d’épaisseur ! On passe de 10,5 mm à 10,8 mm plié, et de 5,1 mm à 5,2 mm déplié. Un gramme de plus aussi (258 g au lieu de 257 g). Face aux 215 grammes et 8,9 mm du Galaxy Z Fold 7, on est clairement sur un gabarit plus imposant. Impossible de le plier et déplier d’une seule main, contrairement au modèle de Samsung. Cela dit, sa prise en main reste agréable et on ne le sent pas fragile.
Côté esthétique, Google propose deux coloris : Moonstone (gris clair) et Jade (vert amande très classe). Mon unité de test gris clair s’avère insensible aux traces de doigt et autres salissures.
Des écrans sublimes qui brillent sous le soleil
Parlons des écrans, l’un des points fort de ce Pixel 10 Pro Fold. L’externe passe de 6,3 à 6,4 pouces, grâce à des bordures légèrement réduites. Pas de quoi crier au miracle, mais c’est toujours bon à prendre. Surtout, sa luminosité en pic HDR grimpe de 1 800 nits à 3 000 nits ! En plein soleil de midi, ça change tout. J’ai pu consulter mes mails et scroller sur Instagram sans plisser les yeux, ce qui n’était pas toujours gagné avec le modèle précédent.
L’écran interne reste à 8 pouces, avec un ratio quasi carré (1:1) qui reste la signature de Google face à la concurrence, plus allongée. Ce format est idéal pour la productivité : scinder l’écran en deux pour bosser sur deux apps en même temps est un vrai bonheur. La luminosité monte également à 3 000 nits (contre 2 700 nits sur le 9 Pro Fold), et la technologie OLED est toujours aussi splendide.
Les deux écrans font preuve d’une fluidité exemplaire. L’écran interne profite même de la technologie LTPO qui fait varier le taux de rafraîchissement entre 1 et 120 Hz pour économiser la batterie. Un régal pour les yeux, vraiment.
Une autonomie enfin digne de ce nom
Franchement, l’autonomie du Pixel 9 Pro Fold m’avait laissé sur ma faim avec ses 4 650 mAh. Google a visiblement entendu les critiques puisque le Pixel 10 Pro Fold passe enfin la barre des 5 000 mAh avec une batterie de 5 015 mAh. Ça peut paraître anecdotique sur le papier, mais à l’usage, la différence est palpable.

En utilisation normale (emails, réseaux sociaux, navigation web, quelques vidéos YouTube, photos), j’ai pu tenir facilement une journée et demie, voire deux jours quand je restais majoritairement sur l’écran externe. Même en abusant du grand écran interne pour regarder des séries sur Netflix ou jouer à PUBG, je passais la journée sans problème. Google annonce plus de 30 heures d’autonomie en usage mixte, et c’est plutôt crédible.
La charge rapide passe à 30W (contre 21W sur le 9 Pro Fold), ce qui permet de récupérer 50% en 30 minutes. C’est mieux, même si on reste loin des 100W des OnePlus ou des 66W d’Honor. Autre bonne nouvelle : le Pixel 10 Pro Fold supporte enfin le Qi2, la nouvelle norme de charge sans fil magnétique à la sauce MagSafe. Avec un chargeur compatible, on monte donc à 15W. Sympa pour la recharge de nuit.
Photo : un atout majeur
Côté photo, Google n’a rien changé au hardware par rapport au Pixel 9 Pro Fold. On retrouve les même modules :
- Principal : 48 MP avec stabilisation optique
- Ultra grand-angle : 10,5 MP avec mode macro
- Téléobjectif : 10,8 MP avec zoom optique 5x

