Donc ça ferait trente ans aujourd’hui que François François est extrêmement décédé, et on ne me dit rien ?
Non sérieux, ça ne commence pas à vous fatiguer ces hommages interminables, qui durent depuis la seconde de sa mort (et qui vont s’étirer jusqu’à la nôtre) ?
C’est vrai, on dirait que ça fait trente ans qu’il est mort depuis trente ans.
Tout ça pour quoi ?
Sauf le respect de sa personne et de ses proches (je n’ai absolument rien contre l’homme et il ne s’agit pas ici d’une attaque personnelle), excusez-moi mais le Cloclo pour moi ce ne sont plutôt que des mauvais souvenirs.
Des souvenirs d’une variété française aussi triomphante qu’insupportable, avec ses cortèges de chanteurs à moumoute laquée et voix chevrotante qui squattaient 100% du temps d’antenne radiophonique et télévisuelle de mon enfance, au détriment des autres musiques, dans cette France archaïque et agricole en noir et blanc de Giscard pour laquelle je n’ai aucune espèce de nostalgie.
Nostalgie que seuls semblent entretenir (à part Michel Drucker, mais lui c’est son fonds de commerce) ceux qui n’ont pas connu cette époque, où il n’y avait que deux chaînes de télé et quatre radios autorisées et officielles, époque où si vous aviez un temps soit peu des goûts légèrement différents et que vous étiez assez peu adepte des Lundi au soleil, vous n’aviez d’autre choix que ruiner vos économies de pré-adolescent à la Fnac pour enfin pouvoir vous nettoyer les oreilles avec un bon Led Zeppelin.
Non mais imaginez, les jeunes : pas de radios FM, deux chaînes de télé gouvernementales, et puis c’est tout.
Des rescapés. Voilà ce que nous sommes, les gens de ma génération : des rescapés.
Et puis quoi, zut, d’où vient cet engouement éternel, trente ans plus tard, pour un chanteur à Moumoute décolorée et fixée au Sunsilk vintage, à la voix de roquet asthmatique, et aux textes d’une niaiserie à vous faire passer n’importe-quel footballeur professionnel pour un prix Nobel de littérature ?
Et comme je suis dans mon jour de bonté, je ne parlerai pas de la musique qui accompagnait tout ça. Quand on aimait la musique, on ne pouvait pas aimer François François. System Error.
Et qu’on ne me dise pas que c’était l’époque, parce-que nous étions quand même un certain nombre à ne déjà pas la supporter, l’époque.
C’est vrai, à écouter tout ce qui se dit sur François François aujourd’hui, même si l’image d’Epinal se brouille un peu, on dirait que tout le monde l’aimait, mais surtout que tout le monde aimait ses chansons.
Et bien non, paix à son âme, mais quand Deep Purple ou les Stones passaient en concert, ils attiraient 5 fois plus de monde que François François, renvoyant les chanteurs français à ses chères études, mais ce qu’on n’appelait pas encore les média n’en parlaient pas.
Voilà, c’était mon cri de révolte du jour (que j’avais tout au fond de moi depuis trente ans).
Allez je vous laisse, j’ai une ampoule à changer.

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