Le Digital Markets Act vise les géants de la tech dont les plateformes peuvent privilégier leurs services, au détriment de ceux des développeurs tiers. C’est par exemple pour respecter cette législation de l’UE qu’Apple a ouvert sa plateforme iOS aux concurrents de l’App Store, ainsi qu’aux téléchargements directs d’applications depuis le web. Mais la Commission européenne ne s’arrête pas là, puisqu’elle demande aussi à la firme de Cupertino d’améliorer l’interopérabilité des produits concernés par le Digital Markets Act avec les accessoires connectés proposés par les concurrents d’Apple dans ce secteur.
Comme le rapporte Bloomberg, la Commission européenne a récemment publié un document dans lequel celle-ci explique que les développeurs tiers doivent obtenir des informations détaillées sur la façon dont on fait les demandes pour accéder à certaines fonctionnalités de l’iPhone. Bruxelles demande aussi un processus transparent et un contact au sein d’Apple pour gérer ces requêtes de développeurs. De plus, en cas de refus d’une demande d’un développeur, Apple devrait prévoir un processus de conciliation.
“Apple doit (entre autres obligations) fournir aux tiers une interopérabilité effective et gratuite avec les mêmes fonctionnalités matérielles et logicielles que celles dont dispose Apple et qui sont accessibles ou contrôlées par l’intermédiaire d’iOS et d’iPadOS”, indique la Commission européenne. En d’autres termes, les accessoires connectés Apple ne devraient pas avoir d’avantages par rapport à ceux produits par des sociétés tierces.
Le torchon brûle
Adepte des systèmes fermés, Apple est bien entendu critique à l’égard de cette démarche. Et comme d’habitude, la firme estime que l’interopérabilité met en danger la vie privée de ses utilisateurs. “Nous craignons que certaines entreprises, dont les pratiques en matière de données ne respectent pas les normes élevées de protection des données établies par l’UE et soutenues par Apple, ne tentent d’abuser des dispositions d’interopérabilité du DMA pour accéder aux données sensibles des utilisateurs”, lit-on dans ce document.
Meta pointé du doigt
La firme de Cupertino pointe notamment du doigt le groupe Meta. Ce dernier aurait déjà envoyé 15 demandes d’interopérabilité “qui, si elles étaient acceptées, réduiraient les protections des données personnelles que nos utilisateurs sont en droit d’attendre de leurs appareils.” La société de Mark Zuckerberg a déjà réagi. Cité par Bloomberg, un représentant explique : “Ce qu’Apple dit en réalité, c’est qu’elle ne croit pas à l’interopérabilité. Chaque fois qu’Apple est mis en cause pour son comportement anticoncurrentiel, il se défend en invoquant des motifs liés à la protection de la vie privée qui n’ont aucun fondement dans la réalité.” Meta commercialise des casques de réalité mixte et des lunettes connectées qui profiteraient d’une meilleure interopérabilité avec le matériel des produits Apple.
Au mois de septembre, la Commission a ouvert des procédures pour préciser les obligations d’Apple en matière d’interopérabilité, pour respecter le Digital Markets Act. C’est dans le cadre de cette procédure que les documents cités par Bloomberg ont été publiés. Actuellement, la Commission consulte les parties intéressées, avant de valider les mesures d’interopérabilité prévues avec Apple.
- Alors qu’Apple a déjà ouvert iOS aux concurrents de l’App Store pour respecter le Digital Markets Act, la Commission européenne exige aussi que la firme améliore l’interopérabilité de l’iPhone avec les produits tiers
- Les développeurs intéressés pourront envoyer des demandes d’interopérabilité pour accéder à certaines fonctionnalités de l’iPhone, et la Commission exige un processus transparent
- Actuellement, Bruxelles consulte les parties intéressées, avant de valider les mesures qui seront prises par Apple
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