Si vous rêviez que les prix des carburants allaient continuer à baisser, le réveil risque d’être difficile tant celui-ci va augmenter dans les années à venir. L’Ufip Energies et Mobilités, l’organisation représentant les professionnels du secteur pétrolier, vient de tirer la sonnette d’alarme. Selon elle, les prix à la pompe pourraient grimper jusqu’à 23 centimes par litre dans les deux prochaines années. De quoi faire revenir les Gilets jaunes ?
L’Europe fait flamber le carburant
Le principal responsable de cette future explosion des prix ? L’ETS2, second marché européen du carbone, un mécanisme qui vise à taxer les émissions liées au chauffage des bâtiments et aux carburants routiers. Son entrée en vigueur, prévue pour 2027, pourrait à elle seule faire grimper les prix de 15 centimes par litre.
« Cette estimation est cohérente avec celle de la Cour des comptes qui prévoyait une hausse de 10 à 11 % de la facture carburant des ménages français », explique Olivier Gantois, président exécutif de l’Ufip. En clair, l’impact pourrait atteindre jusqu’à 650 euros par an pour certains foyers.
C’est plutôt simple, plus vous émettez de CO2, plus vous payez. Dans les faits, ce n’est pas l’automobiliste qui sera directement taxé, mais les fournisseurs de carburants. Il n’y a évidemment aucun doute sur le fait que ces derniers répercuteront la facture sur le prix à la pompe.
Plus de voitures électriques pour un carburant plus cher
Comme si l’ETS2 ne suffisait pas, deux autres mécanismes vont alourdir la note. D’abord, les fameux certificats d’économie d’énergie (CEE). Ce dispositif oblige les fournisseurs d’énergie à financer des travaux de rénovation énergétique ou l’achat de véhicules électriques.
Actuellement, ces CEE coûtent 8 centimes par litre aux consommateurs. Mais ce montant pourrait doubler d’ici 2030, atteignant 16 centimes si les objectifs les plus ambitieux sont retenus par le gouvernement. Les discussions sont en cours pour définir la sixième période de ce programme, qui s’étendra de 2026 à 2030.
Enfin, troisième composante de cette hausse : l’incorporation obligatoire des biocarburants. En 2024, cette mesure coûte déjà 5,8 centimes par litre aux automobilistes, contre seulement 2,7 centimes en 2019. Une augmentation qui s’explique par les volumes croissants de biocarburants que les distributeurs doivent incorporer dans l’essence et le diesel traditionnels.
10 milliards de pertes d’ici à 2030
La seule bonne nouvelle dans ce tableau peu réjouissant : les experts s’attendent à une relative stabilité du prix du baril de pétrole à moyen terme. Mais cette accalmie sur le front du brut ne compensera pas les hausses liées à la transition énergétique.
Face à cette situation, l’Ufip ne demande pas l’abandon des objectifs environnementaux, mais plaide pour « des objectifs atteignables » et une fiscalité qui tiendrait compte de la part d’énergie fossile dans les carburants ou de leur bilan carbone.
Avec la baisse programmée de la consommation de carburants fossiles, l’État français pourrait perdre près de 10 milliards d’euros de recettes fiscales d’ici 2030. Des milliards qu’il faudra bien aller chercher autre part…
- Les prix des carburants pourraient augmenter de 23 centimes par litre d’ici 2027
- Cette hausse s’explique par trois mécanismes : l’ETS2 (15 centimes), les CEE (jusqu’à 8 centimes supplémentaires) et les biocarburants (5,8 centimes)
- L’impact pourrait atteindre 650 euros par an pour certains ménages, une hausse comparable à celle qui avait déclenché le mouvement des Gilets jaunes
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