Vie privĂ©e : la CNIL dit « non » aux portes dĂ©robĂ©es

Aujourd’hui, la commission nationale de l’informatique et des libertĂ©s a tenu Ă  donner sa position concernant les portes dĂ©robĂ©es dans les logiciels ou sur les services. Elle s’y oppose catĂ©goriquement.

Possible fusion de la CNIL et de la CADA

VoilĂ  dĂ©jĂ  plusieurs semaines qu’un dĂ©bat s’est ouvert sur fond de terrorisme, concernant la question du chiffrement des donnĂ©es. Une bataille mĂ©diatique et judiciaire a eu lieu aux États-Unis entre Apple et le FBI pour la crĂ©ation de backdoor permettant aux autoritĂ©s d’accĂ©der aux donnĂ©es. La firme de Cupertino s’y Ă©tait refusĂ©e, soutenue par de nombreuses associations, le lanceur d’alertes Edward Snowden et de nombreux gĂ©ants du web.

La CNIL s’oppose aux portes dĂ©robĂ©es

Pour la Cnil (commission nationale de l’informatique et des libertĂ©s), l’utilisation de « backdoors » ou de « portes dĂ©robĂ©es » en français, n’est « pas une bonne solution ». elle refuse que les pouvoirs publics français s’emparent de cette question, au risque de fragiliser l’ensemble des systĂšmes informatiques.

François Molins, le procureur de Paris souhaite pourtant que l’état intervienne afin de mettre Ă  disposition des autoritĂ©s, des logiciels pour exploiter les backdoor et ainsi accĂ©der aux contenus cryptĂ©s, notamment dans les affaires de terrorisme. Un point de vue partagĂ© par Nathalie Kosciusko-Morizet qui a fait inscrire un amendement au sein de la loi numĂ©rique.

Isabelle Falque-Pierrotin, la prĂ©sidente de la Cnil, n’a pas manquĂ© de rĂ©agir et a affirmĂ© : « L’idĂ©e qu’au nom de cet impĂ©ratif de sĂ©curitĂ© il faille mettre en place des « backdoors » pour, dans tous les cas, permettre aux services de police d’accĂ©der Ă  une information qui sera le cas Ă©chĂ©ant cryptĂ©e et non dĂ©cryptable, cette solution n’est pas une bonne solution ».

D’aprĂšs elle, « la puissance publique a Ă  sa disposition, dans un cadre parfaitement clair et lĂ©gal, accĂšs Ă  des donnĂ©es », faisant notamment allusion aux « rĂ©quisitions, captations de donnĂ©es informatiques, techniques de collectes mises en place par la loi renseignement ».

Un argument qui n’a pas convaincu le procureur de Paris, qui explique que comme dans l’affaire de San Bernardino avec le FBI : « Tous les smartphones qu’on essaie d’exploiter sont verrouillĂ©s et cryptĂ©s. C’est un gros souci qu’on a car si la personne ne veut pas donner le code d’accĂšs on ne peut plus rentrer dans le tĂ©lĂ©phone. On a toujours un tĂ©lĂ©phone dans l’affaire Ghlam (attentat avortĂ© Ă  Villejuif,) dans lequel on n’a pas pu pĂ©nĂ©trer » ajoutant : « L’an dernier on a eu 8 smartphones qui n’ont pas pu ĂȘtre pĂ©nĂ©trĂ©s ».

La prĂ©sidente de la CNIL s’est dite consciente que dans quelques cas, il s’agirait d’une opportunitĂ© pour rĂ©soudre une enquĂȘte, mais que le risque d’une gĂ©nĂ©ralisation progressive du recours au backdoor est important et qu’il serait nuisible pour la vie privĂ©e des citoyens. En d’autres mots, n’ouvrons pas la boĂźte de Pandore pour quelques cas.

Isabelle Falque-Pierrotin est restĂ©e sur sa position concernant les portes dĂ©robĂ©es et a conclu : « les effets systĂ©miques collectifs d’un dispositif de ce type seraient extrĂȘmement nĂ©gatifs en termes de fragilisation de cette infrastructure informatique ». On ne peut pas lui donner tord…

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Un commentaire

  1. newsoftpclab on

    D’autres le feront peut-ĂȘtre comme d’habitude sous le manteau!

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