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Après le vendredi noir, le lundi noir : pourquoi les bourses mondiales s’effondrent depuis plusieurs jours ?

La panique s’est emparée des marchés financiers mondiaux. Après une chute brutale vendredi, les principaux indices boursiers ont plongé lundi, effaçant des milliards de dollars de capitalisation. Cette débâcle boursière trouve son origine dans une conjonction de facteurs économiques préoccupants, principalement aux États-Unis.

Le Nasdaq, indice phare des valeurs technologiques, a dévissé de 3,4% lundi, portant sa correction à plus de 13% depuis son pic de juillet. Le S&P 500, baromètre de Wall Street, a chuté de 3%, accusant un recul de 8,5% depuis son sommet estival. En Europe, l’Euro Stoxx 50 a perdu 2,17%, tandis que le CAC 40 parisien cédait 1,42%.

L’élément déclencheur de cette tempête boursière ? La publication vendredi des chiffres de l’emploi américain pour juillet. Le taux de chômage a bondi à 4,3%, tandis que les créations d’emplois ont marqué le pas à 114 000, bien en deçà des 179 000 du mois précédent. Ces données ont ravivé les craintes d’une récession imminente aux États-Unis.

La Fed sous le feu des critiques

La Réserve fédérale américaine (Fed) se retrouve dans une position délicate. Accusée d’avoir tardé à relever ses taux pour juguler l’inflation, elle fait désormais face au reproche inverse : ne pas les baisser assez vite face au risque de récession.

Jerome Powell, le président de la Fed, avait indiqué fin juillet que la première baisse des taux interviendrait en septembre. Une perspective qui avait alors réjoui les marchés. Mais les mauvais chiffres de l’emploi ont changé la donne. De nombreuses voix s’élèvent désormais pour réclamer une action immédiate de la banque centrale.

Bill Ackman, célèbre investisseur, résume le sentiment général au Monde : “la Réserve fédérale a tardé à relever ses taux. Elle tarde désormais à les baisser”. Elizabeth Warren, sénatrice démocrate, exhorte Jerome Powell à “réduire les taux maintenant, pas attendre six semaines”.

La pression sur la Fed s’accentue. Les marchés anticipent désormais une baisse d’au moins 0,5 point de pourcentage en septembre, suivie d’autres réductions d’ici la fin de l’année.

La bulle technologique, fer de lance de la hausse boursière ces derniers mois, subit de plein fouet cette correction. Nvidia, brièvement l’entreprise la plus valorisée au monde, a chuté de 5,6% lundi. Même Apple, considérée comme la valeur refuge par excellence, n’est pas épargnée avec un recul de 4,3%.

La vente massive d’actions a provoqué un afflux vers les obligations d’État américaines, faisant chuter les taux d’intérêt à long terme. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans est tombé à 3,75%, en baisse de près d’un point de pourcentage depuis mai.

Effet boule de neige

Au-delà des États-Unis, les inquiétudes sur l’économie mondiale pèsent lourd. La Chine peine à relancer sa croissance, plombée par une crise immobilière et financière. Cette situation impacte directement les cours des matières premières. Le cuivre, baromètre de l’activité économique mondiale, a perdu plus de 20% depuis mai aux États-Unis.

Le Japon n’est pas épargné. Le Nikkei a plongé de 12,4% lundi, sa pire performance depuis le krach de 1987. La récente remontée des taux par la Banque du Japon et l’appréciation du yen expliquent en partie cette débâcle.

En Europe, les fleurons de l’économie accusent le coup. LVMH a perdu 29% depuis son pic de mars, tandis que Novo Nordisk recule de 15%.

Certains analystes tentent de relativiser et évoquent une simple correction du secteur technologique après des mois d’euphorie. Dan Ives, de Wedbush Securities, y voit même des opportunités. “Ce n’est pas le moment de paniquer sur le marché des technologiques, c’est le moment de partir à la chasse aux bonnes affaires” tempère-t-il.

La Fed, elle, se veut rassurante. Austan Goolsbee, président de l’antenne de Chicago, a promis que l’institution “réagirait aux signes de faiblesse de l’économie”. Les prochaines semaines s’annoncent donc cruciales pour l’orientation des marchés financiers et de l’économie mondiale.

Les milliardaires de la Silicon Valley durement touchés

La débâcle boursière a durement touché les milliardaires de la Silicon Valley. Les fondateurs et dirigeants des géants technologiques ont vu leur fortune fondre de plusieurs milliards de dollars en une seule journée. Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, et Larry Ellison d’Oracle ont été les plus impactés avec des pertes respectives de 6,4 et 6,2 milliards de dollars. Jensen Huang, PDG de Nvidia, a vu sa fortune diminuer de 5,9 milliards, tout comme les cofondateurs de Google, Larry Page et Sergey Brin.

D’autres figures emblématiques de la tech n’ont pas été épargnées : Elon Musk (Tesla) a perdu 4,9 milliards, Mark Zuckerberg (Meta) 4,3 milliards, et Bill Gates (Microsoft) 2,6 milliards. Même Warren Buffett, légende de l’investissement, a vu sa fortune reculer de 4,4 milliards.

Ces pertes colossales s’expliquent par la forte baisse des marchés, notamment du Nasdaq (-3,4%), indice de référence des valeurs technologiques. La fortune de ces milliardaires est en effet étroitement liée à la valeur des actions de leurs entreprises, qui constituent souvent une part importante de leur rémunération.

Malgré ces pertes spectaculaires, il convient de relativiser. La plupart de ces personnalités conservent une fortune nette largement supérieure à 100 milliards de dollars. Jeff Bezos, le plus “perdant” de la journée, reste la deuxième personne la plus riche au monde avec 180,7 milliards de dollars.

  • Les bourses mondiales s’effondrent suite aux mauvais chiffres de l’emploi américain.
  • La Fed est critiquée pour sa lenteur à baisser les taux face au risque de récession.
  • Les inquiétudes sur l’économie mondiale, notamment en Chine, amplifient la chute des marchés.

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