C’est une affaire juridique de taille, qui pourrait inspirer les productions de cinéma, avides de séries sur les scandales de startups. Le 15 mars dernier, au tribunal fédéral de San Francisco, les cofondateurs de JHL Biotech – deux septuagénaires – ont reçu leur sentence. Un an de prison ferme, suivi de 36 mois de liberté conditionnelle, les attend désormais.
Leur faute : avoir mis sur pied une startup entièrement copiée sur l’un de ses concurrents. Genentech, chez qui les deux ont travaillé par le passé, leur permettait bien plus qu’une source d’inspiration. De 2011 à 2019, les entrepreneurs Racho Jordanov et Rose Lin, âgés de 74 et 73 ans respectivement, sont arrivés à voler de nombreux secrets commerciaux pour accélérer leur développement et économiser beaucoup d’argent.
Une escroquerie dantesque, estimée à plus de 100 millions de dollars pour les investisseurs selon les médias locaux. JHL Biotech, comme le montre le site Crunchbase, a déjà levé plus de 260 millions de dollars en capital risque et s’était fait approcher par de grands noms tels que Sequoia Capital. Sur les plateformes, JHL Biotech se présente comme une société “dont l’objectif est de rendre les produits biopharmaceutiques abordables et accessibles à tous les patients grâce à l’innovation.”
Escroquerie et vol de secrets commerciaux
C’est à Taïwan que JHL Biotech a pris pied et n’a cessé de grossir avant que les enquêtes rattrapent ses cofondateurs. Conjointement, ce sont les bureaux du FBI et de l’IRS Criminal Investigation qui ont mis en lumière cette vaste arnaque. Leur enquête aboutissait sur un premier procès le 1er juin 2021. Des appels se sont poursuivis au cours de l’été, mais il aurait fallu attendre ce 15 mars 2022 pour que l’avocate Stephanie M. Hinds, l’agent de l’IRS Mark H. Pearson et l’agent du FBI Craig D. Fair rendent leur verdict.
À ce moment aussi, les pratiques du duo mettaient en lumière le recrutement de plusieurs employés de chez Genentech, sur lesquels JHL Biotech s’appuyait pour suivre de près son concurrent et copier ses projets. Ces pratiques se sont rajoutées à la liste des torts des entrepreneurs septuagénaires pour leur condamnation.
“Selon l’accord de plaidoyer, il a également engagé d’anciens employés de Genentech pour travailler chez JHL, qui avaient apporté avec eux, sans autorisation, certains documents confidentiels” expliquait une journaliste de BioSpace. L’un des principaux scientifiques de Genentech en faisait partie, depuis 2014.
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