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Voici pourquoi l’indice de réparabilité est un échec total (pour l’instant)

L’UFC-Que Choisir pointe dans un communiqué les raisons pour lesquels l’indice de réparabilité, loin d’avoir atteint ses promesses, sert surtout pour l’instant à flatter les marques. L’association exhorte le gouvernement à réformer cet indice.

Il promettait pourtant d’aider le consommateur à acheter des produits plus durables. Près d’un an après sa mise en place, le constat est sans appel : l’indice de réparabilité est pour l’heure un véritable échec. Alors que seulement 16 millions d’appareils de gros électroménager sont réparés chaque année, le nouveau macaron coloré et sa note sur 10 doit en théorie être affiché obligatoirement sur cinq catégories de produits : les lave-linges, les ordinateurs portables, les smartphones, les téléviseurs et les tondeuses.

L’indice doit à terme être étendu à d’autres catégories et devrait se doter de nouveaux critères de notation pour devenir un “indice de durabilité” à partir de 2024. Avec l’espoir de servir de modèle pour un indice affiché sur les produits vendus dans toute l’Union Européenne. Or, on est encore très loin du compte. Comme le montre l’analyse par Que Choisir de 330 produits et 9 sites de vente en ligne, “l’indice de réparabilité […] est, en l’état, loin de constituer une information pertinente”.

Que Choisir demande une réforme en profondeur de l’indice

Ce n’est d’ailleurs pas une surprise : dès l’arrivée des premières notes par de grands constructeurs, comme Samsung, et Apple, on constatait déjà des scores assez étonnants. Et nous nous rappelons que nous nous demandions déjà, à l’époque, comment cette note pouvait vraiment aider à choisir entre deux produits sur la question de la réparabilité (et de sa durabilité). La note du macaron agrège en réalité 5 notes : documentation, facilité de démontage, disponibilité des pièces détachées, leur prix et un critère spécifique à la famille de produit.

Or, comme le relève l’association de consommateurs “chaque critère pèse curieusement le même poids dans la note finale, au détriment de critères déterminants tels que la disponibilité des pièces détachées”. Que Choisir note ainsi que les smartphones et les téléviseurs sont les catégories de produit dans lesquelles les pièces détachées sont les plus difficiles à obtenir – alors même que l’indice de réparabilité de ces famille atteint des scores qui tournent autour de 7/10.

Selon Que Choisir, cet indice ne sert, en l’état qu’à délivrer aux marques un “satisfecit artificiel sur la réparabilité de leurs produits” – la mesure offre à ces derniers “sur un plateau des points pour des critères mineurs, ou alors très largement déjà appliqués (possibilité de réinitialiser le logiciel pour les ordinateurs portables, par exemple)”. Et l’association d’ajouter que la loi permet même aux fabricants de gonfler la note… avec des critères qui ne font que reprendre des obligations légales qui s’appliquaient déjà avant l’arrivée de l’indice.

L’indice semble surtout brosser les marques dans le sens du poil

Or, pour ne rien arranger, l’association de consommateurs relève que les grandes enseignes et sites de vente en ligne n’affichent même pas tous le fameux indice pourtant inscrit dans la Loi. “Comment s’en étonner”, relève Que Choisir, “alors que les contrôles officiels pour vérifier le bon respect de la loi ne débuteront qu’à partir du 1er janvier 2022 ?”. Par ailleurs, même lorsque l’indice est bien affiché, le détail de la grille de calcul n’est pas forcément toujours disponible ou facile d’accès.

L’association a eu beau contacter directement les marques pour obtenir le détail de leur grille de notation lorsqu’elle n’était pas disponible, ils ont pu consulter le détail dans seulement 10% des cas. C’est pourquoi Que Choisir est très remonté contre cette indice, et demande au gouvernement de revoir la manière dont il est construit “pour qu’il reflète réellement l’aptitude d’un produit à être réparé”. Enfin, Que Choisir souhaite que la Loi impose aux vendeurs la mise à disposition directe de la grille de notation.

Lire aussi – En 2020, le gouvernement met en place un « indice de réparabilité » pour les appareils électroniques et électroménagers

Avez-vous déjà utilisé les indices de réparabilité pour acheter un produit ? Qu’en avez-vous pensé ? Partagez votre avis dans les commentaires.

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