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À la Maison-Blanche, les petites magouilles avec Donald Trump font les affaires d’Elon Musk

Conflit d’intérêts, vous avez dit ?

On s’y attendait, et cela semble bel et bien se confirmer. L’arrivée de Donald Trump (et d’Elon Musk) au pouvoir profite largement aux entreprises de l’homme le plus riche du monde, qui faisaient l’objet d’une multitude d’enquêtes fédérales.

Le grand ménage

Tesla, SpaceX, X, Neuralink, The Boring Company, xAI… Musk est à la tête d’un véritable empire technologique. À tel point que ses sociétés ont établi des contrats à hauteur de 13 milliards de dollars avec le gouvernement américain au cours des cinq dernières années. SpaceX, qui perçoit la majeure partie de cette somme, s’impose désormais comme le plus gros contractant de l’État. Et l’administration Trump envisage déjà d’étendre ces accords, notamment avec l’armée de l’air.

Dans le même temps, le président, accompagné de son acolyte Musk, a entamé un vaste démantèlement des agences fédérales dans l’ensemble du gouvernement. Nombre de hauts fonctionnaires et salariés ont ainsi été poussés vers la sortie, et remplacés par des républicains plus complaisants. Plusieurs des individus licenciés étaient impliqués dans des enquêtes ou des procès à l’encontre des entreprises d’Elon Musk.

Les chiffres parlent pour eux-mêmes : au moins 11 agences fédérales affectées par ces changements ont plus de 32 enquêtes en cours, des plaintes en attente ou des mesures d’application les concernant, révèle une enquête du New York Times.

Tesla Musk
© kovop / Shutterstock.com

Des exemples, parmi tant d’autres

La démission du dirigeant de la Federal Aviation Association en est le parfait exemple, lui qui avait proposé à plusieurs reprises d’infliger des amendes à SpaceX. De même, le biologiste de la Fish & Wildlife Agency chargé de surveiller l’impact de l’activité de SpaceX sur les espèces menacées à proximité du site de lancement de l’entreprise a été muté.

Même son de cloche à la Securities and Exchange Commission (SEC), régulateur des marchés financiers, avec qui Musk a eu nombre de conflits. Le départ des démocrates permet aux républicains d’adopter des mesures plus favorables au milliardaire, qui devrait échapper à de lourdes amendes.

Une enquête portant sur les licenciements massifs chez X est aussi menacée, les deux agences fédérales de surveillance des travailleurs ayant vu leur nombre d’employés drastiquement réduit.

starship sn24
© SpaceX

Une première aux États-Unis

Le phénomène est tel que les voix commencent à s’élever, particulièrement au sein de l’opposition. Démocrates et avocats spécialisés dans l’éthique remettent en question la position d’Elon Musk. Leurs préoccupations sont considérables : selon eux, c’est la première fois dans l’histoire des États-Unis qu’un chef d’entreprise impliqué dans autant d’affaires et de contrats fédéraux détient un tel pouvoir sur les opérations du gouvernement.

D’autant plus que l’entrepreneur dirige le Department of Government Efficiency (DOGE), lui permettant d’accéder à quasiment toutes les dépenses de l’État, et de les couper si cela lui semble nécessaire. De son côté, la Maison-Blanche minimise la situation : « Si Elon Musk est confronté à un conflit d’intérêts dans le cadre des contrats et des financements supervisés par le ministère de l’environnement, il se retirera de ces contrats », a indiqué la porte-parole Karoline Leavitt… Vraiment ?

  • Donald Trump a entamé un grand ménage au sein des agences gouvernementales, alors que nombreuses d’entre elles menaient des enquêtes contre les entreprises d’Elon Musk.
  • Résultat, le milliardaire est avantagé par la situation car ces enquêtes devraient largement ralentir.
  • L’opposition s’inquiète de voir un dirigeant d’entreprise détenir un tel pouvoir au gouvernement des États-Unis.

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