Les discussions pour le vote du projet de loi budgétaire 2026 s’annoncent très animées au parlement français. Le Premier ministre François Bayrou sait qu’il risque la censure et il s’évertue depuis quelques mois à communiquer pour tenter de conjurer le sort. Alors qu’il souhaite trouver 40 milliards d’euros d’économie dès l’an prochain, l’Exécutif marche sur des œufs.
Plus d’impôts ? Oui, mais non, mais oui
🔴 Vers une augmentation d'impôts ? « Non, pas principalement » répond François Bayrou qui « ne crois pas que ce soit par l'impôt que l'on résout des problèmes de cet ordre »
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— LCI (@LCI) July 10, 2025
La question d’une possible hausse des Impôts a donc logiquement été posée à François Bayrou lors de son passage chez LCI. Sa réponse est trop alambiquée pour être claire. Il a notamment répliqué « Non, pas principalement ». Ce qui ressemble quelque peu à un oui. Il a ensuite précisé sa pensée en affirmant qu’il pourrait « y avoir ici ou là des efforts particuliers », ce qui semble encore moins limpide que sa réponse initiale et même assez effrayant si on a trop d’imagination.
Voulant visiblement rassurer après ses phrases tarabiscotées, il a souligné que la réduction du déficit se fera « par la baisse de la dépense publique ». « Si la prospérité venait des impôts, puisque nous avons les impôts les plus importants du monde, nous serions les plus riches du monde », a poursuivi le maire de Pau.
Le Premier ministre a enchaîné son argumentation en indiquant au sujet des 40 milliards d’économies souhaités par le gouvernement : « Je veux que tout le monde participe ». Il ne souhaite ainsi pas « qu’il y ait des catégories ciblées et d’autres qui ne le sont pas », mais « avec un effort de justice qu’il va falloir évidemment mettre en place ». Une déclaration qui pourrait remporter le championnat du monde du flou, si cette compétition venait à être lancée.
Les niches fiscales vont-elles être rabotées ?
Pour trouver des économies, le gouvernement pourrait notamment choisir de s’attaquer à certaines niches fiscales. Il est ainsi question de remettre en cause celle concernant l’emploi d’une personne à son domicile.
Plus récemment un rapport explosif a été remis au gouvernement. Il concerne la défiscalisation des dons aux associations. Les auteurs estiment que « le régime fiscal français apparaît particulièrement avantageux comparativement aux autres pays examinés par la mission ».
Pour réduire les dépenses, le texte propose notamment de limiter l’avantage fiscal lié à l’impôt sur le revenu à 2 000 euros par foyer, ce qui toucherait surtout les ménages les plus aisés. Il suggère aussi de réduire les réductions d’impôt pour les donateurs soumis à l’IFI, en abaissant le taux de 75% à 50% et en fixant un plafond à 20 000 euros au lieu de 50 000 euros. Ces mesures permettraient d’économiser entre 430 millions et un milliard d’euros selon les scénarios.
Cela dit, cette idée est déjà décriée et suscite la colère de nombreuses associations dont les recettes sont dépendantes des dons des contribuables.
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