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Immense correction pour l’IA : Anthropic paie 1,5 milliard $ pour piratage de livres

Un accord qui illustre les tensions entre innovation fulgurante et respect du droit d’auteur à l’ère de l’IA générative.

C’est un accord historique qui pourrait faire jurisprudence dans la filière de l’intelligence artificielle (IA). La justice américaine vient de valider un compromis entre Anthropic et un groupe d’auteurs qui l’accusent d’avoir utilisé leurs livres piratés pour entraîner ses modèles. Ainsi, l’entreprise accepte de verser 1,5 milliard de dollars pour éviter un procès aux conséquences potentiellement dévastatrices.

Une plainte d’auteurs face aux pratiques de l’IA

L’affaire a été initiée en 2024 par trois écrivains, Andrea Bartz, Charles Graeber et Kirk Wallace Johnson, qui reprochaient à Anthropic d’avoir massivement téléchargé des ouvrages depuis des bibliothèques en ligne pirates, comme Library Genesis ou Pirate Library Mirror, expliquent nos confrères de 01.net.

Selon eux, plusieurs millions de livres auraient été stockés et exploités illégalement pour perfectionner Claude, l’assistant conversationnel concurrent de ChatGPT. Le juge William Alsup, de la cour fédérale de San Francisco, va dans leur sens : il estime que les dirigeants savaient pertinemment que ces fichiers étaient illégaux et ont préféré « les voler » plutôt que d’en faire l’acquisition classique. Ce choix a exposé la start-up à des dommages colossaux, jusqu’à 150 000 dollars par livre piraté.

Face au risque d’un procès prévu en décembre, Anthropic a donc préféré céder. Le géant de l’IA versera 3 000 dollars par œuvre à près de 500 000 auteurs, en plus de supprimer les copies piratées.

Anthropic Claude
© Koshiro K / Shutterstock.com

Quelles conséquences ?

Il y a quelques mois, le magistrat avait pourtant accordé un premier succès partiel à Anthropic en reconnaissant que l’utilisation de livres acquis légalement entrait dans le cadre du « fair use », principe du droit américain sur la propriété intellectuelle. Mais l’usage d’ouvrages piratés, lui, ne passe pas.

« Ce règlement envoie un message puissant : prendre des œuvres protégées sur ces sites pirates est une faute », a réagi Justin A. Nelson, l’avocat des plaignants. Comme au début des années 2000 avec la musique en ligne, la filière est donc contrainte de se structurer autour de licences payantes. Un phénomène que l’on voit prendre de l’ampleur, notamment entre entreprises d’IA et éditeurs de presse. À noter que d’autres procédures similaires sont en cours, à l’image d’une plainte du New York Times contre OpenAI et Microsoft.

Malgré tout, Anthropic, soutenue par Amazon et Google, reste dans une position financière solide. La société a récemment vu sa valorisation grimper à 183 milliards de dollars, une puissance de feu qui lui permet de solder ce contentieux tout en poursuivant la course effrénée au développement de modèles toujours plus performants.

  • Anthropic va payer 1,5 milliard de dollars pour solder une plainte d’auteurs l’accusant d’avoir utilisé des livres piratés.
  • Le juge avait validé l’usage de livres achetés, mais condamné le recours délibéré à des bibliothèques illégales.
  • Cet accord pourrait devenir un tournant pour l’industrie de l’IA, confrontée à une vague de procès similaires.

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