Est-ce décevant ? Pas vraiment. La magie de Google réside dans son traitement logiciel, et là encore, le Pixel 10 Pro Fold fait des merveilles. Les photos de jour sont magnifiques, avec un piqué excellent et des couleurs fidèles à la réalité (ou presque, car l’IA aime bien embellir les choses). Le zoom 5x est très convaincant, on peut même pousser jusqu’à 10x avec de bons résultats. Au-delà, la qualité devient plus discutable, mais le zoom 20x reste utilisable dans de bonnes conditions.
De gauche à droite et de haut en bas : ultra grand-angle, module principal, zoom 2x, zoom 5x, zoom 10x et zoom 20x © Presse-citron
En basse luminosité ou en mode nuit, le smartphone réussit à produire des images convaincantes à partir du module principal ainsi qu’eun zoom optique (5x maxi). Si vous faites parti des photographes qui apprécient les détails d’une scène nocturne, vous éviterez de vous aventurer plus loin.
À la limite, le zoom 10x reste exploitable avec un peu d’indulgence… mais c’est tout. Quant au zoom 20x, il transforme avec un réel entrain l’image shootée en une bouillie de pixels où la plupart des détails disparaissent. Je dois préciser que j’ai effectué mes tests nocturnes dans un environnement particulièrement sombre. De nuit, dans une rue un tant soit peu éclairée, le résultat reste convenable même à fort grossissement.
Macro ou téléobjectif : tous se passe bien en luminosité correcte ou moyenne © Presse-citron
Le mode portrait donne de bons résultats, l’IA accomplissant correctement sa mission © Presse-citron
Le mode portrait est toujours excellent, avec un détourage précis et un bokeh naturel. L’ultra grand-angle est correct, même si on note un manque de piqué sur les bords et une distorsion visible. Le mode macro, lui, est très réussi.
L’IA omniprésente (et c’est tant mieux)
Le Pixel 10 Pro Fold tourne sous Android 16 dès sa sortie de boîte. C’est appréciable de ne pas avoir à attendre plusieurs semaines pour profiter de la dernière version nde l’OS comme ce fut le cas l’an dernier.
Mais la vraie star, c’est évidemment l’intelligence artificielle. Google promet 7 ans de mises à jour (OS et sécurité), et bourre le smartphone de fonctions IA. On retrouve celles déjà vues sur les Pixel 9 (gomme magique, meilleure prise, effaceur audio magique), mais aussi des nouveautés bien pensées :
- Coach Photo : des conseils en temps réel pour améliorer vos photos
- Gemini Live : reconnaissance visuelle en temps réel
- Détection de deepfakes lors des appels vidéo
Grâce au nouveau Tensor G5, ces fonctions tournent désormais en local (partiellement), ce qui améliore la réactivité et préserve la vie privée. C’est un vrai plus par rapport au Pixel 9 Pro Fold qui déportait tout dans le cloud.

Côté multitâche, Android 16 gère bien le format pliant avec la possibilité de scinder l’écran en deux. C’est pratique pour consulter ses mails tout en répondant sur Slack. Cela dit, j’aurais aimé plus d’optimisations spécifiques au format pliant. Samsung et Honor font mieux sur ce point avec plus d’options et de raccourcis. Google a encore du boulot, même s’il a le pouvoir de faire bouger les développeurs.
Le Tensor G5 tient ses promesses pour l’IA
Sous le capot, le Pixel 10 Pro Fold embarque le Tensor G5, la nouvelle puce conçue par Google. Sa fabrication a été confiée à TSMC plutôt qu’à Samsung qui s’était chargé du Tensor G4. Gravé en 3 nm, le Tensor G5 promet 34% de performances CPU en plus et 60% de puissance TPU (le cœur dédié à l’IA) par rapport au Tensor G4.
Au quotidien, le Pixel 10 Pro Fold est d’une fluidité exemplaire. Naviguer dans l’interface, basculer entre les apps, faire du multitâche : tout est fluide et réactif. Les 16 Go de RAM y sont pour beaucoup. Aucun ralentissement à signaler en trois semaines d’usage intensif.

En revanche, le Tensor G5 montre ses limites sur les jeux 3D exigeants. Genshin Impact plafonne à 30 im/sec même en mode 60 FPS, et le smartphone chauffe pas mal lors de longues sessions. C’est le prix à payer pour une puce optimisée pour l’IA plutôt que pour les performances brutes. Face aux Snapdragon 8 Elite des concurrents, le Tensor G5 accuse un retard sur la partie GPU.
Pour la grande majorité des utilisateurs (ceux qui ne passent pas leur vie sur Genshin Impact), ça ne posera aucun problème. Mais les gamers invétérés préféreront sans doute un produit concurrent.
Ce que j’ai moins aimé du Pixel 10 Pro Fold
Un design qui ne bouge (presque) pas
Le Pixel 10 Pro Fold ressemble comme deux gouttes d’eau au Pixel 9 Pro Fold. Seuls quelques initiés remarqueront les différences : écran externe 0,1 pouce plus grand, charnière légèrement retravaillée, positionnement du tiroir SIM déplacé. Pour le reste, c’est du copier-coller.

