Si l’on schématise au maximum le monde des semi-conducteurs, on peut dire que plus la gravure sur un processeur est fine, plus il contient de transistors, et donc plus il est puissant et efficace. Si les gravures les plus fines sont aujourd’hui de l’ordre de 2 nm, IBM affirme aujourd’hui avoir franchi une nouvelle étape avec une gravure à moins d’un nanomètre.
L’annonce a été faite lors du symposium VLSI 2026. La puce conçue par IBM est gravée à 0,7 nm (7 angströms). De fait, sur un processeur de la taille d’un ongle, on peut placer jusqu’à 100 milliards de transistors, soit deux fois plus que sur une puce gravée en 2 nm. Une prouesse physiquement quasi impossible (la gravure est si fine que les électrons passent librement d’un transistor à l’autre) que le constructeur est parvenu à réaliser grâce à une technologie baptisée Nanostack. Pour simplifier, les transistors ne sont plus placés uniquement à plat, mais sont empilés sur la puce, comme l’a expliqué Jay Gambetta d’IBM :
« Il ne s’agit pas d’une simple évolution, mais d’un véritable bond en avant. (…) La puissance de calcul augmentera considérablement sans augmentation correspondante de la consommation d’énergie. »
Une puce avant tout conçue pour les centres de données dédiés à l’IA. Elle est 50 % plus puissante qu’une puce gravée en 2 nm et consomme 70 % d’énergie en moins. Bref, une révolution.
IBM voit loin dans le futur
Moins d’un nanomètre, et après ? Pour le moment, cette puce n’est encore qu’à l’état de prototype, mais IBM prévoit une mise en production à des fins commerciales dans les cinq prochaines années. Plus encore, la société envisage de perfectionner la technologie Nanostack afin de réduire davantage la finesse de gravure. Le chiffre de 0,1 nm a par exemple été avancé pour l’horizon 2040.
IBM affirme continuer à développer son offre actuelle en 2 nm, notamment en partenariat avec TSMC. Si la firme américaine ne fabrique pas de puces destinées au grand public, ses avancées sur l’empilement des transistors devraient profiter à toute l’industrie, comme l’affirme Huiming Bu, vice-président de la R&D chez IBM, cité par Ars Technica :
« Cette technologie remplacera les nanofeuilles comme technologie dominante chez les principaux fondeurs, qu’il s’agisse de processeurs ou de cartes graphiques. D’ici une décennie, elle deviendra une autre technologie dominante que nous aurons inventée et contribué à faire adopter dans l’industrie. »
La révolution est donc en marche.
- IBM a développé une puce gravée à moins d’un nanomètre.
- Cette avancée technologique pourrait révolutionner le secteur.
- La conception de cette puce marque un véritable bond en avant dans l’innovation.
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