Ubisoft est en crise. Autrefois fleuron du jeu vidéo français, l’entreprise connaît de grandes difficultés financières après plusieurs échecs commerciaux. Restructuration, annulations de jeux, fermeture de studio et annonce d’un plan de licenciements … la situation devient de plus en plus tendue chaque jour. Nouvel épisode avec l’annonce d’une grève d’ampleur de tous les employés.
Dans un message relayé par le Syndicat des travailleurs du jeu vidéo sur BlueSky, les employés appellent à une grève massive le 10, 11 et 12 février prochain. Une réponse au vaste plan de départs volontaires, évidemment, mais aussi au management brutal de la direction qui laisse les travailleurs dans le flou :
« Le 21 janvier, Yves Guillemot a annoncé la fin du télétravail, la fermeture de plusieurs studios, l’annulation de projets et une réduction de coûts de 200 millions d’euros. Nous l’avons appris par voie de presse, aucun de ces changements n’ayant été discutés pendant les consultations effectuées quelques jours avant ! »
Le syndicat dénonce l’absence de dialogue et de respect de la part de la direction, ainsi qu’une rupture du dialogue depuis plusieurs années déjà. Mais ce qui a mis le feu aux poudres, c’est bien la fin du télétravail couplé à un plan de départ volontaire :
« On nous a promis de l’autonomie pour les cellules créatives, mais qu’en est-il de l’autonomie des employés ? Cinq jours de présentiel par semaine : nous sommes traités comme des enfants qui ont besoin d’être supervisés. »
L’arrêt du télétravail, l’arme d’Ubisoft pour faire partir les employés
Avec la période COVID, le télétravail s’est démocratisé dans beaucoup d’entreprises, et notamment chez Ubisoft. De nombreux employés ont quitté Paris pour s’installer loin de leur bureau, afin de profiter d’une meilleure qualité de vie et de loyers moins chers. Une chose possible grâce à des négociations qui permettent de travailler à distance. Avec l’annonce de la fin du télétravail, ce sont de nombreux employés qui font face à un souci majeur : il leur est physiquement impossible de se rendre au bureau tous les jours.
Ubisoft profite de sa restructuration en annonçant 200 licenciements dans ses studios parisiens. Pas des licenciements économiques, mais un plan de départs volontaires via rupture conventionnelle collective (RCC). En obligeant dans le même temps les employés à être présents, il piège ceux qui vivent désormais loin des studios. Une stratégie jugée (à raison) autoritaire et déconnectée par le syndicat des travailleurs du jeu vidéo. Cette grève de trois jours signe donc le point de rupture entre des employés à bout et une direction qui cherche à rogner le plus possible sur les coûts.
- Ubisoft est en crise avec un plan de licenciement de 200 employés, entraînant une grève massive prévue les 10, 11 et 12 février.
- Les employés dénoncent un management autoritaire, l’absence de dialogue et la fin du télétravail imposée sans consultation.
- La restructuration et les conditions de travail précaires exacerbent le mécontentement au sein de l’entreprise.
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