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Un vrai carnage : pourquoi les studios de jeux vidéo licencient-ils autant ?

Le secteur est en pleine crise. La tendance est-elle durable ou passagère ?

Plus de 10 000 licenciements en 2023, 6000 depuis le mois de janvier, l’industrie du jeu vidéo traverse une crise qui met les nerfs des employés concernés à rude épreuve. Les salariés guettent ainsi fébrilement les annonces en espérant passer entre les gouttes dans un climat d’anxiété quasi généralisé.

Pourquoi les studios licencient à tour de bras ?

Mais que se passe-t-il vraiment dans ce secteur ? La version répétée en boucle par les dirigeants des gros studios est assez claire : ils ont trop recruté pendant la pandémie de Covid. Alors que les revenus ralentissent, il ne s’agirait donc que d’un rééquilibrage douloureux pour le personnel concerné, mais passager.

Ce n’est pourtant qu’une partie de l’explication. Dans une enquête passionnante, notre consœur d’IGN, Rebekah Valentine, a interrogé plus de 40 développeurs appartenant à des entreprises touchées par ces suppressions de poste.

Beaucoup insistent sur le fait que les soucis viennent souvent de mauvaises décisions prises par leurs dirigeants. Ces derniers n’hésitant pas à faire payer les pots cassés à leurs collaborateurs qui n’en sont pourtant pas responsables.

L’article cite ainsi le cas du géant suédois Embracer Group qui s’est lancé dans une vaste politique d’acquisition de studios au cours de ces dernières années. La taille de la compagnie est devenue insoutenable, et, lorsque la pandémie a pris fin et que la croissance des revenus s’est ralentie, faire fonctionner l’ensemble de ces structures sans couper dans la masse salariale n’était plus envisageable.

Certains chefs d’entreprise ont aussi décidé de miser sur des technologies qui n’ont pas réussi à trouver leur clientèle. Un ex-salarié d’OliveX, une société qui voulait créer un métavers du fitness sur la blockchain, explique que sa direction « a parié sur les NFT et a perdu ».

D’autres dirigeants semblent s’être résolus à une baisse de qualité pour améliorer leur chiffre d’affaires. La sous-traitance devient ainsi monnaie courante, y compris au sein de structures qui n’en étaient jusque là qu’assez peu coutumières.

Des travailleurs licenciés ont ainsi eu l’horrible tâche d’automatiser leur travail afin que n’importe qui puisse assumer leur mission. L’idée étant de transférer leur emploi vers des pays à bas coût, mais où le niveau de compétence n’est pas forcément au rendez-vous.

Une crise durable ?

Enfin, et ce n’est guère réjouissant pour la suite, l’industrie du jeu vidéo semble de plus en plus structurellement fragile. Le développement des jeux est très coûteux, avec des centaines voire des milliers de salariés impliqués dans la production d’un AAA, et cela prend bien plus de temps que par le passé.

Une fois sorti, rien ne garantit le succès d’un titre dans un contexte de concurrence accru. En cas d’échec, des sociétés qui ont énormément misé sur un jeu sont souvent forcées de se séparer de tout ou partie du personnel.

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