Entre la redistribution des cartes dans le secteur de l’énergie au niveau mondial et la volonté de la France de se réindustrialiser, renforcer les interfaces portuaires du pays devient de plus en plus urgent. Selon le dernier rapport de l’UNCTAD (la conférence des nations unies sur le commerce et le développement) en 2022, 80% du commerce international de marchandise dépendait du transport maritime.
Une proportion qui devrait mécaniquement se renforcer à cause de la guerre en Ukraine et de ses conséquences sur l’approvisionnement en pétrole et gaz. Le vent tourne en effet vers un commerce de plus en plus éloigné de la Russie, qui était jusqu’avant la guerre principal fournisseur en énergies fossiles, principalement via un réseau de pipelines. Faute d’infrastructures permanentes, l’acheminement en gaz et en pétrole passe donc de plus en plus par bateau.
Le nouveau “Grand Port de Marseille-Lyon” renforce la France sur la carte énergétique mondiale
Décharger et raffiner plus de gaz et de pétrole implique par ailleurs de construire des interfaces adaptées. Autant de raisons derrière le lancement du CIE HAROPA Port en 2012, et de l’annonce aujourd’hui de l’établissement d’un “Grand Port Marseille-Lyon” sur le même modèle. Concrètement, HAROPA est ainsi devenu un complexe portuaire unique sur la scène, composé des ports du Havre, de Rouen et de Paris.
Une manière de gérer et coordonner plus efficacement l’hinterland de cette interface. Le nouveau “Grand Port” que le président Emmanuel Macron veut former sur le Rhône entre Marseille et Lyon doit permettre à la zone de devenir l’un des plus grands centres import/export d’hydrogène, entre autres.
Il permettra de maximiser les débouchés du pipeline de transport d’hydrogène qui doit être construit entre Barcelone et Marseille et dont l’ouverture est programmée en 2030 : “Marseille est une porte d’entrée naturelle, par sa position géographique et par la présence de ses industries tournées vers l’avenir. Il faut aussi qu’on fasse, là encore pour des questions de cohérence énergétique et industrielle, ce Grand Port qui aille de Marseille à Lyon”, explique le Président de la République, cité par Capital.
Le président ajoute : “les énergies, les marchandises vers la vallée de la chimie, au sud de Lyon, et permettra aussi de connecter l’Allemagne et son cœur de production […] L’idée est d’intégrer le transport de marchandises et d’énergies, le tourisme et le développement industriel”. Nos confrères de Capital relèvent au passage que l’ancien ministre de l’Intérieur Christophe Castaner vient d’être élu président du conseil de surveillance du port de Marseille-Fos – ce qui devrait faciliter le regroupement souhaité par le gouvernement.
Le port de Lyon est une interface majeure dans le coeur du territoire. Il propose deux terminaux à conteneurs et un terminal à colis lourd, 7 km de voies d’eau dont deux quais publics, 23 km de voies ferrées pour faciliter le transvasement puis le transport des marchandises et une zone d’activités qui regroupe plus de 70 entreprises.
Mais le Rhone compte aussi déjà nombre d’autres ports sur son parcours : le port de Loire Saint-Romain, presque aussi vaste que celui de Lyon, le port de Andance, le port de Saint-Vallier, les port de Bourg-lès-Valence et Portes-lès-Valence, le port de Le Pouzin, de Caderousse, de Tarascon et d’Arles pour citer ceux de plus de 3 hectares.
Le grand port maritime de Marseille complète l’interface. C’est de loin le plus grand de la zone, avec un trafic de plus de 2,46 millions de passagers, et plus d’un million de conteneurs par an. En 2015 il s’agissait même du 3e port mondial pour les hydrocarbures.
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Macron [Présiroi] vole de projet ahuri en projet ahuri…n’importe quoi.
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Faire voguer les énergies produis ailleurs, pour les acheminer ailleurs.
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