Aujourd’hui, l’intelligence artificielle est partout. Se tourner vers ChatGPT ou Gemini pour trouver sa prochaine destination de vacances ou réviser de manière efficace est presque devenu un réflexe pour de nombreux internautes. D’autres utilisateurs s’appuient sur l’IA pour combler leur solitude. Beaucoup d’adolescents, mais aussi des adultes, préfèrent se confier à une intelligence artificielle qu’à un humain.
C’est ainsi que l’entreprise Character.ai affirme que dans un futur plus ou moins proche, la plupart des internautes auront des amis IA. Il est vrai que les applications proposant des compagnons IA sont de plus en plus populaires et génèrent des millions de dollars. Mais qu’on se rassure, selon le directeur général de Character.ai, ces compagnons IA n’ont pas vocation à remplacer les véritables amis de chair et de sang. Ouf…?
Faut-il s’inquiéter de l’essor des amis IA ?
L’année dernière, le réseau social Aspect a fait son apparition. Sa particularité ? Vous êtes le seul utilisateur “réel”, tous les autres sont des intelligences artificielles. En début d’année, nous vous racontions l’histoire d’amour de cette Américaine de 28 ans tombée éperdument amoureuse de ChatGPT. De son côté, la plateforme Replika permet de nouer une relation intime avec une IA.
Les applications destinées au “compagnonnage virtuel” sont en plein essor. Même Grok, l’IA d’Elon Musk, s’y est mise. Le marché est florissant et devrait rapporter 120 millions de dollars d’ici à la fin de cette année. Contrairement à des chatbots IA plus traditionnels, ces applications permettent d’entretenir une amitié voire une relation amoureuse avec l’intelligence artificielle et peuvent combler, de fait, une certaine solitude.
Les chiffres ne trompent pas. En juillet dernier, les applications de compagnons IA avaient été téléchargées plus de 220 millions de fois dans le monde, que cela soit sur l’App Store ou sur le Google Play Store. Au cours du premier semestre de cette année, le nombre d’applications dédiées disponibles a explosé, tout comme les téléchargements. Jusqu’à présent, cette niche du marché de l’IA a rapporté 82 millions de dollars.
Ces chatbots réussissent à créer un lien émotionnel, voire une dépendance, ce qui est aussi terrifiant qu’inquiétant. “Ils ne vont pas remplacer vos véritables amis, mais vous aurez des amis IA et vous pourrez apprendre de ces conversations amicales virtuelles pour vos conversations de la vie réelle” a expliqué la nouvelle PDG de Character.ai, Karandeep Anand.
Mais l’application de chatbot IA est au coeur de nombreuses polémiques. L’année dernière, Character.ai était pointée du doigt, accusée d’être responsable de la mort d’un adolescent de 14 ans. Le jeune Sewell Setzer II avait développé un lien émotionnel très fort avec le chatbot et s’était peu à peu détourné de ses amis et de sa famille pour passer plus de temps à échanger avec son amie virtuelle. Il lui confiait même ses pensées suicidaires, sans que Character.ai intervienne et tire la sonnette d’alarme. Le jeune garçon avait fini par s’ôter la vie, encouragé par le chatbot. La tragique histoire de Sewell Setzer II est loin d’être isolée. Dans une autre affaire, le chatbot aurait incité un adolescent à tuer ses parents pour avoir limité son temps d’écran.
Si la PDG se défend de travailler d’arrache-pied pour rendre l’application sécurisée pour les utilisateurs, l’essor de compagnons IA inquiètent les experts. “C’est particulièrement alarmant pour le développement du cerveau des adolescents qui sont encore en train d’apprendre à gérer les interactions et les relations sociales” confie Robbie Torney, directeur principal des programmes d’IA chez Common Sense Media.
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