Bouchons matinaux, croisements en équerre, rues étroites… Bienvenue dans le centre-ville de Pau ! Ce n’est peut-être pas le terrain de prédilection du Renault Espace. Car s’il est 14 cm plus court que le modèle précédent, le français demeure en effet portant, avec une longueur de 4,74 mètres entre pare-chocs. Il parvient pourtant à bien se faufiler dans les artères paloises. Avec les quatre roues directrices optionnelles, ça aide, et c’est loin d’être sa seule qualité.
La douceur de conduite en milieu urbain est un de ses points forts. Si l’on met de côté le bruit insupportable du trois-cylindres durant quelques dizaines de secondes au premier démarrage, l’Espace propose un bel agrément à basse vitesse. Il faut dire que son système hybride est particulièrement bien géré, avec une batterie de 2 kWh autorisant, selon Renault, jusqu’à 80 % de roulage électrique en ville.
4,1 l/100 km en ville : comment ce grand SUV réussit un tel exploit ?
Dans les faits, on circulera bien la majorité du temps en silence, y compris lors des fortes accélérations. Ce n’est qu’en appuyant très franchement sur l’accélérateur que le bloc essence prend le relais pour combler le besoin de puissance. En plus de recharger la batterie, le freinage régénératif réglable via les palettes au volant permet en outre de soulager les plaquettes. La consommation est au final rikiki en zone urbaine.
Nous sommes tombés à 4,1 l/100 km sur un petit trajet de 7 km avec une vitesse moyenne de 19 km/h. Remarquable vu le gabarit. Une fois sorti de la ville, direction Espelette par l’autoroute A64. L’Espace a toujours été un voyageur hors-pair, n’est-ce pas ? Cela reste partiellement vrai pour cette sixième génération. L’appétit reste raisonnable à 6,5 l/100 km à 130 km/h, ce qui équivaut peu ou prou aux anciens modèles diesel.
Sur autoroute : le point noir qui vient gâcher le voyage
De quoi moins regretter la disparition du mazout sous le capot de l’Espace, qui ne propose plus qu’un seul moteur full-hybride. Avec 200 ch, les reprises demeurent suffisantes pour dépasser efficacement un poids-lourd traînant sur la voie de droite. Le principal problème se situe plutôt à bord, où les bruits d’air deviennent vite envahissants. L’insonorisation manque de soin avec des turbulences assez importantes au niveau des montants.
C’est dommage, car les sièges restent confortables et la conduite semi-autonome avoue une belle fluidité. L’amortissement reste aussi conciliant qu’en ville avec une absorption sans faille des irrégularités malgré l’absence de suspensions pilotées. Seul le bruit gâche réellement la fête. Le système audio Harman Kardon à 12 haut-parleurs pourra néanmoins couvrir ce désagrément moyennant 1 000 €.
Un châssis bluffant : qui a dit qu’un SUV familial ne pouvait pas être agile ?
Sinon, il faudra baisser sa vitesse… Cela tombe bien, la sortie numéro 3 pour Cambo les Bains se profile. Les départementales mettent alors en relief un atout insoupçonné de l’Espace : son châssis très bien réglé. Combiné aux quatre roues directrices de série sur les deux finitions les plus hautes, le français montre une agilité redoutable. Les virages sont enroulés sans le moindre souci avec les roues arrière braquant dans le même sens que les roues avant.
L’adhérence est bonne et on finirait par oublier que l’on conduit une familiale. C’est assez bluffant, même si le trois-cylindres hausse la voix. Si le roulis est suffisamment contenu, c’est plutôt la direction qui mériterait une plus grande fermeté. Elle demeure en effet trop assistée, y compris en mode Sport. Mais qui déjà roulerait en mode Sport avec un Renault Espace ? Personne, à part quelques farfelus comme nous…
Moins grand qu’avant ? La vérité sur le volume de coffre du nouvel Espace
La pause déjeuner à Espelette est ainsi l’occasion d’évaluer ce qui compte vraiment pour la clientèle : l’habitacle. C’est grand, mais moins grand que dans l’Espace 5, qui était lui-même moins grand que l’Espace 4. On perd au second rang les sièges individuels pour une banquette coulissante en deux parties avec des dossiers réglables. La place est généreuse, même si un petit tunnel central vient gêner le passager du milieu.
C’est autre chose pour le troisième rang, en option à 500 €, qui propose un espace ridicule. Les jambes touchent rapidement les dossiers avant et la posture n’est pas agréable. On pourra quand même limiter le supplice en avançant la banquette du second rang au maximum. Le coffre admet un volume de 581 litres en version 5 places banquette reculée, et 477 litres en version 7 places banquette reculée, avec la dernière rangée rabattue.
Android Automotive: une expérience numérique digne de votre smartphone
Pour ce genre de véhicule, c’est correct. Pour un Renault Espace, c’est faiblard. Les bons points se trouvent finalement aux places avant. L’infodivertissement supporté par Android Automotive est par exemple au top avec une facilité d’usage digne d’un smartphone. Plus d’une centaine d’applications figure dans le store du véhicule pour se concocter une expérience numérique sur mesure.
Rien à dire à ce niveau-là, et l’histoire se répète concernant l’ergonomie générale, qui a été réfléchie. Les commandes physiques pour la ventilation et les aides à la conduite sont en ce sens aisément accessibles. On peut juste s’emmêler les pinceaux avec les trois commodos présents sur la droite de la colonne de direction. Mais on s’y fait rapidement. La qualité de finition se place dans la moyenne, avec rien de remarquable ni de véritablement grossier.
À partir de 46 000 € : l’Espace est-il une meilleure affaire que le Peugeot 5008 ?
C’est ce que l’on peut aussi dire concernant le style extérieur, qui ne déchaînera pas les passions… Concernant l’équipement, l’Espace joue les généreux avec peu d’options. Notre version Iconic à 51 800 € embarque entre autres les jantes de 20 pouces, le hayon motorisé, les sièges avant électriques, la conduite semi-autonome, le parking mains-libres et la caméra 360°. Affichage tête-haute, feux Matrix LED et toit panoramique opacifiant sont en supplément.
La finition de base Techno attaque à 46 000 €. L’Espace dépasse d’office le Peugeot 5008 d’entrée de gamme démarrant à 42 200 €. Mais ce dernier n’a qu’une micro-hybridation de 145 ch autrement moins efficace que l’ensemble full-hybride du Renault. Quant à Volkswagen, son Tayron s’affiche au minimum à 52 300 €, avec là encore une micro-hybridation. Dans son univers de concurrence, le Renault Espace demeure donc relativement bien placé.

Notre avis sur le Renault Espace
S’il opère quelques reculades au chapitre de la praticité, le Renault Espace s’en tire malgré tout avec une belle synthèse. Bien confortable, convenablement équipé et peu gourmand, ce grand SUV offre en prime une agilité surprenante appréciable en courbes. On regrettera seulement une insonorisation un peu trop légère sur autoroute et un troisième rang qui ne servira qu’en dépannage. Le style manque aussi d’originalité, mais c’est là une remarque personnelle…
Et vous, ce passage du monospace traditionnel au SUV 7 places hybride vous convainc-t-il, ou regrettez-vous les anciennes générations de l’Espace ? Donnez-nous votre avis dans les commentaires !

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.













