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Artemis 2 : la dernière étape est validée, la fusée est prête à décoller pour la Lune

La fusée SLS de 98 mètres vient d’être acheminée sur son pas de tir 39B au Centre spatial Kennedy, en Floride, l’ancien pas de tir de la fusée Saturn V. Prochaine étape : un voyage de 10 jours avec un passage autour de la Lune, pour 4 astronautes.

« Nous allons avancer à une vitesse de croisière légèrement inférieure à 1 mile par heure », présentait avec humour la directrice des lancements Artemis, Charlie Blackwell-Thompson. Lors d’une conférence de presse vendredi 16 janvier, la NASA a annoncé la dernière étape cruciale avant le retour des humains autour de la Lune avec Artemis 2. La fusée SLS (Space Launch System), ou la fusée la plus chère de l’histoire de l’agence spatiale américaine (qualifiée de « cauchemar budgétaire »), s’est dirigée vers son pas de tir au Centre spatial Kennedy. L’opération a pris toute la journée de samedi 17 janvier.

De son bâtiment d’assemblage jusqu’au pas de tir 39B (le mythique pas de tir de la fusée Saturn V), les équipes de la NASA auront dû transporter la SLS pendant près de 12 heures, sur une distance de 6,4 kilomètres. En plus de sa taille de 98 mètres, la fusée pèse plus de 2 600 tonnes. La route empruntée passait d’ailleurs par une légère petite bosse et un virage, de quoi ralentir d’autant plus la vitesse de progression du convoi. Pour l’anecdote, la surpuissante plateforme à chenilles (CT-2) utilisée pour supporter la fusée est la même qu’il y a cinquante ans. Pesant à elle seule 3 000 tonnes, elle est capable de supporter 8 200 tonnes au maximum.

Artemis Ii Rollout
© NASA

La fusée SLS, 98 mètres et 3 750 tonnes de poussée

À la sortie de la fusée SLS de son VAB (Vehicle Assembly Building), plusieurs clichés ont fait le tour de la toile. Le lanceur d’Artemis 2 n’est pas le plus grand (Saturn V mesurait 110 mètres et Starship de SpaceX mesure 124 mètres), mais la taille de ses boosters (capables de générer une poussée de 3 750 tonnes) impressionne. La SLS est une fusée produite par Boeing (maître d’œuvre), responsable de l’étage central, et s’appuie sur des boosters d’appoint à propergol solide de Northrop Grumman, des moteurs RS-25 de L3Harris et enfin d’une production de l’étage supérieur par l’ULA (United Launch Alliance).

Désormais, la fusée est fin prête à décoller. Il ne manque plus que les équipes du programme Artemis ne décident du jour de lancement. Plusieurs dates sont d’ores et déjà présentées comme propices, sur le calendrier du programme, dévoilé au début de l’année. Alors que l’on s’attendait à un lancement en avril, il s’avère que la mission Artemis 2 pourrait être lancée au plus tôt le 6 février. Lors d’une conférence de presse le vendredi 16 janvier, en amont de l’arrivée de la fusée SLS sur son pas de tir, ses responsables confirmaient qu’ils disposaient bien de plusieurs jours adéquates, chaque mois. Les créneaux restent susceptibles d’évoluer en fonction d’éventuels problèmes techniques ou de soucis météo.

Pour rappel, la mission Artemis 2 est la première du programme à embarquer des astronautes à bord, dans le vaisseau Orion. L’équipage sera formé de quatre membres, les Américains Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch, ainsi que le Canadien Jeremy Hansen. Ensemble, ils partiront pour une mission de 10 jours avec une révolution autour de la Lune, figurant comme le climax de ce long voyage. En cours de route, les membres auront aussi pour objectif de tester les commandes manuelles du vaisseau Orion, en vue de futurs rendez-vous orbitaux, sur des missions ultérieures (notamment pour du ravitaillement en vol).

Artemis Ii Rollout
© NASA

Les doutes sur le bouclier thermique

La fin de mission, et le retour de la capsule vers la Terre, seront l’occasion de confirmer que le bouclier thermique produit par Lockheed Martin est capable de résister aux contraintes mécaniques et aux températures extrêmes (2 700 degrés) dues à la friction (à plus de 40 000 km/h). Lors de la mission Artemis 1, ce dernier n’avait pas complètement satisfait les équipes de la NASA. Certaines de ses zones avaient été érodées bien plus profondément que prévu. Il faut dire que le vaisseau d’Artemis 1 a été classé comme la plus rapide rentrée atmosphérique jamais tentée par un véhicule habité.

Depuis, l’agence spatiale américaine a conclu que cette limite du bouclier atmosphérique été dû à des gradients de pression de gaz internes qui avaient provoqué un décollement localisé du matériau.

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