Ubisoft n’est pas au meilleur de sa forme depuis quelques années. Le fleuron du jeu vidéo français enchaîne les échecs commerciaux, comme avec Assassin’s Creed Shadows ou encore Star Wars Outlaws. La conclusion à en tirer est claire : le vieux modèle ne marche plus. Ubisoft a donc décidé de tout remettre à plat et met en place une restructuration d’ampleur.
Dans un long communiqué de presse, Ubisoft a annoncé une restructuration inédite dans son histoire. Terminé le modèle vertical, où tout était centralisé avec des annexes un peu partout dans le monde. Désormais, Ubisoft se divisera en cinq entités créatives. Six studios spécialisés dans un genre de jeu, qui s’assureront du développement et de l’édition, tout en répondant aux exigences de la maison mère. Sur le papier, l’idée est excellente. Une manière de survivre sur un marché de plus en plus compétitif, selon Yves Guillemot :
« D’un côté, l’industrie du AAA est devenue durablement plus sélective et compétitive, avec des coûts de développement en hausse et des difficultés accrues pour créer de nouvelles licences. De l’autre, les jeux AAA exceptionnels, lorsqu’ils réussissent, ont un potentiel financier plus élevé que jamais. Dans ce contexte, nous annonçons aujourd’hui une remise à plat majeure destinée à créer les conditions d’un retour à une croissance durable dans le temps. »
Ubisoft se scinde en cinq pour survivre
Cinq studios pour cinq univers différents. Le premier et principal, Vantage Studio (épaulé par Tencent), s’occupera des licences phares de la firme, à savoir Assassin’s Creed, Far Cry ou encore Rainbow Six. Les autres (qui n’ont pas encore de nom), auront aussi leur pré carré. CH2 (Creative Studio 2) développera des shooter coop et compétitifs (The Division, Ghost Recon, Splinter Cell), CH3 les jeux live service comme For Honor, CH4 les jeux solos à “univers” (Beyond Good and Evil, Anno, Might and Magic, Rayman, Prince of Persia) tandis que le dernier CH5, se focalisera sur les titres familiaux, comme Just Dance.

Cette restructuration ne se fera pas sans mal. Ubisoft ne parle pas directement de licenciements, mais évoque une réduction des coûts à hauteur de 200 millions d’euros pour les deux prochaines années. Deux studios ont déjà fermé dans l’opération : celui d’Halifax, dédié aux jeux mobiles, et un autre à Stockholm. En revanche, le communiqué annonce une conséquence concrète pour les joueurs : l’annulation pure et simple de six jeux. Ces derniers ne sont pas nommés, mais on sait qu’il y a parmi eux un jeu mobile, et surtout le remake de Prince of Persia. Pour ce dernier, c’est l’équipe de développement qui a confié la nouvelle sur les réseaux sociaux.
De quoi sauver Ubisoft, dont les rumeurs de rachats sont persistantes ces derniers mois ? Oui, selon Yves Guillemot :
« Ces mesures marquent un tournant décisif pour Ubisoft et témoignent de notre détermination à affronter les défis de front afin de remodeler le groupe sur le long terme. Le recentrage du portefeuille aura un impact significatif sur la trajectoire financière à court terme du groupe, en particulier sur les exercices 2026 et 2027, mais cette remise à plat renforcera le groupe et lui permettra de renouer avec une croissance durable et une génération de trésorerie solide. »
Si l’on veut être pragmatique, on pourrait aussi arguer que cette segmentation pourrait rendre plus simple une vente au détail du géant français dans le futur, mais ce ne semble pas être l’objectif premier. Espérons, pour le studio et les joueurs, que cette restructuration donne un nouvel élan créatif à une entreprise qui patine depuis trop longtemps déjà.
- Ubisoft annonce une restructuration majeure, se divisant en cinq entités créatives pour améliorer son efficacité.
- Six jeux, dont le remake de Prince of Persia, sont annulés dans le cadre de cette réorganisation.
- L’entreprise vise une réduction des coûts de 200 millions d’euros et espère renouer avec une croissance durable.
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