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Re:Play #16 : Astérix, le meilleur jeu vidéo de la licence a 33 ans (et il est japonais)

Alors que la licence Astérix est de retour en force grâce à Netflix (et Alain Chabat), on repart direction 1992, dans les salles d’arcade, pour revenir sur ce qui constitue aujourd’hui encore, aux yeux de nombreux joueurs, le “meilleur jeu vidéo Astérix”.

Nous sommes en 1992 après Jésus-Christ, bien avant les consoles de salon surpuissantes et les mondes ouverts photoréalistes. Une époque où les salles d’arcade résonnaient de ces tintements de pièces glissées dans les fentes, des cris pixelisés de héros intrépides, et du parfum ineffable de l’émerveillement (et parfois de transpiration aussi) des enfants que nous étions. A l’époque, Konami, déjà à l’origine des fabuleux Sunset Riders et autres TMNT Turtles in Time, décide d’ajouter une touche gauloise à son répertoire arcade. Ainsi naquit Astérix, un beat’em up qui, plus de trente ans après, reste gravé dans la mémoire de nombreux joueurs comme “le meilleur jeu Astérix“. Tout simplement.

Dans le petit monde du jeu vidéo, les années passent… mais la passion et les souvenirs restent ! Re:Play revient sur les grands classiques de l’Histoire du jeu vidéo. Un petit retour vers le futur passé, à la recherche de votre âme d’enfant ou d’adolescent, celle-là même qui vous a sans doute déjà fait (ou vous fera) prononcer la formule magique “c’était mieux avant”. Et si c’était vrai…? Alors on souffle dans la cartouche, c’est parti pour Re:Play !

Une licence franco-belge magistralement adaptée… par un studio japonais

Ils sont fous ces Japonais ! Un développeur japonais (Konami) aux commandes d’une adaptation d’Astérix le Gaulois ? Voilà qui pouvait paraitre bien périlleux. Pourtant, le développeur nippon avait déjà largement prouvé sa capacité à adapter en arcade des franchises occidentales avec brio. Ainsi, au début des années 1990, dans les vogues, dans les fêtes foraines et parfois dans l’arrière salle d’un petit troquet de village, on pouvait découvrir la borne Astérix, et ses sonorités si caractéristiques.

Asterix Arcade
© Konami

Une fois la pièce insérée, il était grand temps d’opter pour son personnage. Va-t-on opter pour Astérix, petit mais vif, utilisant des attaques rapides ? Ou bien pour Obélix, plus lent mais terriblement puissant ? Evidemment, ce choix constituait en réalité une véritable invitation au jeu en coopération. Et à une époque où les bornes d’arcade étaient des lieux de camaraderie et de défis partagés, on trouvait régulièrement un second joueur pour incarner l’autre personnage, pour partir à l’aventure en duo.

Asterix Arcade 2
© Konami

Dès le tout premier niveau, Astérix était une démonstration de tout le savoir-faire de Konami. Pouvoir observer Astérix asséner une gifle rotative envoyant un Romain voler hors de l’écran, ou Obélix écraser un adversaire dans un nuage de poussière digne des meilleures cases de la BD, c’était tout simplement du jamais vu. Ce souci du détail, cette fidélité au ton humoristique de la série, cette impression de voir la BD s’animer sous nos yeux, c’est là que réside le véritable charme du jeu.

Une potion magique à base d’arcade et de nostalgie

Si vous faites partie des traumatisés des jeux Astérix de l’époque, édités par Infogrames (sur NES, Super NES, Mega Drive…), nous sommes ici à mille lieues des titres en question. Certes, le jeu n’est peut-être pas aussi percutant qu’un Final Fight ou qu’un Turtles in Time, mais quel plaisir que de distribuer des baffes à des cohortes de Romains, bien sûr, mais aussi aux célèbres pirates maladroits, à des lions affamés…

Asterix 1
© Konami

Dans Astérix, chaque tableau est une petite fresque vivante : les marchés d’Hispanie, les ruines d’Italie, les glaciers germaniques… s’inspirant allègrement des décors et des personnages de divers tomes de la saga. A vrai dire, on pourrait croire qu’Albert Uderzo avait lui-même supervisé les graphismes tant l’ensemble se veut respectueux, coloré, avec des proportions parfaitement respectées. Le tout s’intègre parfaitement aux décors, à tel point que l’on avait cette impression de jouer un véritable dessin animé interactif.

Asterix 2
© Konami

Des phases bonus (pas forcément mémorables) venaient également casser le rythme, sans oublier un environnement sonore très soigné, à base de bruitages caractéristiques et autres détails très appréciables. C’est simple, au même titre que la borne NBA JAM, en entrant dans une “salle d’arcade“, à l’oreille, on savait presque instantanément définir si une borne Astérix était de la partie.

Asterix 3
© Konami

Et on ne s’en rendait aucunement compte à l’époque, enfants insouciants que nous étions, mais cet Astérix établissait un pont entre deux cultures, à savoir celle de la célèbre BD franco-belge et celle du jeu vidéo japonais.

A l’écran, les mots défilent en anglais… et en français, comme un clin d’œil à ces après-midis passés entre deux mondes, celui du collège et celui de la bande dessinée. Chaque niveau s’ouvre également sur une courte animation, dévoilant la couverture d’un album et quelques pages soigneusement choisies, comme on entrouvrait un tome de la série.

A l’époque, c’était une porte d’entrée toute trouvée vers l’univers inimitable d’Astérix, celui des casques ailés, des baffes bien senties, de la camaraderie et des éclats de rire intemporels… bref, de la Gauloiserie pure et dure. Rarement immersion aura été si fidèle à “l’esprit Astérix” en ce qui concerne le marché du jeu vidéo.

Une seule et unique version disponible depuis 1992 ?

Alors certes, Astérix en version arcade fait un peu partie de ces jeux dont les premières minutes de jeu sont très (très) soignées, techniquement, mais aussi côté gameplay. Difficile d’oublier ce premier niveau magistral, qui nous invite à sortir du village, à traverser les bois remplis de Romains et de sangliers (sans oublier Falbala !), sans oublier ce boss final façon “carré de légionnaires”.

Asterix 4
© Konami

Si les premiers niveaux sont d’une beauté sidérante, et procurent un plaisir de jeu intense (malgré une jouabilité à deux boutons seulement), force est d’admettre que le jeu devient vite un chouia répétitif, un peu moins inspiré parfois, et également très difficile… suffisamment en tout cas pour engloutir parfois sur un même boss l’intégralité des quelques pièces fournies par nos parents pour faire “quelques parties“.

Asterix 5
© Konami

Plus de 30 ans plus tard, le fait est que cet Astérix arcade n’a jamais eu droit à un quelconque portage officiel sur consoles ou PC, ce qui n’a fait qu’ajouter à son aura de trésor caché. Aujourd’hui encore, nombreux sont les joueurs qui se tournent vers l’émulation pour retrouver ce bijou oublié. Et à chaque partie, dès le “Youhouuu” confirmant l’ajout d’un crédit, le charme opère toujours.

Asterix 6
© Konami

Alors que la tendance est au retour des anciennes icônes du jeu vidéo, aura-t-on droit, un jour, à un Astérix Remastered, avec les graphismes d’aujourd’hui, mais l’esprit d’hier ? Ou même une suite spirituelle, développée avec le même amour et le même respect de la BD originale ?

Certes, Microids a bien tenté d’occuper le terrain avec sa série “Baffez-les Tous, mais cette dernière est (très) loin d’avoir convaincu les joueurs, encore plus ceux ayant connu le “vrai” Astérix arcade.

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