Avez-vous déjà essayé de prendre une photo du Soleil ? Ou même de le regarder directement ? Sans matériel de protection adapté, sa lumière vous brûle la rétine en quelques instants. Alors imaginez maintenant parcourir 75 millions de kilomètres pour vous rapprocher du Soleil. Vous avez doublé Vénus en chemin. Vous êtes proche de Mercure.
Les rayons du Soleil sont d’une intensité folle. Malgré tout, pendant plus de 4 heures, vous enchaînez les clichés pour faire la plus belle image possible du Soleil. Tout cela, la sonde européenne Solar Orbiter vient de le faire. Le 9 mars dernier, elle a capturé 200 images de l’astre du jour. À 70 millions de kilomètres seulement de sa surface.
Le rendu final est juste dingue. Une image de 12 544 x 12 544 pixels avec le Soleil, trônant majestueusement au centre. Outre la beauté évidente d’un tel cliché, cette image nous permet d’en apprendre un peu plus sur le centre de notre système solaire.
Tâches solaires et plasma
Sur le bas de l’image, on peut notamment voir une “ligne noire”. Il s’agit en réalité d’un plasma particulier, plus dense que les autres. Il doit sa couleur à sa température, relativement basse (10 000°C tout de même). Ce matériau particulier absorbe la lumière émise en dessous.
Si nous avions eu cette même image mais de côté, nous aurions vu des proéminences. Elles s’étalent sur plusieurs milliers de kilomètres, pendant des jours, voire des mois. Juste au-dessus de cette ligne, sur le flan droit du Soleil, on peut observer des “tâches solaires”.
Ces régions très actives sont responsables des éruptions et autres éjections de masses corolaires. Quand elles foncent droit vers la Terre, elles créent des aurores boréales. C’est donc grâce à elles, que 75 millions de kilomètres plus loin, aux frontières du cercle polaire arctique, des milliers de touristes profitent d’un spectacle haut en couleur, littéralement.
Une image … invisible
Si ce cliché est magnifique, permettant de découvrir les moindres détails du Soleil, elle est en réalité, qu’un immense montage. En effet, l’ESA a utilisé une longueur d’onde très particulière pour observer le Soleil avec sa sonde : 17.4 nanomètres. À cette fréquence, on parle de rayonnement ultraviolet extrême. Ils sont invisibles à l’oeil nu.
Autrement dit, si vous étiez à la place de Solar Orbiter le 9 mars dernier, vous n’auriez rien vu de tout cela. L’image prise par la sonde est imperceptible pour nos yeux humains. Nous ne sommes capables de voir la lumière qu’entre 495 et 555 nanomètres. Au sein de ce tout petit intervalle, toutes les nuances de toutes les couleurs sont visibles. Le reste de l’Univers, allant en-dessous ou au-dessus de ces valeurs, ne sont pas visibles pour nous.
Vous pouvez en apprendre d’avantage et observez le Soleil en haute définition depuis le site de l’ESA ici.
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