[Interview] Comment trouver un emploi grâce aux réseaux sociaux ?

Comment optimiser sa recherche d’emploi sur les réseaux sociaux ? Jérôme Pittie, CEO et fondateur de ZidCard, nous donne quelques conseils !

ZidCard est une plateforme qui permet de rechercher un emploi en toute discrétion. Un concept ciblant principalement celles et ceux qui aimeraient évoluer dans leur carrière mais sont encore en poste. Pour en savoir plus, nous avons rencontré Jérôme Pittie pour qu’il partage quelques astuces sur la recherche d’emploi sur Internet.

Bon à savoir, le  fondateur de ZiDCard a recruté son équipe via son propre système, basé sur les compétences et attentes. Résultat surprenant pour une société technologique : celle-ci se compose de 75% de femmes, de tous âges et origines !

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Alexandra Giroux : Quelles démarches recommandez-vous à quelqu’un qui cherche du travail et qui souhaiterait en trouver via Internet ?

Jérôme Pittie : En tant que CEO de ZiDCard, je vais naturellement recommander de s’inscrire sur cet outil. Ensuite, il sera essentiel de faire travailler son réseau, notamment grâce à notre nouvel outil de promotion de talent 2.0 « @e_Talents ». Nous venons de lancer la possibilité pour les talents en recherche active et passive de profiter au maximum de la viralité des réseaux sociaux en restant anonyme. Les talents inscrits sur ZiDCard peuvent non seulement partager leur mini business profile sur Facebook, Twitter, LinkedIn et bientôt d’autres, mais ils peuvent également faire partager leur profil par des amis et connaissances en toute confidentialité. Un clic et c’est parti. Cerise sur le gâteau : les recruteurs peuvent contacter les talents via notre message sécurisée.

Bien évidemment à côté de ZiDCard.com il y a d’autres possibilités ! La meilleure chose à faire lorsqu’il y a urgence c’est d’utiliser quelques agrégateurs d’annonces comme Indeed ou Jobijoba pour établir une première sélection, à creuser et analyser ensuite. Le candidat peut également visiter les sites de sociétés pour lequel il a un intérêt particulier. Par contre, s’il désire anticiper et trouver réellement une société qui correspond à ses aspirations, je conseille vivement d’effectuer un travail de suivi et de veille de certaines sociétés et thématiques.

Quel rôle peuvent jouer les médias sociaux dans la recherche d’un emploi ?

Je ne sais pas s’il y a réellement des « best practices ». On attendra en effet d’un profil « communication » une certaine présence active sur les réseaux sociaux, mais plus de réserve pour un financier par exemple.

Un point commun ressort néanmoins : éviter les comportements débridés dans ses commentaires éventuels ou photos. Et lorsque c’est possible limiter l’accès à ses données privées, ne pas se faire identifier sur des photos etc.. Il ne faut jamais oublier que l’employeur analysera le profil sous l’angle de futur « ambassadeur » de sa société. 47% des recruteurs font un screening sur les média sociaux après avoir eu la candidature, 27 % après le premier entretien. Certains propos et attitudes sont donc réellement à proscrire dans la sphère publique des réseaux sociaux.

« 47% des recruteurs font un screening sur les média sociaux après avoir eu la candidature, 27 % après le premier entretien »

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Beaucoup d’internautes misent d’abord sur LinkedIn pour trouver un emploi mais quelles sont les limites et les risques de cet outil ?

Le manque de structure des données (chacun enregistre les données qu’il veut) et au final la quantité de profils à gérer par les recruteurs déçoivent beaucoup d’espoirs. De manière générale, le recrutement via les réseaux sociaux reste actuellement marginal. Seul 2% des entreprises en Europe ont pu recruter via les réseaux sociaux en 2013 (selon une étude Stepstone) et 10 % des chercheurs d’emploi qui ont postulé via les médias sociaux ont effectivement été engagés.

Il est bien plus pertinent d’utiliser la composante Réseau pour (faire) parler de soi et atteindre ses cibles, que postuler à tout va.

