Une taxe sur les réseaux sociaux en Ouganda

C’est une décision du parlement ougandais qui fait du bruit. Les parlementaires du pays ont décidé d’imposer une taxe aux habitants qui voudront utiliser les réseaux sociaux. Votée le 31 mai, cette mesure vise officiellement à « éviter les potins ». C’est ce qu’a expliqué Yoweri Museveni, le dirigeant du pays.

 

L'ouganda taxe les réseaux sociaux

5 centimes d’euro par jour

Cette taxe sera de 5 centimes d’euro par jour, soit environ 1,50€ par mois pour pouvoir y accéder de façon quotidienne. En monnaie locale, cela représente 200 shillings. S’il ne s’agit pas non plus d’une somme exorbitante pour les habitants, elle pourrait toutefois peser sérieusement sur certains porte-monnaies.

En effet, sur un an, cela représente environ 16 €. Or, le pays réfléchit actuellement à instaurer un salaire minimum de 30 €. Bref, un demi-mois de salaire pour avoir un accès à Facebook toute l’année. De quoi faire réfléchir sur l’urgence de poster une photo ou de publier votre avis sur le gouvernement du pays.

Plusieurs questions en suspens

Selon plusieurs experts du pays, c’est bien là l’objectif de cette mesure, mettre une entrave à la liberté d’expression des habitants. L’autorité de régulation des communications avait déjà incité les fournisseurs à bloquer l’accès à certains médias. En 2016, c’est Yoweri Museveni lui-même qui avait bloqué l’accès aux réseaux sociaux. Durant les élections, cela avait selon lui pour but d’éviter « la propagation de mensonges ». Dans les faits, cela avait surtout poussé les habitants à investir dans des VPN.

Une inefficacité qui pourrait bien être au rendez-vous cette fois encore. Difficile à l’heure actuelle d’imaginer comment le gouvernement va surveiller l’usage des réseaux sociaux afin de savoir qui taxer. Même s’ils y arrivent, comment comptent-il prélever cette taxe ?

Là encore les détails semblent absents pour l’heure. Le plus ironique dans l’histoire, c’est sans doute que l’Ouganda fait partie des pays aidés par Facebook. En 2015, le réseau social y avait ainsi lancé Free Basics.


2 commentaires

  1. C’est drôle comme tous les chefs de gouvernements du monde sont si soucieux du bien-être des gens qu’ils veulent absolument qu’aucune »fausse nouvelle » (fake news) ne viennent les perturber.

    Les gens sont si enfantins qu’un rien les bouleverserait, pensent-ils.

    Mais… apparemment, il n’en va pas de même pour les impôts.
    Ils n’ont jamais provoqués un quelconque émoi, et encore moins au portefeuille !

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