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Une ancienne modératrice attaque YouTube

L’ex-salariée, qui dit souffrir de stress post-traumatique et de dépression, a porté plainte contre la plateforme en Californie.

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Des vidéos de décapitations, de fusillades, ou encore de pédopornographie… Les images visionnées par une ancienne modératrice de YouTube auraient fortement perturbé sa santé mentale et provoqué chez elle une dépression associée à un stress post-traumatique. Elle vient justement d’attaquer son ex-employeur auprès d’un tribunal californien.

YouTube n’aurait pas anticipé l’impact psychologique du visionnage des vidéos

Ce recours est pour l’heure individuel mais il pourrait devenir collectif si d’autres salariés décidaient de la rejoindre. Pour la représenter dans ce combat judiciaire, elle recourt aux services du cabinet d’avocats Joseph Saveri, c’est justement ce dernier qui a déposé une class action en 2018 au nom des modérateurs de contenus de Facebook. La firme de Mark Zuckerberg a finalement accepté en mai dernier de verser 52 millions de dollars aux salariés qui souffraient de troubles mentaux associés à leur travail.

Dans le détail du texte déposé devant le tribunal, il est notamment reproché à YouTube de ne pas respecter la loi californienne « en ne fournissant pas un lieu de travail sûr aux modérateurs de contenus et en ne faisant pas assez pour protéger leur santé mentale. » Ces derniers seraient constamment en sous-effectif. Le stress y serait permanent, ce qui générerait par ailleurs un taux d’erreur assez important.

Au cours de sa mission chez YouTube, qui a duré plus d’un an et demi, la plaignante affirme avoir vu des images très choquantes. Et ce d’autant plus que l’entreprise n’informerait pas assez correctement ses modérateurs de l’impact que peuvent avoir ces contenus sur leur santé mentale. Ils ont certes la possibilité de quitter leur bureau lorsque des images insoutenables sont diffusées, mais beaucoup craignent de perdre leur emploi en pareil cas. Enfin, YouTube n’aurait pas utilisé d’outils pour réduire la taille des images ou brouiller le son, ce qui pourrait limiter l’impact psychologique du visionnage sur les modérateurs.

Reste à voir la suite que choisira de donner la justice américaine à cette plainte. Elle aura en tout cas permis de mettre en lumière les conditions de travail difficiles subies par ces travailleurs de l’ombre.

Suite à la publication de l’article, YouTube nous a transmis leur réponse officielle : « Nous ne pouvons pas commenter un litige en cours. Nous avons recours à une combinaison de revue humaine et de technologies pour supprimer les contenus qui enfreignent notre règlement de la communauté YouTube, et nous nous engageons à soutenir les personnes qui accomplissent ce travail vital et nécessaire. Nous choisissons avec précaution les entreprises avec lesquelles nous collaborons, et travaillons avec eux sur des ressources complètes pour nous assurer du bien-être et de la santé mentale des modérateurs, notamment en limitant le temps passé chaque jour à réviser le contenu. »

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Par : Google LLC
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