[dĂ©tox] Quartz propose de recevoir l’actualitĂ© par SMS

Nouvel Ă©pisode de [dĂ©tox] et, aprĂšs avoir fait un petit tour du cĂŽtĂ© de la pop culture et de la poĂ©sie, on va parler de nouveau des applications et sites d’actualitĂ©. On se penche aujourd’hui sur le service d’informations par SMS de Quartz, le pure-player amĂ©ricain nĂ© en 2012.

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De l’information (presque) personnalisĂ©e

Apparue il y a quelques mois, en fĂ©vrier plus prĂ©cisĂ©ment, sur l’App Store, l’application gratuite de Quartz propose de suivre l’actualitĂ© d’une façon un peu particuliĂšre mais terriblement bien pensĂ©e pour le mobile : des informations via un systĂšme de chat par SMS.

L’interface de l’application, semblable Ă  celle d’une conversation SMS, permet au lecteur d’entamer un dialogue autour d’un sujet d’actualitĂ©. Sur un ton lĂ©ger, le “dialogue” comment avec l’utilisateur par l’apparition d’une phrase sur le sujet. Libre ensuite au lecteur de cliquer sur la bulle pour ouvrir l’article dans un navigateur, qui renvoie donc vers le site de Quartz ou d’un autre site qui hĂ©berge l’article, ou de rĂ©pondre pour en savoir plus et ainsi commencer Ă  Ă©changer avec l’application. Comme le rĂ©sume l’équipe qui a travaillĂ© sur le projet, il s’agit d’une ”conversation continue sur les informations, comme si l’on chattait ensemble. On vous envoie des messages, des photos, des GIFS, des liens, et vous rĂ©pondez”.

La force de cette application est bien entendue sa simplicitĂ© d’utilisation. La plupart des apps proposent un mini-tutoriel Ă  l’ouverture, or Quartz va encore plus loin puisque toute personne ayant un tĂ©lĂ©phone sait utiliser les SMS.

Dialogue avec mon chatbot

Évidemment, il n’y a pas un journaliste par personne qui utilise l’application. DerriĂšre l’envoie des messages se cache en fait un petit chatbot, ou agent conversationnel. Ces agents, trĂšs Ă  la mode en ce moment, sont en fait des programmes qui essaient, avec plus ou moins de rĂ©ussite, de dialoguer avec une personne en lui donnant la sensation de discuter elle-mĂȘme avec une autre personne. En gĂ©nĂ©ral, les chatterbot repĂšrent un ou deux mots-clĂ©s dans le message envoyĂ© par la personne et vont ensuite chercher des rĂ©ponses dans les informations prĂ©-programmĂ©es afin de continuer la conversation.

Quartz a bien confirmĂ© utiliser des bots mais affirme qu’ils ont Ă©tĂ© Ă©crits par des journalistes humains.

Le mobile en complément des sites web

Lorsque Quartz a commencĂ© Ă  travailler sur le projet, l’idĂ©e Ă©tait de s’éloigner de ce que proposent les mĂ©dias en termes d’expĂ©rience mobile et d’imaginer Ă  quoi pourrait bien ressembler le journalisme s’il n’existait que sur les smartphones. Quand on pense au mobile, on en oublie parfois que l’une de ses premiĂšres rĂ©volutions a Ă©tĂ© le SMS. “Quand l’idĂ©e de l’interface sous la forme d’un chat est arrivĂ©e, elle a semblĂ© tout de suite irrĂ©sistible”, explique Zach Seward, crĂ©ateur de l’application et l’éditeur exĂ©cutif de Quartz. “AprĂšs l’avoir testĂ©e Ă  l’extĂ©rieur, on a vu que que les gens avaient l’air d’aimer que cela soit Ă  la fois trĂšs simple et engageant”.

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Quartz se dĂ©marque aussi de la concurrence en ne cherchant pas Ă  retenir le lecteur ou le faire rebondir sur d’autres actualitĂ©s. L’objectif est de faire en sorte que chaque session dure une poignĂ©e de minutes et d’informer rapidement. L’iPhone se transforme ainsi en complĂ©ment des sites d’informations. Tout comme les jeux vidĂ©o se sont adaptĂ©s Ă  une sessions d’utilisation trĂšs courtes (dans les transports en commun, dans une file d’attente), les mĂ©dias comment aussi Ă  s’adapter (on pense notamment Ă  la newsletter de Brief.me). Or, la plupart des applications d’actualitĂ© sont simplement le site web pensĂ© pour le mobile mais avec les mĂȘmes articles.

L’application essaie ainsi de limiter le temps qu’on va passer dessus, n’hĂ©sitant pas Ă  dire Ă  l’utilisateur qu’il n’y a plus d’informations Ă  lire pour le moment. Et, soit dit en passant, il faut oser, pour une application d’actualitĂ©s, dire qu’il n’y a plus d’actualitĂ© ! Un parti pris audacieux de la part de Quartz mais qui confirme son positionnement disruptif. D’autant plus que si l’utilisateur insiste, il recevra un message contenant une question de culture gĂ©nĂ©rale.

Vient ensuite la question du financement et de la rentabilitĂ© de l’application. Encore une fois, Quartz la joue fine puisqu’il n’y jamais de SMS purement publicitaires envoyĂ©s aux utilisateurs. Simplement, lorsque la conversation se finit, un petit message sponsorisĂ© vient conclure les Ă©changes entre l’utilisateur et son application, dans le mĂȘme format que les dialogues prĂ©cĂ©dents.

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Trop de notifications ?

À prĂ©sent, la principale difficultĂ© est de savoir si la plupart des utilisateurs est prĂȘte Ă  recevoir de l’actualitĂ© sous ce format. De nombreux utilisateurs de smartphones ont dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  limiter le nombre de notifications reçues. Aujourd’hui, la moitiĂ© des possesseurs de smartphones autorisent l’envoient d’actualitĂ© en push. Selon un rapport de Comscore effectuĂ©e sur la population des États-Unis, 33% des utilisateurs acceptent “toujours” ou “souvent”, 36% “parfois”, et seulement 31% “rarement” ou “jamais”. Pourtant, malgrĂ© ces statistiques, l’information par SMS de Quartz a reçu des avis plutĂŽt favorables.

Selon Kevin Delaney, le rĂ©dacteur en chef de Quartz, les interactions avec les chatbots de l’application sont analysĂ©es afin d’ajuster la quantitĂ© de messages Ă  envoyer et continuer d’amĂ©liorer l’application. Pour donner un ordre d’idĂ©e, un rĂ©dacteur du site Slate a testĂ© l’application et, pour la seule matinĂ©e du 10 fĂ©vrier 2016, a reçu 66 notifications de divers mĂ©dias français, annonçant ici la victoire de Bernie Sanders et Donald Trump aux primaires rĂ©publicaines dans le New Hampshire, lĂ  un accident de car scolaire dans le Doubs, et enfin la dĂ©mission de Laurent Fabius du quai d’Orsay.

Quartz tente donc de bouleverser les usages et les habitudes des utilisateurs, leur façon de suivre l’actualitĂ© avec pour objectif, Ă  terme, de leur faire aimer les notifications.

Et vous, vous ĂȘtes prĂȘts Ă  recevoir des notifications et Ă  discuter avec votre smartphone combien de fois par jour ? Allez, Ă  dans 15 jours !

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Cela paraĂźt sans doute bĂȘte pour n’importe qui d’entre nous, mais klaxonner c’est tout sauf Ă©vident, surtout pour une machine....

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