L’euro numérique est en préparation depuis plusieurs années maintenant, et son déploiement officiel se rapproche. Concrètement, il s’agira de l’argent émis directement par la Banque centrale européenne (BCE), mais sous forme numérique. Car, quand vous payez aujourd’hui par carte ou virement, l’argent qui circule est de la monnaie commerciale, émise par les banques privées.
Un tel dispositif revêt plusieurs intérêts. Le premier est souverain : en Europe, quasiment tous les paiements par carte transitent par Visa ou Mastercard, deux entreprises américaines. Dans le contexte géopolitique bouillant, cette dépendance représente un risque réel. Par ailleurs, l’euro numérique doit permettre à la BCE de garder le contrôle politique monétaire dans les usages quotidiens, alors que de plus en plus d’acteurs privés se lancent dans les stablecoins.
Mais ce n’est pas tout. L’émergence d’une monnaie numérique semble inévitable alors que l’argent liquide disparaît progressivement. En effet, les espèces représentent la seule forme de monnaie publique accessible à tous, l’euro numérique serait une façon de maintenir cette option dans un monde dématérialisé.

Deux amendements en faveur de l’euro numérique
Si pour l’heure, l’arrivée de l’euro numérique semble encore lointaine, l’Union européenne (UE) s’y prépare tranquillement. Le mois dernier, le Parlement, jusque-là principal point de blocage du projet, a adopté deux amendements favorables à la monnaie lors du vote du rapport annuel sur la BCE. Ce vote n’a aucune valeur juridique, mais il marque un tournant politique clair.
Lorsqu’il sera en place, l’euro numérique se fera sentir pour les consommateurs, mais aussi pour les professionnels. D’une part, il n’y aura plus besoin d’aller retirer de l’argent et de l’autre, les entreprises verront leurs opérations financières transformées. Un restaurateur pourrait, par exemple, recevoir ses paiements instantanément et ce, sans commission de carte bancaire.

Les banques s’y opposent
D’après Les Échos, les commerçants français sont en faveur de l’euro numérique pour des raisons de souveraineté, de concurrence et de résilience. Ils citent, notamment, la panne qui a frappé l’Espagne l’année dernière. Mais ils posent une condition claire : des frais moins élevés qu’actuellement.
Les banques, elles, s’y opposent fermement. Et ce n’est pas étonnant : l’euro numérique menace directement leur modèle. Car, si les particuliers peuvent stocker leur argent sous forme d’euros numériques émis par la BCE, ils n’ont plus nécessairement besoin d’un compte bancaire classique.
Ces institutions craignent une fuite des dépôts qui réduirait leur capacité à prêter et, par conséquent, leurs revenus. D’autant qu’elles perdront au passage une partie de leurs commissions sur les transactions, alors qu’elles ont déjà investi massivement dans leurs propres solutions de paiement, comme Wero. Pour rappel, la BCE vise 2027 pour une phase pilote et 2029 pour la mise en circulation de sa monnaie numérique.
- L’euro numérique, une monnaie émise directement par la BCE, se rapproche doucement mais sûrement.
- Pensé pour réduire la dépendance européenne à Visa et Mastercard et maintenir une monnaie publique à l’ère du tout-numérique, il divise pourtant.
- Les commerçants y voient une opportunité, les banques une menace directe pour leur modèle.
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