Depuis janvier dernier, Kevan Parekh est le tout nouveau directeur financier d’Apple en lieu et place de Luca Maestri. Le dirigeant a d’emblée fort à faire et a dû répondre ce jeudi 16 janvier à des questions embarrassantes devant un tribunal londonien. Faisons le point.
75 % de marges bénéficiaires pour Apple sur l’App Store ?
C’est donc devant le Competition Appeal Tribunal (CAT), une juridiction britannique traitant les litiges liés au droit de la concurrence, qu’il est intervenu. Dans le cadre d’un procès antitrust qui accuse la marque à la pomme de position dominante sur le marché des applications, l’avocat des plaignants, Michael Armitage, a rappelé que des preuves citées dans un autre procès américain font état de marges d’exploitation de l’App Store de plus de 75 %.
Un chiffre corroboré par un autre expert-comptable agissant au nom des plaignants dans l’affaire en cours. « Cela suggère plutôt que ces chiffres sont exacts, n’est-ce pas M. Parekh ? ». Ce à quoi l’intéressé a répliqué : « Je ne dirais pas qu’ils sont exacts. »
Pourquoi ? « Je pense qu’il est possible de faire une estimation ». Il ajoute que « cela ne peut pas être estimé de manière significative et précise ». D’après lui, Apple « ne peut pas attribuer tous les coûts indirects à des produits ou services spécifiques. Toute tentative d’attribuer ces types de coûts impliquerait des jugements imprécis et subjectifs ».
1,75 milliard d’euros réclamés à Apple
Dans cette affaire, Rachel Kent, une conférencière au King’s College de Londres, agit au nom de millions de consommateurs britanniques. Ils accusent Apple de monopole sur ce marché et estiment que la marque à la pomme force les développeurs à distribuer leurs applications sur l’App Store.
Une somme de 1,5 milliard de livres sterling à Apple, soit environ 1,75 milliard d’euros, est réclamée en raison de commissions « excessives et injustes » facturées aux développeurs qui sont ensuite répercutées aux clients.
Apple se défend et vante « les énormes avantages conférés par l’innovation d’Apple par l’écosystème iOS dans son ensemble ». Cités par le Financial Times, les avocats de la compagnie menés par Marie Demetriou KC estiment que le « système unique entièrement intégré » d’Apple est « conçu pour protéger la sécurité, la confidentialité et la sûreté des utilisateurs, et offrir une expérience utilisateur simple et intuitive ».
Le dossier brûlant de l’App Store
Pour rappel, et en vue de se conformer au Digital Markets Act, la législation de l’Union européenne dédiée aux géants de la Tech, la marque à la pomme a mis en place plusieurs mesures sur l’App Store et notamment la possibilité pour les développeurs de proposer des concurrents à sa boutique sur l’iPhone. Des outils ont été déployés à cet effet. Pour autant, la bataille n’est pas terminée et les grands rivaux de la firme de Cupertino estiment toujours que le compte n’y est pas.
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