USA : Facebook va vérifier l’identité de certains annonceurs… par courrier postal

Facebook veut se prémunir contre les tentatives d’influence « extérieure » lors des prochaines campagnes électorales. En ligne de mire, les critiques relatives au spectre de l’intervention russe durant la dernière campagne de Donald Trump…

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Facebook commencerait-il à se méfier de ses propres annonceurs… politiques ? Dans une déclaration à Reuters, rapportée par nos confrères de TechCrunch, Katie Harbath, Chef de l’équipe Politiques et relations publiques de Facebook a annoncé que l’entreprise commencerait à envoyer des « cartes » par courrier postal afin de vérifier l’authenticité des acheteurs d’annonces publicitaires liées aux élections américaines. Katie Harbath, qui a dévoilé le programme lors d’une conférence tenue par la l’Association Nationale des Secrétaires d’État ce week-end, n’ a pas révélé quand celui-ci débuterait, mais a précisé que cela se ferait avant les élections de mi-mandat du Congrès en Novembre.

Les cartes seront seulement envoyées aux personnes qui veulent acheter des publicités mentionnant des candidats candidats aux postes fédéraux, mais ne concerneront pas les publicités politiques classiques. Les annonces concernées contiendront un code que les acheteurs devront saisir afin de pouvoir vérifier qu’ils résident bien aux États-Unis. Le programme est similaire à ceux utilisés par Google My Business et Nextdoor quand il est nécessaire de vérifier les propriétaires d’entreprises ou les utilisateurs qui veulent rejoindre des groupes de voisinage fermés.

Davantage de transparence exigée des annonceurs

Selon Katie Harbath, les cartes postales « ne résoudront pas tout », mais seraient cependant la méthode la plus efficace que l’entreprise ait trouvée pour empêcher les annonceurs d’utiliser de fausses identités. En octobre, le vice-président des annonces publicitaires de Facebook, Rob Goldman, a publié un billet sur le blog officiel de Facebook disant que la plateforme avait l’intention de créer plus de transparence autour des publicités en prenant des mesures qui incluent des archives consultables d’annonces électorales fédérales et en exigeant que les annonceurs politiques prouvent leur identité.

Rappelons que Facebook, Twitter et les dirigeants de Google ont été appelés à témoigner devant le Sénat l’automne dernier sur la façon dont les Russes ont utilisé leurs plateformes pour diffuser de la désinformation destinée à influer sur l’issue de la campagne électorale présidentielle américaine de 2016. On a reproché aux entreprises de ne pas agir suffisamment en vue d’empêcher la publicité mensongère. La question s’est aggravée la semaine dernière lorsque le conseiller spécial américain Robert Mueller a remis une série d’actes d’accusation accusant treize citoyens russes et trois organisations russes, y compris une ferme de bots, d’ingérence dans les élections présidentielles par le biais, entre autres, de fausses déclarations sur les réseaux sociaux.

Cette affaire d’ingérence russe dans les élections américaines prend l’apparence d’un véritable séisme dont les secousses successives n’en finissent pas d’empoisonner la vie politique outre-Atlantique. Un séisme dont l’épicentre semble être Facebook, qui se débat depuis pour recouvrer une crédibilité fortement remise en question.

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