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1 000 milliards de dollars : l’Europe tient son tout premier géant de la tech, toute l’industrie en dépend

Porté par le boom de l’intelligence artificielle, le géant néerlandais s’apprête à franchir un cap historique encore jamais atteint par une entreprise européenne. Découvrez le secret de cette société sans laquelle la tech mondiale ne pourrait plus tourner.

C’est un cap symbolique qu’aucune entreprise européenne n’a encore jamais franchi. Porté par l’explosion de l’intelligence artificielle (IA), le néerlandais ASML se rapproche à grands pas du seuil mythique des 1 000 milliards de dollars de valorisation boursière. Une trajectoire impressionnante pour un groupe discret qui a atteint les 500 milliards il y a quelques mois seulement.

Car, après des résultats trimestriels particulièrement solides, plusieurs analystes financiers estiment désormais que l’action pourrait grimper jusqu’à 2 600 dollars, la valeur exacte nécessaire pour atteindre ce cap historique. En cause, le précieux matériel qu’elle confectionne, essentiel à la fabrication de processeurs de pointe, qui eux-mêmes font tourner l’IA.

Une technologie unique qui verrouille le marché

Fondée en 1984 sous le nom d’ASM Lithography, elle est née d’une coentreprise entre le géant de l’électronique Philips et le fabricant d’équipements ASM International. À ses débuts installée dans des locaux de fortune à Veldhoven, aux Pays-Bas, la petite société peine à s’imposer face aux géants japonais Nikon et Canon qui dominent alors le secteur.

Son destin bascule au tournant des années 2000 grâce à un pari audacieux : investir massivement dans la recherche sur la lithographie par ultraviolets extrêmes, une technologie jugée à l’époque presque impossible à industrialiser. Devenue totalement indépendante et introduite en Bourse en 1995, ASML a transformé ce pari technologique en un monopole absolu.

Aujourd’hui, ses machines de lithographie par ultraviolets extrêmes (EUV), de la taille d’un bus, sont les seules capables de graver les puces électroniques les plus fines et puissantes de la planète. Sans ces équipements, impossible pour des fondeurs comme TSMC, Samsung ou Intel de fabriquer les composants de dernière génération. Ceux-là mêmes qui équipent ensuite les puces de NVIDIA ou Apple. En conséquence, le carnet de commandes d’ASML pour ses systèmes phares est déjà presque saturé jusqu’en 2027.

La société bénéficie également d’un cycle de modernisation, alors que les fabricants de puces mémoire basculent eux aussi vers ses machines EUV, plus chères et plus rentables.

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© Sundry Photography / Shutterstock.com

Quelques obstacles sur la route du billion

La trajectoire reste toutefois semée d’embûches. Pour maintenir ce cap vertigineux, ASML dépend largement des investissements colossaux insufflés par les géants de la tech, comme Google ou Amazon, dans leurs centres de données. Le moindre essoufflement ou coup de frein dans les dépenses liées à l’IA pourrait immédiatement peser sur ses résultats.

À cela s’ajoutent des tensions géopolitiques grandissantes. Sous la pression de Washington, qui cherche à restreindre les capacités technologiques de la Chine, ASML fait face à des contrôles renforcés sur ses exportations. La mise en place de nouvelles régulations américaines pourrait priver le groupe néerlandais d’une partie importante de ses ventes sur le marché chinois.

  • Le géant néerlandais ASML pourrait devenir la toute première entreprise européenne à franchir la barre des 1 000 milliards de dollars de valorisation boursière.
  • Porté par le boom de l’intelligence artificielle, le groupe détient un monopole mondial sur les machines EUV, indispensables pour fabriquer les puces les plus avancées.
  • Sa trajectoire historique reste toutefois soumise aux tensions géopolitiques avec la Chine et au maintien des investissements massifs des géants de la tech.

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