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3 400 tonnes de paracétamol par an : la future usine d’Ipsophène à Toulouse alerte les riverains

Toulouse donne son feu vert à l’usine de paracétamol d’Ipsophène. Elle divise, entre innovation médicale et polémique environnementale.

L’entreprise toulousaine Ipsophène vient d’obtenir l’autorisation environnementale nécessaire à la construction de son usine de production de paracétamol sur l’île du Ramier, au cœur de la ville rose. Le feu vert, officialisé par un arrêté préfectoral du 22 septembre 2025, marque une étape décisive pour ce projet industriel qui se veut à la fois innovant et durable. Mais il soulève aussi de vives inquiétudes locales.

Une autorisation délivrée sous le signe de « l’industrie verte »

Selon la préfecture de la Haute-Garonne, cette autorisation a été délivrée dans le cadre des nouvelles procédures accélérées introduites par la loi Industrie verte, après trois mois de consultation publique et plusieurs réunions d’information. Le site produira 3 400 tonnes de paracétamol par an, grâce à un procédé chimique innovant censé réduire l’impact environnemental et la dépendance française aux importations de principes actifs.

L’État soutient d’ailleurs le projet à hauteur de 3,6 millions d’euros via son grand plan France 2030, tandis que la Région Occitanie a déjà investi 4,2 millions d’euros. Objectif : relocaliser une partie de la production pharmaceutique stratégique en France.

Des habitants peu enthousiastes

Mais l’enthousiasme institutionnel ne convainc pas tout le monde. Lors de l’enquête sur la viabilité d’un tel projet, le commissaire a jugé l’ensemble « globalement cohérent » tout en pointant plusieurs défauts potentiels du doigt. Il s’inquiète de la proximité immédiate du site avec une autre installation classée Seveso, ArianeGroup. Autre point qui pose question, la circulation des matières dangereuses. Les voies d’accès ont ainsi été jugées « contraignantes » par le rapport.

Enfin, il existe une incompatibilité de fait entre la conception de cette usine et la volonté de la municipalité actuelle. Cette dernière veut faire de l’île du Ramier un « espace de loisirs et de nature ». Une ambition difficile à défendre avec une usine à paracétamol au milieu du paysage. Les habitants sont d’ailleurs les premiers à questionner ce projet. Ils demandent plus de transparence, notamment sur la gestion des déchets ou des risques sur le long terme. Dans une ville encore profondément marquée par l’accident d’AZF, en septembre 2001, aucun risque ne doit être pris.

De son côté l’entreprise Ipsophène défend un nouveau procédé de conception « éco conçu ». Elle assure que la conception de cette usine sera « une grande première » permettant d’autres lancements similaires.

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Par : Gouvernement français
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