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5G : un gouvernement pressé face à des opérateurs désorientés

En France comme en Allemagne, le déploiement de la 5G a dû revoir son calendrier, quitte à revenir à des problématiques de départ.

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Antenne 5G
© Unsplash / Tony Stoddard

« Notre objectif, et j’en ai fait part à l’Autorité de régulation des télécoms, est que les enchères soient lancées rapidement. Septembre est un objectif raisonnable, compte tenu des contraintes, pour un lancement de la 5G avant la fin de l’année. » Pas question de perdre encore plus de temps, pour la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher. Vendredi, dans un entretien au Figaro, la représentante du point de vue gouvernemental sur la question du calendrier de la 5G a été claire.

À l’origine, le processus prévoyait un déploiement du réseau des bandes 3,5 Ghz à partir de juillet, à la suite de plusieurs rendez-vous entre les opérateurs. L’un des plus importants d’entre eux, celui du 21 avril, a finalement été repoussé « à une date inconnue », alors que le monde basculait dans la crise du COVID-19 en mars. Aujourd’hui, l’heure est aux négociations. Si le gouvernement veut reprendre les reines et éviter un trop grand retard, les opérateurs quant à eux ne partagent plus la même stratégie.

Désaccord chez les opérateurs

En l’espace de deux mois, les opérateurs français ont changé leur regard sur la 5G. Non pas que son déploiement ne soit plus utile, naturellement, mais au sujet du calendrier, le dossier est redevenu complexe. Le 25 mai dernier, Bouygues Telecom par la voix de son patron expliquait que « dans le climat économique d’aujourd’hui, la 5G n’est pas la priorité du pays ». Martin Bouygues en appelait ainsi à revoir le calendrier, pour repousser ses dates d’échéances au début de l’année prochaine.

Cette volonté fut partagée par SFR. L’opérateur précisait qu’il privilégierait davantage de peaufiner le déploiement de la 4G et de la fibre actuellement, en laissant pour l’heure de côté la 5G. En face, Free et Orange sont loin d’être en accord avec leur nouvelle stratégie. Ambitieux, l’opérateur du groupe Iliad souhaitait même que les rendez-vous puissent être repris dès maintenant, pour espérer pouvoir se tenir au calendrier de départ, annonçant le début du déploiement en juillet. Pour Orange, une date plus réaliste serait en septembre.

France et Allemagne rouvrent le dossier 5G

Aucune annonce officielle n’a encore été donnée pour préciser les nouvelles dates du calendrier, dont le rendez-vous d’attribution des bandes additionnelles, qui devait avoir lieu le 21 avril. La secrétaire d’État Agnès Pannier-Runacher a prévenu que la parole décisionnelle viendrait directement de l’Arcep, l’autorité de régulation, au centre du dossier 5G en France. Mais la femme politique a précisé que « Sébastien Soriano (le président de l’Arcep ndlr) partage notre philosophie ».

Le gouvernement est pressé. Il faut dire que la 5G sera déterminante dans l’économie de demain, sur de multiples pans de l’industrie. « Nous sommes en train de prendre quelques mois de retard par rapport aux pays qui nous entourent. Les États-Unis, la Chine, la Nouvelle-Zélande font de la 5G un des éléments de leur relance. Quand ils appuient sur l’accélérateur, nous devons éviter d’appuyer sur le frein » prévenait Agnès Pannier-Runacher, qui oubliait de mentionner nos voisins d’outre-Rhin.

L’oubli n’est pas si surprenant, tant en Allemagne, la situation n’est pas forcément mieux partie qu’en France. Sur place, le sujet de la 5G a lui aussi subi la crise, jusqu’à faire revenir les acteurs aux mêmes débats et problématiques du commencement du projet. La semaine dernière, le gouvernement allemand a dévoilé son nouveau plan de relance dans lequel le pays allait consacrer pas moins de 7 milliards d’euros pour la 5G.

L’idée d’un tel montant est d’accompagner toutes les parties prenantes du secteur privé à accélérer le calendrier, et éviter d’accuser davantage de retard. Le pays souhaite ainsi débloquer 2 milliards d’euros pour le développement des technologies, et notamment des logiciels gérant le réseau, « d’accélérer massivement le déploiement de la 5G et déconstruire un réseau à l’échelle nationale d’ici 2025 » pouvions-nous lire dans le plan de relance du gouvernement.

Comme le rapportaient nos confrères des Echos, le système bureaucratique allemand devrait ralentir tout ce processus, comme le pays l’a déjà vu avec le déploiement d’un réseau 4G à la hauteur sur l’ensemble du territoire. Mais c’est surtout autour du sujet de Huawei, en tant que fournisseur des infrastructures, qui continue à poser problème pour la fragile coalition au pouvoir. L’arrangement des partis aux idéologies vacillantes sur le sujet, ralentit encore plus le dossier.

Angela Merkel, la chancelière et membre de l’Union chrétienne-démocrate, n’est pas d’accord avec la position des sociaux-démocrates, prêts à interdire totalement à Huawei de travailler sur les infrastructures de la 5G allemande. La situation n’est pas près d’aller mieux : si Deutsche Telekom a rejoint les opérateurs prévoyant de ne pas travailler avec le géant chinois pour la 5G, la plus grande société de télécommunications allemande a tout de même repris contact avec celui-ci, pour peaufiner la couverture de son actuel réseau.

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