Après un très mauvais début d’année 2026, marqué par l’annulation de plusieurs jeux et d’une restructuration interne qui a provoqué la grogne des salariés, Ubisoft sortait à peine d’une grève qui a touché plusieurs de ses studios français. Le timing ne pouvait donc pas être pire : un mail anonyme, envoyé hier à la gendarmerie près de son site de Castelnau-le-Lez a fait état de la présence d’un engin explosif au sein du local de l’entreprise.
La menace a été prise très au sérieux et l’ordre d’évacuer les lieux a été donné auprès de 800 personnes, comprenant 500 salariés du studio et des employés des entreprises adjacentes. Un périmètre de sécurité a été dressé et un peloton du PSIG (Peloton de surveillance et d’intervention de la Gendarmerie) a été dépêché, soutenus par les sapeurs-pompiers de l’Hérault et des démineurs de la Sécurité civile.
Une évacuation sous haute surveillance
Tout s’est déroulé dans le calme, le temps que les services d’urgence passent le bâtiment au peigne fin, accompagnés d’un chien spécialisé en détection d’explosif. L’alerte a été donnée au milieu de l’après-midi et à 18 h, aucune trace d’un quelconque dispositif explosif n’a été retrouvée sur les lieux.
Peut-être que le mail reçu par les gendarmes n’était qu’un mauvais canular, mais lorsqu’une alerte du genre est envoyée, la priorité est de lever le doute afin de s’assurer que la situation ne présente aucun danger. « À ce stade, aucune piste n’est privilégiée. Il s’agit de s’assurer qu’il ne subsiste aucun danger pour les personnes », a confié une source proche du dossier. Cela signifie que les équipes envoyées sur place traitent l’alerte avec le même protocole qu’un attentat : un principe de précaution absolu qui concerne autant la police que la gendarmerie.
Plus de peur que de mal donc, et s’il s’avère que c’est bien un canular, son auteur court des risques judiciaires très importants. Selon l’article 322-14 du Code pénal : « Le fait de communiquer ou de divulguer une fausse information dans le but de faire croire qu’une destruction, une dégradation ou une détérioration dangereuse pour les personnes va être ou a été commise est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende ». Si l’alerte a été accompagnée de menaces (comme c’est souvent le cas dans ce genre de mails), la peine peut grimper à 3 ans de prison et 45 000 € d’amende.
Ubisoft n’a pas encore communiqué ses intentions, mais l’entreprise pourrait très bien se constituer partie civile pour demander réparation du préjudice économique lié à l’arrêt total du studio pendant plusieurs heures. Dans un tel cas et si l’auteur est retrouvé, le studio pourrait également demander un remboursement, tout comme l’État pour les frais d’intervention. La facture serait alors très salée et s’élever potentiellement à plusieurs centaines de milliers d’euros dans le pire des cas. Aucun lien n’a été, pour le moment, démontré entre cet acte malveillant et les tensions internes d’Ubisoft, mais aucune hypothèse n’est à exclure à ce stade.
- Près de 800 personnes ont été évacuées près du studio d’Ubisoft Montpellier suite à une alerte à la bombe, déclenchée par un mail anonyme.
- Les services d’urgence ont fouillé le bâtiment sans trouver d’engin explosif, mais l’évacuation a été prise très au sérieux.
- L’auteur du canular (si c’en est un) risque des poursuites judiciaires, avec des amendes et des peines de prison potentielles, et Ubisoft pourrait demander des réparations financières.
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