L’AR.Drone de Parrot, que j’avais eu la chance de tester en janvier dernier au CES de Las Vegas où il était présenté en première mondiale, semble susciter, malgré son prix relativement élevé, un de ces engouements dont seuls les geeks et autres gadgetophiles ont le secret.

Quelques indices ne trompent pas, et je ne serais pas étonné que l’objet soit non seulement un succès commercial, mais devienne également culte dans le cÅ“ur des technophiles.

ardrone 7 indices qui montrent que lAR.Drone de Parrot va devenir culte auprès des geeks

Ceci n’est pas une étude ethno-sociologique ni une énième liste pour faire du buzz, mais une tentative de recensement des éléments qui font qu’un jour un objet dépasse un peu son statut de simple chose pour acquérir ce petit supplément d’âme qui le fera plus tard figurer au Panthéon des geeks. Cette petite analyse pourrait donc ensuite s’appliquer à d’autres phénomènes. Elle aurait d’ailleurs pu s’intituler tout simplement « 10 indices qui montrent qu’un objet va devenir culte ». Mais comme l’AR.Drone [1] est dans l’actualité, disons que c’est lui qui m’a inspiré ce billet.

Allons-y, donc.

1. Les geeks adorent les machins qui volent, qui filment et qui tiennent (presque) dans la main. Il y a eu le PicooZ, et il y aura bientôt le Hawk Eye RC Chopper. Des cartons passés ou à venir. l’Ar.Drone s’inscrit pile dans cette lignée. Un truc de garçon, quoi (pour espionner les filles ?).

2. De nombreux blogs high-tech en ont parlé avant sa sortie, et en parlent encore plus maintenant qu’il est sorti. Même Presse-citron s’est fendu d’un billet béat, alors qu’ici nous ne sommes pas dans un blog sur les jouets radio-commandés n’est-ce pas ?

3. Plusieurs blogueurs ont déjà acheté l’engin, et publient les vidéos de leurs premiers vols (et de leurs premiers crash à 290 euros) sur Ioutoube. Même quand le geek blogueur n’est pas riche, il a un iPhone et un AR.Drone. Ce qui tombe assez bien puisqu’il a besoin du premier pour piloter le deuxième. Roger, mayday, tout ça.

4. L’AR.Drone semble être doté d’un potentiel de bidouillabilité assez élevé. Autrement dit il semblerait que l’on puisse le hacker, le trafiquer, le tuner bref le modifier. Et ça putain, le geek aime plus que tout. D’ici qu’il adapte l’AR.Drone pour faire voler son chat ou larguer des boules puantes en frappes chirurgicales dans les locaux d’HADOPI, il n’y a pas loin, je vous le dis. Aux abris.

5. L’AR.Drone est fabriqué par une boîte française que tout le monde croit américaine (et qui est déjà connue pour d’autres geekeries). Ce qui représente un énorme avantage lié à la double-nationalité : mine de rien le geek est cocardier et aime le made in France, mais laisse toujours traîner un Å“il de l’autre côté de l’Atlantique car c’est là que ça se passe quand même hein. Du coup, bingo pour Parrot. Crédibilité. alaouaneugaine.

6. Il y a déjà des blogs dédiés à l’AR.Drone. Et ça c’est un signe qui ne trompe pas (même si je ne retrouve pas l’url qu’on m’avait indiquée, z’ont quà être mieux référencés aussi). Quand un objet devient un sujet de blog de niche c’est généralement que l’auteur sent qu’il y va y avoir du monde et des choses à dire. Bref, une co-mmu-nau-té, et le bon trafic qui va avec, ce qui permettra d’afficher des pubs qui permettront de bidouiller l’engin (voir paragraphe 4). Les premiers trolls ne devraient pas tarder, après. Je sens déjà l’odeur du sang sur les WordPress et le fumet des PunBB chauffés à blanc…

7. Il y a déjà des blogs qui font des listes à la con du style « 7 indices qui montrent que l’AR.Drone de Parrot va devenir culte auprès des geeks« . Et quand les blogs font des listes…

On pourrait aussi mentionner la possibilité de jouer en réseau en réalité augmentée avec plusieurs appareils (un vrai hameçon à geek) et d’autres subtilités comme le site mobile dédié, mais j’avais envie de faire une liste en 7 points, c’est comme ça.

Alors, succès commercial ? Objet culte qui rejoindra le musée du geek ? Les deux ? Il semblerait en tout cas que Parrot ait visé juste et pile sur la bonne cible pour que les ventes décollent aussi verticalement que son drone. Comme quoi on peut aussi exciter le web avec autre chose qu’un smartphone ou qu’un machin siglé Apple. Tant mieux, non ?

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