Près de sept Français sur dix ont désormais recours au paiement en plusieurs fois, le fameux Buy Now Pay Later (BNPL). Et pour la majorité des consommateurs, il est devenu un véritable réflexe d’organisation budgétaire. D’après une étude FLOA x Kantar, 69 % des utilisateurs estiment qu’il leur permet de mieux piloter leurs finances, un niveau d’adoption qui se traduit par un panier moyen d’environ 250 euros chez FLOA, la fintech de BNP Paribas, et une fréquence moyenne de quatre transactions par an.
« Le paiement fractionné, c’est devenu le meilleur moyen aujourd’hui pour piloter un budget. C’est l’outil principal », estime Marc Lanvin, directeur général adjoint de FLOA, dans un entretien accordé à Presse-citron. L’application de la société a ainsi franchi le cap des 3 millions de téléchargements, et permet à ses utilisateurs de piloter ses échéances et moduler ses règlements en toute autonomie.
La banalisation du paiement en plusieurs fois s’est aussi accompagnée de limites éthiques pour éviter les dérives, notamment sur les petits montants : « On s’est toujours refusés à financer la fast-fashion, et il y a un dernier secteur sur lequel nous ne voulons pas rentrer, c’est l’alimentaire. Si vous commencez à payer votre nourriture en plusieurs fois, vous entraînez les gens dans une spirale », poursuit le dirigeant. Une rigueur d’autant plus nécessaire dans le contexte économique actuel, qui affecte directement le pouvoir d’achat des ménages.
Un marché arrivé à maturité
Si le paiement fractionné est particulièrement ancré chez les moins de 40 ans, avec un taux d’adoption de 81 % contre 63 % pour les plus de 40 ans, il s’appuie sur des catégories d’achats bien établies dans l’e-commerce : l’électroménager arrive en tête (50 %), suivi de près par l’high-tech (47 %) et les voyages (33 %). « Il n’y a pas d’évolution majeure, parce qu’on est vraiment sur un marché qui arrive à maturité. Tout le monde est équipé, et les consommateurs s’en servent de façon raisonnable et raisonnée », constate Marc Lanvin.
Ainsi, au-delà de la vente en ligne historique, les solutions de fractionnement s’étendent progressivement à de nouveaux secteurs où les montants sont plus élevés, à l’image de l’automobile. « Maintenant, pratiquement tous les constructeurs, ou tous les réseaux de concessions, viennent nous voir pour s’équiper d’une solution de paiement en plusieurs fois pour une révision ou une réparation qui ne serait pas prise en charge par l’assurance », affirme-t-il.
Mais dupliquer cette fluidité en dehors de la toile représente un défi technique. Car, contrairement au Web où l’identification est immédiate, la réalité des points de vente physiques complexifie l’expérience. « Quand vous êtes en magasin, on ne sait pas qui vous êtes, alors que sur un site Web, on le sait à partir du moment où vous êtes connecté », illustre le directeur, qui reconnaît que ce terrain doit encore être peaufiné.

Le grand tournant du 20 novembre
Le marché du paiement fractionné s’apprête à vivre un tournant réglementaire majeur. À partir du 20 novembre 2026, l’application de la directive européenne sur le crédit à la consommation (CCD2) sera en effet obligatoire. Élaboré pour mieux protéger les ménages face aux risques de surendettement, ce texte fait basculer l’ensemble des paiements fractionnés sous le statut strict de crédit à la consommation.
Pour les établissements financiers, l’obligation reine est désormais d’évaluer la solvabilité de l’acheteur à partir de données réelles et vérifiées, mettant fin aux simples déclarations sur l’honneur. Un véritable défi pour les acteurs du secteur, qui doivent intégrer ces contrôles renforcés sans dégrader l’expérience d’achat fluide à laquelle les consommateurs sont habitués. « Il faut être capable de vérifier la solvabilité en 200 millisecondes, sans transformer le parcours de paiement en usine à gaz pour l’utilisateur. C’est tout l’enjeu technologique », résume Marc Lanvin. Une échéance anticipée de longue date chez FLOA.
En amont, la fintech va continuer à améliorer sa plateforme afin de proposer une solution parfaitement adaptée aux usages d’aujourd’hui. « On va continuer à énormément investir sur nos applications. Comme les clients s’en servent de plus en plus, ils ont besoin d’informations en temps réel, de pouvoir changer leur carte bancaire ou de consulter leur contrat à tout moment. L’objectif est d’offrir directement des services de fractionnement depuis l’application bancaire pour simplifier l’acte d’achat, que ce soit en ligne ou au moment de passer en caisse », nous confie-t-il.
- Utilisé par 69 % des Français, le paiement en plusieurs fois est devenu un outil classique de gestion budgétaire.
- L’entrée en vigueur de la directive européenne CCD2 en novembre impose une évaluation de solvabilité instantanée, transformant le BNPL en crédit à la consommation sans casser la fluidité du parcours.
- Pour surmonter la complexité des achats en magasin physique et répondre aux exigences de la réglementation, FLOA mise sur le développement continu de son application mobile.
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