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4 choses à savoir sur Micron, qui vient de rejoindre le cercle très fermé des entreprises valorisées à plus de 1 000 milliards$

Une entreprise née au fin fond des États-Unis dans les années 70
vient d’exploser en Bourse et pèse désormais plus de 1 000 milliards de dollars. Découvrez l’histoire et les secrets de Micron, le leader américain de la mémoire qui surfe sur la vague de l’IA.

L’action a explosé de près de 19 % en une seule séance : le fabricant américain de puces mémoire Micron vient de franchir pour la première fois de son histoire la barre symbolique des 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Propulsé par une note d’analyse historique de la banque UBS, le groupe intègre le club ultra-privé des géants de la tech mondiale. Une consécration pour ce titan de l’ombre dont le grand public utilise pourtant les technologies au quotidien sans toujours le savoir.

Cette envolée spectaculaire fait entrer Micron dans le top 10 des plus grosses entreprises américaines, doublant des institutions comme Walmart ou Eli Lilly. Si l’intelligence artificielle est le moteur évident de cette hausse, les processeurs de NVIDIA ayant un besoin vital des technologies de Micron pour fonctionner, cette valorisation récompense une solidité industrielle construite sur près de 50 ans.

Une success-story née au fin fond de l’Amérique rurale

Quand on pense aux géants des semi-conducteurs, on imagine les campus futuristes de la Silicon Valley ou les complexes industriels de Taïwan. L’histoire de Micron, elle, commence d’une manière beaucoup plus insolite. Fondée en octobre 1978 par Ward Parkinson, Joe Parkinson, Dennis Wilson et Doug Pitman, l’entreprise a poussé ses premiers cris dans le sous-sol d’un cabinet dentaire à Boise, une ville de l’Idaho plutôt connue pour ses plaines et ses cultures de pommes de terre que pour ses ingénieurs en microélectronique.

À l’origine simple cabinet de conseil en conception de circuits intégrés, la petite startup décroche son premier contrat majeur pour dessiner une puce de mémoire. Malgré l’annulation brutale du projet suite au rachat de son client, l’équipe refuse d’abandonner. Elle pivote, lève des fonds auprès de fortunes locales de l’agroalimentaire, et parvient en 1981 à commercialiser sa propre puce.

En 1984, la boîte bouscule toute l’industrie en présentant la plus petite puce de mémoire vive du monde, prouvant qu’on pouvait rivaliser avec la Californie depuis le fin fond de l’Amérique rurale.

Le survivant de la mémoire aux États-Unis

La mondialisation des semi-conducteurs a été une guerre d’usure impitoyable. Durant les années 1980 et 1990, le marché de la mémoire informatique a subi des vagues de surproduction massives, orchestrées notamment par la montée en puissance des conglomérats japonais puis sud-coréens. Face à des prix tirés vers le bas et des cycles économiques d’une violence inouïe, la quasi-totalité des fabricants américains historiques de mémoire, y compris des pionniers comme Texas Instruments ou Intel, ont jeté l’éponge pour se concentrer sur les processeurs.

Micron est l’un des seuls géants américains de mémoire informatique à avoir survécu à cette hécatombe. Sa recette : une discipline de fer sur les coûts de fabrication, des innovations pour réduire la taille des puces, et une politique d’acquisitions agressives au fil des décennies, comme le rachat crucial des activités mémoire de Texas Instruments en 1998 ou du japonais Elpida en 2013.

Aujourd’hui, elle forme le « Big Three » mondial de la mémoire aux côtés des deux ogres sud-coréens, Samsung et SK Hynix.

Action Micron
Le cours de l’action de Micron ces six derniers mois. © Capture d’écran / Presse-citron

DRAM et NAND : les deux poumons technologiques de la marque

Concrètement, Micron fabrique ce qui permet de stocker et de déplacer l’information. Son premier pilier est la DRAM (mémoire vive). C’est une mémoire ultra-rapide mais volatile, car elle retient les données dont l’ordinateur ou le smartphone a besoin à la milliseconde près pour faire tourner une application, mais tout s’efface dès qu’on éteint l’appareil. C’est d’ailleurs l’évolution de cette technologie, la HBM, ou mémoire à haute bande passante, qui s’arrache à prix d’or pour les serveurs d’IA.

Son second pilier est la mémoire NAND (mémoire flash). Contrairement à la DRAM, elle est non volatile et conserve les données même sans électricité. C’est la technologie que l’on retrouve dans les disques durs SSD de nos ordinateurs, de nos consoles de salon, ou dans les puces de stockage de nos téléphones. Micron s’est illustrée ces dernières années en empilant les couches de cellules les unes sur les autres comme les étages d’un gratte-ciel, devenant l’une des premières entreprises au monde à dépasser les 230 couches pour maximiser l’espace de stockage.

Le sacrifice de Crucial, sa marque grand public historique

Si le nom de Micron parle surtout aux investisseurs et aux ingénieurs, l’entreprise a longtemps touché directement les consommateurs du monde entier à travers sa filiale grand public la plus célèbre : Crucial.

Créée pour vendre directement les puces Micron aux particuliers, Crucial était devenue une référence absolue pour les technophiles, les gamers et les professionnels cherchant à booster les performances de leurs machines en y installant des barrettes de RAM ou des disques SSD réputés pour leur fiabilité.

Pourtant, dans une stratégie de concentration maximale sur le marché ultra-rentable des centres de données d’intelligence artificielle, Micron a pris la décision récente de sacrifier sa marque fétiche. Ce choix radical illustre parfaitement le virage à 180 degrés de Micron, qui préfère désormais dédier 100 % de ses usines et de ses puces de pointe aux infrastructures industrielles mondiales.

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