Atlantico, nouveau site « pure player » d’information est né ce matin

L’invasion des pure players, terminologie relativement incomplète qu’il est devenu commun et pratique d’attribuer aux médias ou « journaux » d’information qui sont nées et officient exclusivement sur le web, continue tranquillement : 10 sites d’information : l’invasion des pure players.

L’invasion des pure players, terminologie relativement incomplète qu’il est devenu commun et pratique d’attribuer aux médias ou « journaux » d’information qui sont nés et officient exclusivement sur le web, continue tranquillement : 10 sites d’information : l’invasion des pure players.

Après les Mediapart, Rue89, Le Post et Backchich (ces deux derniers très mal en point) et quelques autres, voici Atlantico, qui a été lancé officiellement ce matin 28 février 2011 après plusieurs mois de gestation.

Atlantico, qui doit son nom à une contraction en forme de clin d’œil à deux sites américains de la même veine, à savoir The Atlantic et Politico, est présenté – davantage par ses concurrents que par ses fondateurs, d’ailleurs – comme un « Mediapart de droite », à savoir un site d’obédience libérale qui viendrait un peu contrebalancer le point de vue de ses confrères, plutôt engagés de l’autre côté de l’échiquier politique.

Selon Jean-Sébastien Ferjou, directeur de la rédaction d’Atlantico, « l’envie de me lancer dans cette aventure m’est, elle, venue d’une frustration de consommateur ne trouvant pas d’équivalent français aux sites tels que le Huffingtonpost.com ou Thedailybeast.com ». Un constat contestable si l’on prend l’exemple du Post, qui est certainement ce que l’on pourrait le mieux qualifier d’Huffington Post à la française.

Comme tous les pure players, Atlantico n’est pas né avec les poches vides, et ici aussi, comme auparavant avec un Slate pour ne citer que le dernier arrivé, un tour de table d’investisseurs a permis de lever les fonds jugés nécessaires au bon lancement du site. Ici c’est 1 million d’euros qui ont été investis par différents actionnaires dont les incontournables Xavier Niel (Free, Le Monde) et Marc Simoncini (Meetic), mais également Charles Beigbeder (frère d’un écrivain célèbre ayant soutenu une candidature communiste en 2002, comme quoi la couleur politique n’est pas forcément une affaire de chromosomes) et Arnaud Dassier, fils de Jean-Claude Dassier (ancien directeur général de LCI et actuel président de l’OM), qui fut directeur de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

Animé par une rédaction composée de dix journalistes, Atlantico compte également sur un réseau de rédacteurs de multiples horizons, économiques, politiques qui viendront quotidiennement participer à la création du contenu, à l’image d’un Huffington Post (revendu récemment 315 millions de dollars à AOL). Le modèle économique sera au départ celui de la publicité fondée sur l’audience, avec des encarts gérés non pas avec Google Adsense mais avec Ligatus, dont on me dit le plus grand bien, et que l’on trouve déjà sur des titres médias comme L’Express ou 20 Minutes.

Côté présentation, rien de très original, mais un site sobre et bien équilibré, (et développé avec le CMS Drupal), avec un fil d’articles et des rubriques diverses, le tout séparé en trois colonnes selon un modèle éprouvé avec une page d’accueil rappelant justement davantage Politico que le HuffPost.

Maintenant, attendons de voir si la qualité promise est au rendez-vous, comment évoluera la ligne éditoriale annoncée, et comment elle résistera à l’épreuve du feu et aux critiques qui ne tardent généralement pas à fuser dès que parait un média « engagé » différemment de ce que suggère habituellement ce qualificatif.


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9 commentaires

  1. Un million d’euros, qui sera pour la quasi-intégralité brûlé en budget pub. L’avenir est un peu incertain si on considère le nouvel algorithme de Google, dont on ne sait pas encore grand-chose (à part qu’il a clairement visé le Huffington Post, justement).
    A noter, vu la carrure politique des investisseurs, j’aurais parlé de « capitalistes » plutôt que de « libéraux ».

  2. Le Pure Player est une société qui va se focaliser sur un seul centre d’intérêt. On pourrait dire que Coca-Cola est un Pure Player vu qu’ils se focalisent exclusivement sur leurs boissons.
    Ykone est également un Pure Player qui possède pas mal d’investisseurs. Développé lui à l’aide de Zend, tout le reste est fait maison par leur développeur.

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