Shein place ses pions. Le géant chinois de la fast-fashion lance son programme Fashion X fast forward, en France pour débuter, puis dans d’autres pays par la suite. Objectif : soutenir les jeunes designers en leur offrant une opportunité de se lancer et d’exprimer leur créativité.
Aider les jeunes créateurs… et les marques en péril
Leonard Lin, président de Shein pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, s’est entretenu avec plusieurs journalistes pour évoquer ce nouveau projet. Concrètement, les vêtements et collections des marques et créateurs français sélectionnés seront vendus directement sur la plateforme. Ils seront, par conséquent, accessibles à l’ensemble de ses utilisateurs dans le monde entier, leur offrant une visibilité internationale immédiate et considérable.
Un coup de pouce clairement bienvenu lorsque l’on sait que les marques de mode effectuent en moyenne 10 à 15 % de leurs ventes en ligne. Les créateurs conserveront leur identité de marque, promet Shein, qui s’occupera pour sa part de la logistique, de la distribution et du marketing. De quoi permettre aux participants de se concentrer sur le design de leurs produits.
En contrepartie, l’entreprise chinoise va bien entendu prélever une commission sur les transactions. Le pourcentage variera selon plusieurs critères, comme la taille de la société, son potentiel ou encore, le niveau de services et d’accompagnement fourni par Shein. Actuellement, les revendeurs déjà présents sur le site lui versent 10 % de leurs ventes.
Mais ce n’est pas tout. Cette initiative, qui va entraîner l’ouverture prochaine d’un bureau en France, a aussi l’ambition de venir en aide aux nombreuses entreprises de prêt-à-porter en difficulté dans le pays, à l’instar de Jennifer, Naf Naf, C&A ou Pimkie, pour ne citer qu’elles. Ironie du sort, la plupart attribue leur déclin aux pratiques des plateformes d’e-commerce chinoises comme Shein, qui ont cassé les prix des produits. Leur situation est aussi due au post-Covid, certains consommateurs s’étant habitués à faire leurs achats sur la toile.

Shein dans la tempête réglementaire
Cette initiative intervient à un moment très opportun pour Shein, dans le viseur non seulement des autorités européennes, mais aussi françaises. Le gouvernement propose, dès 2026, l’instauration de frais de gestion forfaitaire de quelques euros sur chaque colis venu de Chine. De quoi financer les contrôles de sécurité, de contrefaçon et de valeur.
À l’échelle européenne, ce sont l’introduction d’une nouvelle taxe, ainsi que l’exonération actuelle des droits de douane sur les colis de moins de 150 euros, qui sont envisagés.
De son côté, Shein a l’intention d’intégrer une cinquantaine de marques françaises à Fashion X fast forward dans les six prochains mois.
- Shein lance une initiative visant à proposer les vêtements de jeunes designers français sur sa marketplace.
- Elle veut aussi intégrer des marques en difficulté, comme Jennyfer ou Pimkie.
- Cette initiative intervient alors que de plus en plus de réglementations ciblent la plateforme en Europe.
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