Nous nous demandons souvent ce que les astronautes font, une fois que ces dernier ont été envoyés dans l’espace. Lors d’une mission de six mois, que peuvent bien faire Thomas Pesquet et ses six collègues ? “Des expériences scientifiques” : c’est la réponse que l’on reçoit le plus souvent. Sans jamais avoir plus de précisions au sujet de ces fameuses expériences.
Dans la Station spatiale internationale (ISS) pourtant, les sujets d’étude ne manquent pas, et le prochain projet de Thomas Pesquet vient d’ailleurs de le rejoindre à bord du satellite. Pour le compte de l’agence spatiale européenne (ESA) et française (CNES), l’astronaute va observer le comportement du “blob” un champion jaune aussi fascinant qu’inconnu du monde scientifique et du grand public.
Ce petit organe unicellulaire est encore assez mal connu par le monde scientifique et nombreux sont les experts au sol qui attendent les résultats de Thomas Pesquet. « Personne ne sait quel sera son comportement dans un environnement en microgravité : dans quelle direction va-t-il évoluer ? Va-t-il prendre la troisième dimension en montant vers le haut, ou ira-t-il latéralement ? » explique Pierre Ferrand, professeur de sciences de la Terre et membre du projet à l’agence spatiale française CNES.
Le “blob” une passion française
À Toulouse au centre de travail du CNES, il y a une experte du “blob”, il s’agit d’Audrey Dussutour, la chercheuse du CRCA (Centre de recherche sur la cognition animale ) travaille depuis longtemps sur ce petit organisme, qui fait tomber bien des barrières de la biologie.
Selon elle, ils sont la preuve qu’un organisme peut très bien apprendre sans avoir de cerveau. Unicellulaire, le blob n’en possède en effet aucun, mais cette moisissure jaune parvient à “apprendre, se souvenir, transmettre des informations ou encore trouver son chemin dans un labyrinthe” raconte la chercheuse.
L’objectif de cette mission est de voir comment la microgravité présente dans l’ISS peut affecter le mode de vie de ces organismes. Réalisé en partenariat avec de nombreuses classes de collégiens et de lycéennes un peu partout en France, ces derniers disposent d’échantillons témoins, qui vont eux aussi se développer, sur Terre, durant tout le temps de l’expérience. L’objectif est de mesurer les changements notables qui se produiront durant le passage du “blob” en microgravité.
L’ISS, un laboratoire flottant
“Nous espérons pouvoir en envoyer davantage vers l’ISS lors d’une future mission, surtout s’ils s’avèrent avoir un comportement surprenant une fois dans l’espace”, a déclaré Dussutour dans le communiqué. “Pour l’instant, nous serons heureux s’ils se réveillent simplement, car nous ne savons pas comment ils réagiront à l’apesanteur”, a-t-elle ajouté.
Cette expérience autour du blob est une des nombreuses réponses à notre question initiale : que font les astronautes dans l’ISS ? La réponse se trouve un peu ici, mais aussi dans des expériences de physique des fluides, de biomédecine ou encore d’ingénierie. L’objectif est de “réaliser les mêmes expériences que sur Terre, mais sans l’impact de la gravité, pour comprendre les choses qui nous entourent sans ce filtre la” explique Olivier Sanguy, rédacteur en chef de la Cité de l’Espace à Toulouse.
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