LiveWire traverse la pire crise de son histoire. Le constructeur américain de motos électriques, filiale de Harley Davidson, vient en effet d’émettre un avertissement officiel particulièrement lourd de sens. Il reconnaît que des « événements et conditions élèvent un doute important sur la capacité de la société à poursuivre son exploitation » au cours des douze prochains mois. Concrètement, l’entité risque la faillite sans nouvel apport financier rapide.
De quoi provoquer une vague de panique sur les marchés financiers, le cours de son action ayant dégringolé de plus de 40 % en Bourse. Il faut dire que son bilan pour le troisième trimestre 2026 s’avère critique. L’entreprise a enregistré une perte nette de 18,6 millions de dollars, tandis que sa trésorerie fond à vue d’œil, passant de 82,8 millions de dollars fin 2025 à seulement 39,9 millions de dollars au 30 septembre.
La situation est telle que la direction a retiré ses prévisions financières annuelles, qui anticipaient jusqu’ici une perte d’exploitation entre 70 et 80 millions de dollars sur l’exercice. Un comité spécial de restructuration a même été formé afin d’explorer toutes les options susceptibles de sauver l’entreprise : recherche de nouveaux financements, partenariats voire même une revente. Il est dirigé par Roy Gallagher, spécialiste de la gestion de crise.
La petite histoire de LiveWire
Lancé au début des années 2010 sous le sceau de Harley-Davidson, le projet LiveWire avait pour ambition de dépoussiérer l’image du célèbre constructeur d’attirer une génération de motards plus jeune et urbaine. En 2022, la marque prend son indépendance via une introduction en bourse (SPAC) valorisée à 1,8 milliard de dollars, tout en restant contrôlée majoritairement par sa maison mère.
D’abord positionnée sur le très haut de gamme avec la LiveWire One, puis sur des modèles intermédiaires comme la S2 Del Mar, l’entreprise tente désormais de se sauver en se réorientant vers des motos urbaines abordables et le segment tout-terrain.
Un paradoxe
Pourtant, LiveWire a vu son chiffre d’affaires progresser de 38 % sur la période, pour atteindre 7,9 millions de dollars, avec une hausse de 31 % des ventes de motos. La marque s’appuie également sur sa filiale STACYC, spécialisée dans les draisiennes électriques pour enfants, qui génère d’ailleurs plus de revenus que le segment moto lui-même.
Mais cette dynamique est bien trop modeste par rapport au coût colossal du développement technologique. Les volumes de ventes actuels ne suffisent pas à couvrir les frais fixes, créant une consommation de cash intenable à court terme. C’est un revers pour Harley-Davidson, qui détient toujours la majorité du capital. Si le géant affiche une belle santé financière sur son activité historique, son pari sur la mobilité électrique tourne au fiasco.
LiveWire joue désormais sa survie sur le lancement imminent de la gamme S4 Honcho, des modèles urbains plus légers et commercialisés sous la barre des 5 000 dollars. Un positionnement beaucoup plus accessible qu’elle compte mettre en avant au salon EICMA de Milan dans l’espoir de séduire un public plus large.
- Le constructeur de motos électriques LiveWire, filiale de Harley-Davidson, a émis un avertissement officiel sur sa capacité à poursuivre ses activités.
- Bien que les ventes et le chiffre d’affaires soient en hausse au troisième trimestre 2026, l’entreprise continue de brûler massivement sa trésorerie.
- Face à cette situation critique, LiveWire a créé un comité de restructuration pour trouver un repreneur ou un investisseur.
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