Alors que les périodes de sécheresse sont de plus en plus fréquentes, Uravu Labs a mis au point une technique pour transformer l’humidité de l’air en eau potable « 100 % renouvelable ».
L’eau est produite à partir d’énergies renouvelables
La genèse d’Uravu Labs remonte à 2016, lorsqu’une terrible sécheresse a frappé la ville indienne de Kozhikode. En conséquence, ses résidents n’avaient accès qu’à une quantité limitée d’eau par jour. L’un d’entre eux, Swapnil Shrivastav, a décidé d’agir pour lutter contre ce fléau amené à se reproduire toujours plus fréquemment.
Aux côtés de Venkatesh Raja et Govinda Balaji, il a fondé une start-up basée dans la ville de Bangalore avec l’objectif de combattre les pénuries d’eau. Les trois comparses se sont directement inspirés de Star Wars, et plus particulièrement d’une technologie développée sur Tatooine, la planète d’origine d’Anakin Skywalker. Elle permet, grossièrement, de changer l’air en eau.
« L’air contient de l’eau équivalente à six fois toutes les rivières du monde réunies et se renouvelle naturellement tous les 8 à 10 jours », explique l’entreprise sur son site Internet. Pour l’exploiter, Uravu Labs a conçu des générateurs d’eau atmosphérique. Ces derniers contiennent un dessiccant liquide qui absorbe l’humidité présente dans l’air. Cette substance est ensuite chauffée à 65°C en utilisant l’énergie solaire ou d’électricité renouvelable (biomasse et chaleur issue d’installations industrielles), ce qui provoque la libération de l’humidité absorbée.
Celle-ci est alors condensée pour produire de l’eau potable. Selon Swapnil Shrivastav, le processus complet prend environ 12 heures, tandis que chaque unité produit environ 2 000 litres d’eau potable par jour.
Un marché voué à croître en raison du réchauffement climatique
Le but premier d’Uravu Labs est la fourniture d’eau potable aux communautés touchées par des pénuries d’eau. Pour l’heure, ce projet n’est malheureusement pas viable, car trop coûteux. La start-up commercialise tout de même son eau à 40 clients issus du secteur de l’hôtellerie, et étudie la possibilité d’utiliser un matériau différent pour absorber plus d’humidité.
Autre projet ambitieux, elle souhaite exploiter la très forte chaleur produite par des centres de données à Singapour et en Inde pour créer de l’eau. Uravu Labs prévoit également de collaborer avec des entreprises dans le cadre d’efforts de RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). Un partenariat avec des agences gouvernementales indiennes est aussi envisagé, le pays devant faire face à une recrudescence des périodes de sécheresse. Un phénomène qui se globalise en raison du réchauffement climatique.
Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), plus de 50 % de la population mondiale, soit quatre milliards de personnes, manquent d’eau au moins une fois par mois. Et la situation ne va pas en s’arrangeant : d’ici 2025, 1,8 milliard de personnes vivront dans des pays ou des régions souffrant d’une pénurie d’eau « absolue ». Les restrictions d’eau sont vouées à se multiplier.
Dans un tel contexte, les start-up comme Uravu Labs ont une carte à jouer. Le marché de la production d’eau atmosphérique devrait valoir 13,5 milliards de dollars en 2032, contre 3,4 milliards aujourd’hui, estime la firme d’analyse Global Markets Inside.
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Moi j’aurai plus vu cela comme ce que fait le peuple Fremen dans Dune sur Arrhakis.