Xerox tente un coup de poker en annonçant le rachat de son concurrent historique Lexmark pour 1,5 milliard de dollars. Cette acquisition marque un tournant stratégique pour le géant américain de l’impression qui cherche désespérément à se réinventer dans un monde de plus en plus numérique.
L’histoire pourrait presque faire sourire. Xerox, qui avait tenté en 2020 une OPA hostile de 35 milliards de dollars sur HP avant que la pandémie ne fasse capoter ses plans, se retrouve aujourd’hui avec une valorisation boursière d’à peine 1 milliard de dollars. Un déclin vertigineux qui illustre parfaitement les défis auxquels fait face l’industrie de l’impression traditionnelle.
Le rachat de Lexmark, basé à Lexington dans le Kentucky, apparaît comme une bouée de sauvetage pour Xerox. Cette fusion donnera naissance à un mastodonte servant plus de 200 000 clients dans 170 pays, s’appuyant sur un réseau de 125 installations de fabrication et de distribution réparties dans 16 pays. La nouvelle entité se positionnera parmi les cinq premiers acteurs mondiaux sur les segments de l’impression d’entrée de gamme, intermédiaire et de production.
Mariage de raison
Steve Bandrowczak, PDG de Xerox, ne cache pas ses ambitions. “En combinant nos capacités, nous serons mieux positionnés pour générer une croissance rentable à long terme” se félicite-t-il. L’entreprise prévoit de réaliser plus de 200 millions de dollars de synergies de coûts dans les deux ans suivant la finalisation de la transaction.
Xerox a le sens du timing. Lexmark, actuellement détenu par un consortium d’investisseurs chinois (Ninestar Corporation, PAG Asia Capital et Shanghai Shouda Investment Center), avait été acquis il y a huit ans pour 3,6 milliards de dollars. Sa revente à moitié prix témoigne des difficultés du secteur.
L’opération permettra notamment à Xerox de renforcer sa présence sur le marché en pleine croissance de l’impression couleur A4 et d’étendre sa présence géographique, particulièrement dans la région Asie-Pacifique. La combinaison des solutions Lexmark avec la technologie ConnectKey de Xerox promet également d’enrichir significativement l’offre de services numériques du groupe.
Le prix de la survie
Pour financer cette acquisition, Xerox devra se serrer la ceinture. Le groupe a déjà annoncé une réduction de son dividende annuel, qui passera de 1 dollar à 50 cents par action à partir du premier trimestre 2025. Une pilule difficile à avaler pour les actionnaires, mais nécessaire pour réduire l’endettement du groupe.
L’objectif est clair : faire passer le ratio d’endettement brut de 6,0 à environ 5,4 avant synergies, puis à 4,4 après réalisation des économies prévues. À moyen terme, Xerox espère même ramener ce ratio sous la barre des 3,0.
La finalisation de l’opération est prévue pour le second semestre 2025, sous réserve des approbations réglementaires habituelles et du feu vert des actionnaires de Ninestar.
- Xerox rachète Lexmark pour 1,5 milliard de dollars, créant un géant mondial de l’impression présent dans 170 pays
- L’entreprise prévoit 200 millions de dollars de synergies de coûts et réduit son dividende de moitié
- La transaction devrait être finalisée au second semestre 2025, sous réserve des approbations réglementaires
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