Il faut également être prudent par rapport à ses nouvelles connexions et aux groupes rejoints. Une trop grande appétence pour les recruteurs et groupes liées aux jobs peuvent avoir un impact négatif sur une carrière si l’on est en poste.
Enfin, comme souvent, la confidentialité des données privées est mise à mal, ce qui porter préjudice aux talents.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de créer ZiDCard et quels sont les points forts de l’outil ?

Le cumul de mes expériences de Project Manager et Chasseurs de têtes m’a amené à utiliser la plupart des JoBBoards et réseaux sociaux pour mes recrutements. Sur base de discussions avec mes pairs et de nombreux candidats, nous avons identifié le besoin impérieux de confidentialité absolue pour les candidats ainsi que de recrutement neutre et efficace pour les sociétés, tenant compte avant tout des compétences et attentes. Nous avons donc créé en 2011 le concept de la ZiDCard, « ID Card professionnelle » pour permettre aux recruteurs, via un algorithme pointu, d’identifier un nombre très restreint de candidats qui correspondent au mieux aux besoins des sociétés, et surtout dont les attentes sont en ligne avec l’offre de l’entreprise. Le tout dans le respect des données privées. En ligne depuis juin 2013, nous comptons actuellement plus de 35.000 profils qualifiés.

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Le premier avantage pour un talent en poste, c’est la confidentialité absolue offerte. Lui seul décide quelle société, à quel moment du processus, aura accès ou non à ses données privées. Il peut donc s’approcher de sociétés en toute quiétude et valider par exemple que les 20-25% de déplacements à l’étranger du job sont 1 jour / semaine à Bruxelles ou Paris, et pas 1 semaine par mois à Marseille ou à Hong Kong, ou le secteur d’activité de ses futurs clients, etc… En modulant son profil, selon que le candidat est en phase de recherche active ou non, il peut par ailleurs ouvrir ou repréciser les perspectives éventuelles.

Et du côté des recruteurs ? Quels sont les actuels challenges ?

J’identifie deux challenges :
– « Attirer les talents », même si je n’aime pas cette expression qui, dans les faits, consiste à attirer le maximum de personnes. Le danger est réel d’abimer sa réputation employeur car chaque candidature, même non-pertinente, se doit d’obtenir une réponse.
– Être rentable. Les départements Recrutement sont encore vus comme des centres de coûts. Et ils le sont. La valeur ajoutée de ces départements n’est pas de « manger du CV » mais d’identifier un nombre restreint de candidats, et faire le matching culturel entre ces derniers et l’entreprise.

C’est dans cette première partie que nous intervenons : en permettant d’effectuer un nombre de contacts restreints, nous libérons du temps au recruteur qu’il peut affecter à ce qui fait sa valeur ajoutée. De manière indirecte également, nous permettons aux sociétés de se conformer aux obligations potentielles relatives au CV anonyme et aux directives européennes sur la diversité et l’engagement social dans les ressources humaines qui feront l’objet d’un rapport non financier d’information dès 2015 pour les sociétés de plus de 500 personnes. Nous venons d’ailleurs de lancer le CV Anonyme 2.0 en France où le sujet est à nouveau d’actualité.

Certaines personnes qui ont actuellement un emploi cherchent aussi parfois un nouveau job, mais souhaitent rester discrets. Que faut-il éviter de faire dans ce cas ?

La discrétion est d’or dans ce cas. Une augmentation subite d’activité est souvent visible. Par ailleurs, l’emploi de ses rêves est peut-être passé quelque temps avant la décision du candidat de se mettre en recherche. Il convient donc de faire le nécessaire pour être joignable  et suivre non seulement les entreprises mais aussi, voir surtout les thématiques qui les intéressent sur les Réseaux Sociaux.


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5 commentaires

  1. Ceux qui ont trouvé un emploi grâce aux réseaux sociaux sont peu nombreux.Quant à moi j’en entends parler mais je n’ai jamais eut devant moi une personne qui m’a dit avoir trouvé un emploi grâce à facebook!