Ça donne un peu l’impression d’un Pixel 9s Pro Fold plutôt qu’un vrai Pixel 10. Les propriétaires du modèle 2024 seront sans doute refroidis. D’autant que la concurrence a fait des progrès spectaculaires en matière de finesse. Le Pixel 10 Pro Fold fait un peu mastoc à côté du Galaxy Z Fold 7 ou du Magic V5.
Un format pliant sous-exploité par le logiciel
Si l’interface Pixel est toujours aussi agréable, j’ai trouvé qu’elle ne tirait pas assez profit du format pliant. Certes, on peut scinder l’écran en deux pour du multitâche, mais c’est à peu près tout. Samsung et Honor proposent plus de raccourcis, plus d’options de personnalisation, plus de gestes dédiés au format pliant.

Google a pourtant tous les leviers pour faire bouger les développeurs et optimiser les apps pour le format pliant. C’est frustrant de voir que la firme ne pousse pas davantage dans cette direction. Les apps non optimisées se retrouvent avec de vilaines bandes noires sur les côtés, même si Google propose de les étirer (résultat pas toujours convaincant).
Un prix stratosphérique
1 899 € pour la version 256 Go, 2029 € pour 512 Go et 2289 € pour le modèle 1 To : oui, c’est cher. Très cher. Acquérir un smartphone pliant en 2025 reste un investissement colossal. Le marché des pliants a dépassé le stade embryonnaire, les volumes de vente ont explosé, et pourtant les prix ne baissent pas. Pire, ils stagnent ou augmentent.

On sent bien que les constructeurs utilisent les pliants comme produits d’appel à forte marge pour compenser la baisse des ventes globales de smartphones. À ce prix-là, on est en droit d’attendre la perfection. Or, le Pixel 10 Pro Fold n’y est pas encore, même s’il reste excellent sur bien des aspects.
Pas de chargeur dans la boîte
Comme tous les constructeurs, Google ne fournit plus de chargeur. Dans la boîte : un câble USB-C et un outil pour ouvrir le tiroir SIM. That’s it. Pour profiter de la charge rapide 30W, il faudra débourser 35 € supplémentaires pour le chargeur officiel Google.

Google invoque le même greenwashing écologique que tout le monde. Mais soyons clairs : la directive européenne sur le chargeur universel n’interdit PAS de fournir un chargeur. Elle impose juste qu’il soit disponible sans chargeur pour ceux qui n’en veulent pas. Google pourrait très bien proposer le chargeur gratuitement lors de l’enregistrement de la garantie. Mais non, c’est plus rentable de le vendre à part.
Mon avis sur le Pixel 10 Pro Fold
Après un mois avec le Pixel 10 Pro Fold, mon sentiment est mitigé. Ce smartphone pliant est incontestablement excellent : design soigné, écrans sublimes, autonomie enfin digne de ce nom, photo de très haut niveau et IA omniprésente qui simplifie vraiment la vie. La certification IP68 est un vrai plus qui rassure au quotidien.
Mais il manque ce petit quelque chose qui ferait de lui un incontournable. Le design n’a (presque) pas bougé par rapport au Pixel 9 Pro Fold, le smartphone reste plus épais et lourd que la concurrence, et le logiciel sous-exploite le potentiel du format pliant. Sans parler du prix stratosphérique qui le réserve à une élite fortunée.
Si vous possédez déjà un Pixel 9 Pro Fold, l’upgrade n’est franchement pas indispensable. Les améliorations sont trop timides pour justifier l’investissement. En revanche, si vous n’avez jamais eu de smartphone pliant et que l’écosystème Google vous séduit, le Pixel 10 Pro Fold est un excellent choix. C’est le pliant le plus abouti de Google à ce jour, et il se classe parmi les meilleurs du marché.
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