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Après Samsung et SK Hynix, les salariés de Micron montent au front et réclament leur part des milliards de l’IA

Les fabricants de puces mémoires engrangent des superprofits grâce à l’avènement de l’intelligence artificielle. Leurs salariés veulent, eux aussi, voir la couleur de ces billets.

C’est une vague de contestation inédite qui secoue le géant américain des semi-conducteurs, Micron. À Taïwan, cœur stratégique de sa production mondiale, les employés du site de Taoyuan ont voté à 99 % en faveur d’un mouvement de grève.

La proposition de la direction, une prime exceptionnelle de 31 000 dollars par salarié, a été jugée insuffisante. Car les travailleurs réclament un accord pérenne, qui intègre non seulement une prime, mais aussi un mécanisme fixe de partage des profits, situé à environ 15 % du bénéfice d’exploitation.

Le timing est très défavorable au géant de la tech, lui qui fabrique des composants mémoires clés (DRAM et HBM) indispensables, entre autres, aux serveurs d’intelligence artificielle (IA). Il risque ainsi d’aggraver la pénurie qui secoue le marché depuis de longs mois maintenant.

La révolte chez les géants de la mémoire

Il ne s’agit pas d’un cas isolé, cette grève s’inscrit dans un mouvement de contestation qui gagne l’ensemble de l’industrie de la mémoire. Cette année, les employés des deux géants sud-coréens, Samsung et SK Hynix, ont eux aussi fait valoir leurs droits. Les objectifs sont les mêmes à chaque fois : profiter, eux aussi, des bénéfices monstres engrangés grâce à l’essor de l’IA.

Au printemps, Samsung a évité de peu une grève historique qui menaçait directement ses usines. La direction a ainsi accepté d’allouer 10,5 % de son bénéfice d’exploitation sous forme de primes pour ses employés de la branche semi-conducteurs.

Même son de cloche chez la rivale SK Hynix. Dopé par des ventes records, le groupe s’est résolu à accorder des bonus pouvant atteindre plus de 400 000 dollars par salarié. C’est donc sans surprise que les salariés de Micron réclament leur dû.

Micron Bourse
© PJ McDonnell / Shutterstock.com

Un incontournable de l’IA

D’autant que Micron, basée dans l’Idaho, a connu une flambée inédite cette année et rejoint le cercle très fermé des entreprises valorisées à plus de 1 000 milliards de dollars. Seule survivante du secteur de la mémoire outre-Atlantique, elle forme le « Big Three » aux côtés de ses deux concurrentes sud-coréennes.

Micron s’impose aujourd’hui un maillon incontournable dans la fourniture de mémoires à haut débit pour les puces IA, notamment chez NVIDIA.

  • Les salariés taïwanais de Micron ont voté pour la grève à 99 %.
  • Ils ont rejeté une prime unique de 31 000 dollars pour exiger un partage pérenne de 15 % des bénéfices d’exploitation.
  • Ce conflit fait suite aux concessions record de Samsung et SK Hynix, sous la pression de travailleurs décidés à capter les superprofits de l’intelligence artificielle.

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