Après avoir passé en revue les bienfaits de la vitamine C, attaquons-nous maintenant à l’autre gros morceau qu’est la vitamine D. Elle est très utile en hiver, car l’organisme la fabrique lui-même par exposition cutanée aux UV, ce qui couvre une part importante de ses besoins journaliers. Disons simplement que d’octobre à février, le Soleil n’irradie pas l’Hexagone de ses doux rayons ; se suppléer est donc une bonne idée.
La vitamine D contribue à la fixation du calcium sur les os, soutient les défenses immunitaires et intervient dans de nombreux processus cellulaires (fonction musculaire, régulation génétique, réduction de l’inflammation, etc.). En cas de carence sévère, le risque de voir se développer des pathologies aussi sérieuses que l’ostéomalacie ou certaines maladies auto-immunes augmente. Plusieurs études établissent également un lien entre un déficit en vitamine D et une déprime passagère (le blues de l’hiver), même si le lien causal reste à démontrer.
Vitamine D : « plus » n’est pas « mieux »
Des bienfaits solidement étayés et documentés par la littérature scientifique, qui ne prêtent pas réellement au débat. En revanche, affirmer qu’on peut s’en envoyer des boîtes entières sans craindre d’effets secondaires est une hérésie médicale qui peut vous exposer à de graves complications.
La vitamine D est liposoluble, et contrairement à la vitamine C, l’organisme la stocke dans les tissus adipeux et le foie. En cas d’apport excessif, l’absorption intestinale du calcium est stimulée au-delà de ce que l’organisme peut tolérer. Dans les cas les plus extrêmes, cela peut provoquer une hypercalcémie, un taux de calcium trop élevé dans le sang qui peut former des dépôts calcaires dans les artères et les tissus mous.
Une condition peu agréable et potentiellement dangereuse, puisqu’elle s’accompagne de nombreux symptômes qui vous feront passer l’envie de vous auto-médicamenter. Risque accru de calculs rénaux, perturbation du métabolisme osseux, nausées, vomissements, fatigue et douleurs musculaires. Dans les cas les plus graves, et si la situation n’est pas prise en charge, une insuffisance rénale peut se déclarer et nécessiter une dialyse.
Aux États-Unis, plusieurs études ont documenté une forte augmentation des cas d’intoxication à la vitamine D sur la période 2000–2010, impliquant fréquemment des enfants et des adolescents. Les nombreux ouvrages vantant ses bienfaits ont attiré l’intérêt du grand public, poussant de nombreux consommateurs à dépasser largement les apports nutritionnels conseillés.
Les autorités sanitaires, dont la Harvard Medical School, recommandent de ne pas dépasser 15 à 20 µg par jour (600 à 800 UI) pour un adulte, et de ne jamais franchir le seuil de 100 µg (4 000 UI), sans suivi médical. Les comprimés vendus en libre-service dans nos pharmacies sont généralement dosés à 1 000 ou 2 000 UI. Rester sous le seuil ne vous demandera pas un effort surhumain puisqu’il faudra juste vous éviter de vous enfiler deux ou quatre comprimés par jour. Profitez donc du retour des beaux jours pour vous exposer au Soleil dès que vous le pouvez, au moins 15 ou 20 minutes par jour, avant que la canicule ne vous bloque chez vous. C’est bon pour le moral, vous stimulerez la production naturelle de vitamine D et cela vous évitera de finir dans la rubrique nécrologique parce que vous avez avalé une ampoule de 50 000 UI en pensant bien faire.
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