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Twitter a-t-il collaboré avec la police lors des manifestations Black Lives Matter ?

La startup Dataminr, qui a un « l’accès privilégié » à la data de Twitter, aurait été un partenaire de renseignement et de surveillance de pointe pour la police américaine.

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© Presse-citron.net

Coup de théâtre sur l’affaire des réseaux sociaux et du mouvement Black Lives Matter. La très controversée entreprise d’intelligence artificielle Dataminr, qui possède un accès privilégié aux données de Twitter, aurait travaillé avec les polices des différents états américains pour renforcer la surveillance et la prédiction des événements de juin dernier, à la suite de la mort de George Floyd.

L’entreprise qui est évaluée à plus de 1,8 milliard de dollars, est un véritable média en lui-même, tant il est en train de devenir une plateforme de taille pour avertir les rédactions des événements importants se déroulant dans le monde, presque en temps réel. Son travail à travers des outils d’intelligence artificielle, consiste à tracker les moindres tweets informant d’une situation anormale dans le monde. En revanche, sa clientèle restait jusqu’alors très secrète.

En parallèle au monde journalistique, les clients de Dataminr seraient également présents au sein des autorités publiques. Un rapport assez flou, mais qui vient d’être mis sous les feux des projecteurs dans un travail d’investigation du média The Intercept, déclare que « Dataminr a relayé des tweets et d’autres contenus de médias sociaux sur les manifestations de George Floyd et Black Lives Matter directement à la police ».

Pourtant, selon le contrat entre la startup et Twitter, il est formellement indiqué que les développeurs du logiciel sont interdits « de suivre, d’alerter ou de surveiller des événements sensibles (tels que des manifestations, des rassemblements ou des réunions d’organisation de la communauté) » par le biais de la data de Twitter.

De la surveillance plus que des alertes pour les médias

Pour en venir à ses révélations, The Intercept explique avoir mené son étude sur la base d’entretiens et de documents des entreprises. Le constat est le suivant : plutôt que de ne faire qu’alerter, Dataminr opère bien une activité de surveillance pour les forces de l’ordre. Le travail de la startup permettrait en temps réel de donner des informations sur les mouvements en cours, mais aussi de faire des prédictions sur les événements futurs, ce qui est ni plus ni moins que de la surveillance pour aider la police à se déployer aux bons endroits en avance.

« Il est vrai que Dataminr ne suit pas spécifiquement les manifestants et les militants individuellement, mais à la demande de la police, ils suivent les manifestations, et donc les manifestants », expliquait une source à The Intercept, sur la question de la violation de la vie privée dans un tel scénario. Selon ce même individu au courant de la situation, les différentes polices (dont celle de New York City, de Los Angeles, de Chicago et de l’État de Louisiane) seraient « certains des plus gros clients de Dataminr ».

Retournement de situation

Le scandale suite à la mort de George Floyd qui a popularisé le slogan et le mouvement « Black Lives Matter », a été suivi de près par les réseaux sociaux. L’actualité a même amené les différentes plateformes au centre d’une affaire, avec d’un côté Twitter figurant comme les grands défenseurs du mouvement (en plus d’avoir rapidement pris position sur des propos de Donald Trump relatif à la situation), et Facebook, visiblement très laxiste sur les événements et les conséquences politiques.

Avec de telles révélations pour Dataminr, le réseau social à l’oiseau bleu pourrait avoir des ennuis. Son étroite collaboration, qui est indispensable au personnel de la startup tant elle se base presque exclusivement sur sa data, pourrait la mettre dans la tourmente.

Twitter pourrait rapidement être rapproché du dossier, tant il a toujours décrit l’activité de Dataminr comme une source d’alertes informatives, et non de source de renseignement. Une différence majeure coule pourtant entre les deux. Les premiers dossiers d’une collaboration douteuse remontent à 2016, et il serait difficile à croire que le réseau social ne serait pas au courant de l’activité de son « partenaire officiel », qui plus est détenteur d’un « accès privilégié » à ses données.

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