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Votre facture d’énergie va-t-elle encore augmenter en 2023 ?

La situation se détend un peu sur le marché de l’énergie cet hiver, mais les difficultés persistent, et s’accompagnent de profonds changements dans l’approvisionnement et la sécurité de l’approvisionnement en énergie. Du coup, faut-il s’attendre à des hausses de prix en 2023 ?

Nos confrères du Figaro ont demandé à Jacques Percebois, professeur émérite à l’Université de Montpellier et directeur du Centre de recherche en économie et droit de l’énergie, si la redistribution des cartes et prise de conscience actuelle dans le secteur de l’énergie allait provoquer des augmentations de prix en 2023.

On commence par une mauvaise nouvelle en la matière : les dispositifs d’endiguement conçus pour limiter la flambée des factures d’énergie, comme le bouclier tarifaire sur l’électricité, vont être allégés en 2023. Le bouclier tarifaire limitait la hausse du prix réglementé de l’électricité à 4% (alors que les prix ont eux grimpé de 35%). La hausse des tarifs sera plutôt limitée à 15% dans le courant de l’année prochaine.

Prix de l’énergie : le pire n’est peut-être pas certain en 2023

Avant que le dispositif ne soit totalement désactivé au tournant du mois de juin. A cette période il faudra par ailleurs constituer les stocks de gaz nécessaires pour passer l’hiver 2023/2024 ce qui pourrait provoquer de nouvelles tensions sur les cours. Il y a toutefois des signes plutôt positifs. Le prix du gaz baisse dans l’ensemble sur le marché de gros. Si cela continue au même rythme, il est possible que la facture n’augmente pas vraiment à la disparition du fameux bouclier.

Le prix du gaz module en partie le prix de l’électricité, surtout en ce moment. Ce qui signifie que l’effet global du contexte actuel sur le budget énergétique des ménages pourrait s’avérer assez limité, dans le meilleur des scénarios. Mais des réformes importantes seront nécessaires sur le marché européen de l’énergie. Au risque de se retrouver dans une situation trop défavorable face à des acteurs externes, comme les Etats-Unis.

En outre, l’expert estime qu’une partie de l’équation dépend du retour progressif de la disponibilité du parc nucléaire français. Il faut que la production retrouve un niveau élevé qui serait à même de réduire la facture finale d’électricité. Toutefois, pour l’heure, les remises en service de réacteurs en opération de maintenance prennent du retard.

Par exemple l’expert cite Flamanville 1 dont la remise en service devrait avoir lieu en janvier au lieu de courant décembre, Ou le réacteur Penly 1 dont la remise en service aura lieu en mars plutôt que janvier. Une remise en service totale permettrait de faire baisser les prix de gros de l’électricité en France et en Europe.

Celle-ci n’interviendra sans doute pas avant la fin de l’hiver, mais le gestionnaire des centrales pourrait tenir ses objectifs à temps pour l’automne prochain. Deux autres éléments pourraient toutefois perturber les tarifs du marché. D’abord la demande chinoise, pour l’instant en berne, qui pourrait toutefois si elle démarrait, faire flamber la demande en gaz, notamment.

Ensuite les efforts de sobriété des français ont un effet significatif sur la consommation. L’expert note : “La hausse des prix de l’énergie a conduit à une destruction de la demande à court terme. Les consommations d’électricité et de gaz ont respectivement baissé de 10% et 20%. Mais ces diminutions impliquent en creux une diminution forcée de l’activité économique”.

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