  2. Effectivement difficile d’imaginer qu’on puisse trouver un job sur Facebook. Par contre, il est évident que votre présence sur les réseaux sociaux peut vous rendre la tâche plus difficile

  3. Eric

    @newsoftpclab : pas d’accord. Partant du principe que le meilleur moyen de trouver un travail est d’avoir un beau réseau personnel et professionnel et que cela passe souvent par là, le fait d’utiliser les réseaux sociaux est certainement un moyen très efficace. J’ai au contraire beaucoup de cas autour de moi. Après ce n’est pas forcément directement, pas en utilisant un réseau social comme un site d’offres d’emploi, mais en travaillant justement ses réseaux par cet intermédiaire. Cela marche peut-être mieux avec Linkedin qu’avec Facebook, cela dit.

  4. Je suis d’accord avec vous Eric. Les réseaux sociaux sont un moyen. Cela permet d’aller au-delà d’une rencontre, de garder facilement un lien professionnel.
    Si la présence en ligne peut avoir un véritable impact lors d’un recrutement, la corrélation directe entre recrutement et réseau social reste limitée. Il existe pourtant des exemples, j’en suis la preuve vivante : j’ai été recrutée sur Twitter. Dans l’entreprise où je travaille, Sogilis, il n’y a pas d’offre d’emploi traditionnelle. Ce sont les ingénieurs qui prennent contact avec la société. Pour mon recrutement sur une fonction « différente », car axée sur la communication, la recherche a été communiqué sur Twitter. Et ça a marché…
    Il y a une semaine, c’est une personne de mon entourage qui s’est fait contacter sur LinkedIn et signe aujourd’hui un contrat.
    Je pense que ces exemples, aujourd’hui « atypiques », le seront de moins en moins dans les années à venir, surtout avec la génération Z qui arrive bientôt sur le marché du travail.

  5. Il n’est pas donné à tout le monde l’intellingence nécessaire pour pouvoir tirer avantage de son environnement immédiat. C’est peut-être la raison qui justifierait que l’usage efficient des réseaux sociaux pourrait facilement aider les citoyens à s’offrir du boulot. Sinon, c’est justement la bonne référence pour en trouver.

    Je veux d’abord considérer mon cas perso. Dans l’institution où je travaille, je faisais surtout le terrain. Mon emploi consistait à plaidoyer et sensibiliser en fonction du mandat de l’institution. Il s’agit d’une mission de maintien de paix. On se concentre sur l’équité du genre, la culture de paix, la non violence, VIH, et tous les droits fondamentaux. C’est une page importante de ma vie. Un boulot que j’ai fait pendant huit ans environ.

    Etant hyperactif sur Internet et les réseaux sociaux, j’ai pu à travers le microblogging donner plus de visibilité aux publications de mon institution sur Twitter et sur Facebook qu’elle n’en était capable. Je suis devenu presqu’un geek tellement je suis au courant des nouvelles techniques. Quand ma chef voulait faire une viso conférence et que des techniciens s’embrouillaient, j’ai proposé des solutions simples via google hangout. Ainsi je me suis souvent démarqué. C’est ainsi qu’un jour on m’a proposé d’aller suivre une formation sur les réseaux sociaux. J;ai alors demandé le curriculum de la formation. Tout de suite, j’ai renvoyé mopn dossier à la chef pour lui montrer que j’enseignais plus de trucs sur les réseaux sociaux à un niveau plus avancé, que j’avais deja plusieurs certificats avec alison et de nombreux moocs.

    Surprise, on me rappelle à la capitale où je m’occupe de toutes les campagnes digitales de ladite institution. Je change de boulot et de statut. En apprenant à beaucoup de mes amis comment faire de la veille informatique (curation) pour trouver des vacances, nombre d’entre eux aujourd’hui dispose d’un boulot. C’est pas magie, hein!

    Retrouvez-moi sur scoop it! Je vous conseille de vous intéresser à ma page gestion de l’environnement
    http://www.scoop.it/t/protecti.....ironnement

    Internet est une trop bonne chose pour que l’on consacre son temps à y chercher seulement des culs. Il vaut mieux que ça! C’est la porte des opportunités!

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